Charwood Innovation, Elvéa Energy et NOVEA ont été retenues par GRDF pour démontrer la faisabilité technique de l’injection de gaz issu de pyrogazéification. Ces projets, soutenus à hauteur de 400 000 euros chacun, visent à lever les verrous technologiques pour intégrer ce gaz renouvelable dans les réseaux de distribution dès l’année prochaine.
Le gestionnaire du réseau de distribution de gaz naturel vient de désigner trois entreprises pour tester l’injection de gaz produit par pyrogazéification. Cette technologie thermochimique, qui transforme des résidus organiques solides en gaz synthétique, représente une piste supplémentaire pour diversifier les sources d’énergie renouvelable.
Un appel à projets pour franchir l’étape technique
GRDF a lancé cet été une initiative visant spécifiquement à démontrer la faisabilité technique de l’injection d’un gaz issu de pyrogazéification. Les trois lauréats – Charwood Innovation dans le Morbihan, Elvéa Energy dans les Vosges et NOVEA en Gironde – bénéficieront chacun d’un soutien financier de 400 000 euros. Ces fonds doivent permettre de financer les études technico-économiques, les essais de couplage des différentes technologies et les travaux nécessaires pour obtenir un gaz conforme aux exigences du réseau.
Un jury composé d’experts académiques, institutionnels et de spécialistes de GRDF a évalué les candidatures. Les premières injections dans le réseau exploité par GRDF sont attendues pour l’année prochaine.
Trois approches complémentaires
Chaque entreprise retenue apporte une expertise distincte dans le domaine de la pyrogazéification.
Charwood Innovation se concentre sur le passage à l’échelle industrielle. L’entreprise bretonne souhaite démontrer la faisabilité technique de la mise aux spécifications sur un débit représentatif des unités industrielles projetées. Son projet s’appuie sur une intégration complète de la chaîne de valeur.
Elvéa Energy, implantée dans les Vosges, présente un procédé optimisé incluant un purificateur et un poste d’injection dédié. L’entreprise bénéficie d’un ancrage solide dans le monde académique et vise explicitement à lever les verrous technologiques liés à l’injection.
NOVEA, basée en Gironde, se distingue par l’ajout d’une brique de méthanation supplémentaire et l’injection dans le réseau en gaz porté. L’entreprise a déjà fait ses preuves avec la mise en service rapide d’une unité de démonstration de pyrogazéification.
Une technologie à haute température
La pyrogazéification fonctionne selon un principe thermochimique qui nécessite des températures comprises entre 800 et 1 400 degrés Celsius, en absence ou en défaut d’oxygène. Ce procédé permet de valoriser des résidus organiques solides, qu’ils soient renouvelables ou non renouvelables. Après traitement et épuration, le gaz vert produit peut théoriquement être injecté directement dans les réseaux gaziers.
« Avec cet appel à projets, nous visons des unités de taille intermédiaire alimentées en biomasse, déjà en opération, qui jusqu’ici utilisaient localement le gaz issu de la pyrogazéification, le syngas. Notre objectif : lever le verrou technique de la mise aux spécifications du gaz issu de pyrogazéification pour permettre l’injection dans le réseau. Les 3 lauréats permettent d’adresser une diversité de solutions technologiques avec une forte robustesse », explique Stéphane Gorisse, directeur développement des gaz verts de GRDF.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de décarbonation des usages du gaz. GRDF cherche à renforcer ses compétences sur la mise aux spécifications de ce type de gaz, préparer les réseaux de distribution à son intégration et contribuer à l’émergence de solutions durables. La pyrogazéification pourrait ainsi compléter d’autres filières de gaz renouvelable comme la méthanisation, offrant une alternative pour valoriser des intrants organiques secs qui ne se prêtent pas à la fermentation anaérobie.



















