Fonds démonstrateurs européen : 5 projets français

L’Europe s’est dotée, dans le cadre du paquet climat-énergie adopté sous présidence française de l’Union européenne, du fonds démonstrateurs européen, encore appelé NER300 (New Entrant Reserve 300).

Il s’agit d’un dispositif majeur permettant de financer des démonstrateurs de captage et stockage du CO2 (CSC) et d’énergies renouvelables innovantes de taille commerciale. Il est doté de 300 millions de quotas d’émissions de CO2 correspondant à une aide de 4,5 à 9 milliards d’euros (pour un cours du CO2 variant de 15 à 30 euros par tonne).

Deux appels à projets sont organisés par la Commission Européenne afin de sélectionner les meilleurs projets qui pourront être financés jusqu’à hauteur de 50% des coûts éligibles.

Le premier appel à projets, portant sur deux tiers de la dotation du fonds (200 millions de quotas), est clos ; les Etats Membres avaient jusqu’au 9 mai pour transmettre à la Commission Européenne les dossiers des projets qu’ils soutenaient.

Dans le cadre de ce premier appel à projets, la France soutient la candidature de cinq projets innovants dans les domaines du captage & stockage du CO2 et des énergies renouvelables.

Le 09 mai 2011, la France a confirmé à la Commission Européenne son soutien à cinq projets majeurs dans les domaines du captage & stockage du CO2, des biocarburants, des énergies éoliennes et marines renouvelables :

– Le projet d’« ULCOS-BF » porté par ArcelorMittal, concourant dans la catégorie des projets de captage & stockage du CO2 appliqué à l’industrie (ici la sidérurgie).

– Le projet « UPM Stracel BTL Project » porté par UPM-Kymmene Corporation, un projet de production de biocarburants de deuxième génération à partir de biomasse lignocellulosique par voie thermochimique (Biomass to Liquid).

– Le projet « ETM DOT PP 10M » porté par la SEM Martinique : un démonstrateur pour la production d’électricité à partir de l’énergie thermique des mers. La technologie envisagée est développée par la société DCNS avec l’appui d’autres industriels français, dont le groupe STX France.

– Le projet « VertiMED » porté par EDF EN, pour une ferme dédiée à la production d’électricité à partir d’éoliennes flottantes, utilisant une technologie développée par un consortium d’industriels, dont le groupe Technip et la société française Nénuphar.

– Le projet « Normandie Hydro » porté par EDF EN, pour une ferme dédiée à la production d’électricité à partir d’hydroliennes. La technologie envisagée est proposée par un groupement d’entreprises conduit par l’industriel français DCNS.


Les lauréats de ce premier appel à projet seront connus courant 2012.

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jl06

Les prévisions des différentes agences nationales ou internationales de l’énergie misent toutes de façon significative sur le Captage et la Séquestration de Carbone pour réduire les émissions de GES à moyen terme et assurer la transition vers l’ère post-carbone. Le succès du CSC est d’autant plus impératif depuis le soi-disant échec de Copenhague, qui a le mérite d’engager les chefs d’état co-signataires du document qu’ils ont produit en dernière minute à une hausse moyenne de 2°C. Quels sont les enjeux pour la France et pour l’Europe, et comment le NER300 va-t-il les appuyer? La France dispose d’un savoir-faire CSC non négligeable sur le plan international, de compétences, de spécialistes et de programmes de recherche qui constituent un formidable point de départ. L’Europe a d’autres champions et, bonne nouvelle, le réseau CSC européen fonctionne: projets communs, échanges, application, pilotes… Mais cette avance toute relative disparaîtra bien vite par manque d’expérience d’une part (d’autres pays, plus pragmatique, mettent en application immédiate leur expérience. C’est le cas de l’Australie, du Canada et des Etats-Unis notamment), et par manque d’une ambition européenne d’autre part. Après plus de cinq ans maintenant d’efforts nationaux pour encourager la filière (Australie, Canada, Etats-Unis…), NER300 semble manquer l’occasion d’innover dans le domaine. Quelles innovations aurait-on pu espérer? Peut-être pas tant des innovations technologiques (pourtant nécessaires pour diminuer les coûts financiers et énergétiques du captage notamment) qu’un projet d’infrastructure structurant. Une vue à l’horizon 2030 exige que les investissements consentis aujourd’hui soient dédiés aux projets européens qui permettraient de s’attaquer à de grosses tranches d’émission – ensembles de centrales à charbon, aciéries, cimenteries… concentrées dans les grands bassins industriels. Les projets au cas-par-cas en tant que démonstrateurs (de quoi exactement?) ne permettent pas d’établir les fondations d’un déploiement à grande échelle suffisamment rapidement. Rappelons que l’AIE estime que plus de 100 MT/an de CO2 devraient être éliminés par le CSC d’ici 2020 pour que la technologie réponde aux attentes qui lui sont associées – au rythme actuel, cela reste un mirage. Un projet CSC industriel, c’est 1 ou 2 MT/an; c’est aussi 1 ou 2 milliards d’euros et 5 ou 10 ans d’études et de construction. Pour atteindre les objectifs nécessaires à la limitation de la hausse moyenne de température à 2°C, il faut alller beaucoup plus vite. Ceci ne demande pas forcément des investissements proportionnellement plus importants, bien au contraire. Par contre, laisser le développement de l’infrastructure de transport et de séquestration servir des intérêts de projets isolés, c’est utiliser des fonds publics qui devraient être mis au service de réduction d’émissions de GES à dimensions européenne et c’est s’interdire l’accélération exigée. Car les projets suivants devront répéter en grande partie les études, se battre pour avoir accès au meilleurs sites d’injection, et investir sans les économies d’échelle que l’on aurait pu espérer. En clair: le réseau de transport (gazoducs CO2 et toute l’infrastructure associée, son dimensionnement et son trajet) doit être conçu dès aujourd’hui pour permettre de multiplier par 10 ou 50 les volumes de CO2 demain. De la même façon et principalement peut-être, les sites de séquestration sur lesquels le réseau débouche doivent être mutualisés pour permettre l’optimisation de ces sites, leur développement et leur gestion de façon optimale pour l’Europe et non dans le but de maximiser l’intérêt de quelques projets choisis a priori. Le succès du CSC européen demanderait que l’on crée un “Centre Européen du CSC”, responsable de la mise en place et de la gestion des réseaux de transports et des sites de séquestration. Aux entreprises ensuite de s’équiper des moyens de captage et d’alimenter le réseau – ou de subir les pénalités associées aux émissions excédentaires. Voilà comment un programme ambitieux de CSC pourrait réussir au niveau européen, inspirer l’Amérique du Nord (que l’idée même d’une intervention de l’Etat dans les affaires considérées comme privées effraie tellement) et s’exporter en Chine de façon convaincante. Car c’est bien là que le CSC devra réussir à délivrer tout son potentiel, très vite. Tant que l’Europe hésitera et continuera à suivre la piste des démonstrateurs isolés sans projet d’envergure annoncé, le CSC perdra son potentiel. Quel organisme relèvera le défi?

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