Dix ans après l’Accord de Paris, le gouvernement français publie le projet de troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), qui fixe la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2050. Le document, soumis à une ultime consultation avant publication définitive au premier trimestre 2026, structure la planification écologique autour de huit objectifs majeurs pour atteindre la neutralité carbone.
Alors que la communauté internationale célèbre le dixième anniversaire de l’Accord de Paris, la France franchit une étape déterminante dans son architecture climatique. Le projet de troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) entre dans sa phase finale de consultation, offrant un dernier espace de dialogue avant sa validation définitive prévue pour le premier trimestre 2026. Le document cadre, fruit de trois années de travaux collectifs, dessine les contours d’une France décarbonée à l’horizon 2050.
Huit piliers pour une neutralité carbone
La SNBC 3 s’articule autour d’une architecture ambitieuse structurée en huit objectifs fondamentaux. Le premier vise à réduire de moitié les émissions territoriales de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990, un calendrier aligné sur les engagements européens. L’horizon 2050 marque quant à lui l’objectif ultime de neutralité carbone, nécessitant un équilibre précis entre émissions résiduelles et capacités d’absorption du territoire.
La stratégie prévoit une sortie progressive des énergies fossiles selon un calendrier précis :
- Fin de la production d’électricité à partir de charbon dès 2027
- Arrêt de la consommation de pétrole d’ici 2045
- Abandon du gaz fossile en 2050
Cette transition énergétique s’accompagne d’une réduction substantielle de la consommation finale, portée par des politiques de sobriété et d’efficacité énergétique dans tous les secteurs économiques.
Une approche systémique et territorialisée
Au-delà des objectifs quantitatifs, la SNBC 3 introduit une dimension qualitative inédite. Pour la première fois, la stratégie intègre les émissions importées dans le calcul de l’empreinte carbone globale de la France, selon un principe de préférence européenne. L’approche systémique reconnaît que la décarbonation ne peut se limiter aux frontières nationales.
La consolidation des puits de carbone naturels constitue un autre axe majeur, avec une attention particulière portée à la gestion durable des forêts et des sols. Les écosystèmes, longtemps considérés comme des variables d’ajustement, deviennent des acteurs centraux de la stratégie climatique.
De la planification à l’action territoriale
Lancée en 2022 par le président de la République, la planification écologique trouve dans la SNBC 3 son expression la plus aboutie. La démarche vise à concilier transition écologique, impératifs économiques et équilibres sociaux, faisant de la neutralité carbone un moteur de compétitivité et de croissance durable.
La stratégie s’appuie sur les atouts structurels français : un mix électrique déjà largement décarboné, des filières industrielles vertes en émergence comme les pompes à chaleur, les batteries ou les matériaux bas-carbone, et des ressources naturelles qui contribuent activement à l’absorption du carbone.
« Le lancement de cette ultime consultation du projet de SNBC 3, dix ans après l’Accord de Paris, symbolise la continuité de l’engagement climatique de la France », souligne Monique Barbut, ministre de la Transition écologique. « Cette stratégie dessine l’avenir d’une France décarbonée et souveraine. Nous disposons désormais d’une véritable stratégie pour éclairer la décision publique et orienter les politiques les plus efficaces en matière de transition écologique. »
Les défis de la mise en œuvre
L’élaboration de la SNBC 3 a mobilisé l’ensemble des ministères, les filières économiques, la communauté scientifique et les collectivités locales. Cette concertation large visait à ancrer la stratégie dans les réalités territoriales et à garantir sa mise en œuvre effective.
La feuille de route repose sur des hypothèses crédibles d’évolution des comportements et des usages, notamment en matière d’électrification et de réduction du gaspillage. Elle se présente comme un guide destiné à orienter les stratégies industrielles vers la décarbonation et à offrir aux citoyens les clés pour adapter leur consommation vers des solutions bas-carbone.
La réussite de cette stratégie dépendra cependant de sa déclinaison à l’échelle locale. En effet, chaque territoire devra mobiliser les leviers les plus adaptés à ses spécificités, qu’il s’agisse de mobilité, de logement ou de développement économique. La SNBC 3 entend démontrer qu’une accélération de la transition écologique est réalisable dans le cadre des technologies actuelles et des ressources disponibles. Elle nécessitera toutefois une coordination étroite entre l’État, les collectivités et les acteurs économiques.
Alors que le projet entre dans sa phase finale de consultation, les ajustements possibles permettront d’affiner certains aspects techniques et de renforcer l’adhésion des parties prenantes. L’ultime étape de dialogue précèdera une publication définitive qui marquera le début d’une nouvelle ère dans la politique climatique française, avec des implications concrètes pour l’industrie, les territoires et les citoyens.
Source : Ecologie Gouv.











