La décision de l’AIE a fait baisser les prix à la pompe

Alors que le Ministre de l’énergie (ndlr Eric Besson) avait demandé le 11 juillet dernier à ses services d’étudier la répercussion des variations des prix du pétrole brut sur les prix des carburants à la pompe, ce dernier a reçu la semaine dernière Maria VAN Der Hoeven, la Directrice exécutive désignée de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE).

Au cours de cet entretien, le Ministre a souligné le rôle majeur de l’AIE pour garantir le bon approvisionnement du marché pétrolier, mener le dialogue avec les pays producteurs et lutter contre la volatilité des prix.

Dans l’attente de l’évaluation qui sera menée par l’AIE concernant la mise sur le marché de 60 millions de barils de stocks stratégiques depuis le 23 juin, Eric Besson a indiqué tirer un bilan positif de cette opération souhaitée par la France avec ses partenaires : "D’abord sur le plan conjoncturel, elle a permis de limiter le déficit entre l’offre et la demande, dans un contexte international tendu, puis au niveau structurel, où elle a démontré la capacité des pays industrialisés à agir collectivement face aux anticipations haussières des spéculateurs."

Selon le Ministre, la décision de l’AIE le 23 juin dernier a fait baisser les prix à la pompe en France d’environ 4 centimes en deux semaines. Ces prix ont ensuite regagné environ 2 centimes dans la semaine du 8 juillet 2011.

Eric Besson a également reçu, le mardi 19 juillet Christophe De Margerie, le PDG de TOTAL.

A cette occasion, le Ministre a publié les conclusions de l’étude commandée le 11 juillet sur la répercussion des variations des prix du pétrole brut sur les prix des carburants à la pompe. Les premiers éléments montrent que la vitesse de répercussion des hausses des cours du pétrole est très proche de celle des baisses.

Les évolutions que répercutent les distributeurs dans leurs prix à la pompe ne sont pas directement celles du pétrole brut mais celles des cotations des produits raffinés. Ces cotations sont évidemment corrélées à celle du brut, mais elles évoluent néanmoins différemment, ce qui explique certains décalages. Par ailleurs, l’étude démontre que l’évolution des prix à la pompe a une amplitude environ deux fois plus faible que celles des cotations, à la hausse comme à la baisse.

A titre d’exemple :

Sur la période du 18 février 2011 au 8 avril 2011, la cotation du gazole a augmenté de 10,84 %. Dans le même temps, le prix du gazole à la pompe n’a augmenté que de 4,65 %.

Sur la période du 8 avril 2011 au 20 mai 2011, la cotation du gazole a baissé de 8,86 %. Dans le même temps, le prix du gazole à la pompe a baissé de 4,46 %.

Sur la période du 17 juin 2011 au 1er juillet 2011, la cotation du gazole a baissé de 6,61 %. Dans le même temps, le prix du gazole à la pompe a baissé de 3,61 %.

Cependant, cette étude repose sur des moyennes hebdomadaires. Eric Besson a demandé à ses services d’approfondir cette étude par une analyse journalière de la répercussion des cours du pétrole sur les prix du carburant. Cette étude approfondie portera sur la répercussion des hausses et des baisses, du 15 mai au 15 juillet. Elle devra être remise avant la fin du mois de juillet, le Ministre souhaitant que la transparence soit la plus complète possible.

Eric Besson rappelle que le marché du carburant est un marché très concurrentiel, avec de faibles marges. "Dans ce contexte, la politique du Gouvernement repose sur la sécurité de l’approvisionnement, mais aussi sur la transparence absolue sur les prix et les marges."

            

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jl06

Puiser dans le stock stratégique de l’AIE était jusque là réservé aux grandes occasions: deux fois seulement depuis sa création dans les années 70. Une fois pendant le guerre d’Irak de 2003, puis deux ans plus tard pour faire face aux ravages de l’ouragan Katrina dans le Golfe du Mexique. Pas facile de comprendre la décision de 2011 dans ce contexte… D’autant que le baril avait atteint $147 en 2007 sans que l’AIE n’intervienne (il est vrai que la crise n’avait pas encore frappé). 4 centimes d’euros à la pompe (2.5% du prix à peine, et encore), sur une durée relativement courte, est-ce vraiment l’enjeu? Difficile à croire… D’autant que ce changement de stratégie de la part de l’AIE aura son prix: > affaiblissement des stocks stratégiques en cas de rupture d’approvisionnement – la vraie raison de l’existence de ces stocks. > reconstitution des stocks à un prix sans doute plus élevé > surtout, confusion ou même inquiétides au sein de l’OPEP, notamment l’Arabie Saoudite, qui s’était engagée à augmenter la production. Si les deux premiers ne sont pas bien importants a priori, le dernier risque de peser davantage. Si l’AIE se comporte de cette façon, pourquoi ne pas privilégier les clients de l’OPEP qui n’en font pas partie, la Chine par exemple? Et la Libye dans tout cela? Se pourrait-il que les dégats soient plus importants et que la capacité de production demande bien plus de temps avant de retrouver le niveau d’avant 2011? Qui le fera et avec quels fonds? Enfin, on peut également se demander quels sont les “spéculateurs” qui étaient réellement visés. Pas de doute pour moi, il y a autre chose en jeu que le prix à la pompe pour les vacanciers.

jl06

J’ai du mal à comprendre les questions qui sont posées… L’étude (dont on trouvera un résumé un peu plus complet ici) accepte la cotation comme point de départ et note, données historiques, graphiques et exemples à l’appui, que le prix à la pompe ne varie en valeur relative que de la moitié de la variation de la cotation. Est-ce bien étonnant? Apeu de choses près, le prix à la pompe en €/L (PP) est égal à la somme du prix de cotation (Cot) et de la TICPE, le tout augmenté de la TVA: PP = (Cot + TICPE) * (1 + TVA) Or la TICPE (la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques qui, rappelons-le, remplace la TIPP) est par unité de volume pour un produit donné. Le terme TICPE * (1 + TVA) est donc constant pour un produit donné (essence SP95 par exemple: 0.6069 €/L). La variation du prix à la pompe est donc le fait du premier terme: Cot * (1 + TVA). Or sur les périodes qui nous intéressent, il se trouve que Cot ~ TICPE. Pas vraiment étonnant donc qu’une variation donnée de Cot se traduise par la moitié de la variation de PP. Ou alors j’ai raté quelque chose? Je trouve également curieux que le rapport continue à faire référence à la TIPP, alors que la TICPE a été introduite il y a quelques mois déjà (voir ici). Mais c’est certainement une erreur et non la volonté d’éviter un débat sur ce qui cache sans doute un outil plus général de taxation de l’énergie, par exemple de mobilité électrique… Enfin, sans doute.

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