L’imagerie satellite de Google Earth a permis de repérer une structure de pierre inédite située à l’ouest de l’Argentine dans les hauteurs de la province de Mendoza. Une expédition hispano-argentine prépare une mission au-dessus de 3000 mètres d’altitude pour dater cet ensemble énigmatique et comprendre sa fonction.
📌 L’essentiel en 3 points
- Un géoglyphe a été repéré sur Google Earth en mai 2025, dans les Andes argentines.
- Après deux tentatives infructueuses, Carlos Gobbi a atteint le site en février 2026 ; une expédition scientifique doit désormais le dater et en préciser la fonction
- Une attribution inca en ferait l’un des témoins les plus méridionaux de ce type de structure, mais son ancienneté et son usage restent à établir.
Une trouvaille depuis un écran
Carlos Gobbi, un alpiniste argentin, cherchait depuis des années d’anciens murets de pierre signalés dans la Cordillera del Tigre. En mai 2025, en parcourant Google Earth, il a repéré une anomalie sur le sol andin. Des formes géométriques dessinaient un motif dont l’ensemble n’apparaît clairement que depuis le ciel.
Après deux tentatives infructueuses, il a atteint le site avec deux compagnons le 14 février 2026, au terme de près de quatre jours de marche. Les photographies prises sur place, puis transmises aux chercheurs, ont lancé l’enquête archéologique.
Un site perché au-dessus de 3000 mètres
Le site se situe sur un plateau difficile d’accès de la province de Mendoza. Il rassemble des murets de pierre sèche, des structures circulaires d’environ 27 à 35 mètres de diamètre et des couloirs dépassant 30 mètres de longueur.
Les archéologues envisagent l’hypothèse d’un géoglyphe, peut-être lié à la période inca des XVe et XVIe siècles. Une origine plus ancienne ou plus récente reste toutefois possible. L’ensemble pourrait avoir eu un usage rituel ou servi de campement saisonnier mais sa fonction demeure encore indéterminée.
L’expédition face aux caprices de la montagne
L’équipe hispano-argentine prépare une campagne pour l’été austral, en décembre 2026 ou janvier 2027. Les difficultés d’accès ont déjà pesé sur les explorations de Gobbi. Les tentatives de septembre et de novembre 2025 ont échoué avant l’ascension réussie de février 2026.
Les structures observées sur place écartent l’idée d’un simple caprice géologique. La mission scientifique doit désormais préciser leur ancienneté et leur usage, plutôt que vérifier leur origine humaine.
Un enjeu qui dépasse la simple vérification
L’attribution du site aux Incas reste une hypothèse. Si elle se confirmait, cet ensemble compterait parmi les géoglyphes les plus méridionaux de leur empire et serait sans équivalent connu à Mendoza.
Il s’inscrirait néanmoins dans une région où la présence inca est déjà documentée, notamment le long du Qhapaq Ñan et au Tambo de Ranchillos, dans la vallée d’Uspallata. L’enjeu sera donc de comprendre la place de cette structure d’altitude dans une histoire régionale encore incomplète, sans préjuger de sa dimension rituelle.
















