La Compagnie des Alpes et GreenYellow inaugurent la première centrale solaire de leur programme de solarisation au Futuroscope. Le projet de 5,3 MWc en ombrières de parking marque le début d’un déploiement de 18 MWc sur trois parcs français, visant à couvrir plus de 25% de leurs besoins en électricité autoconsommée d’ici 2026.
Le Futuroscope vient de mettre en service une centrale photovoltaïque de 5,3 mégawatts-crête, installée sous forme d’ombrières de parking. La réalisation constitue la première étape d’un programme plus vaste qui concerne également Walibi Rhône-Alpes et le Parc Astérix, pour un total de 18 MWc. L’ensemble représente un investissement significatif dans la production d’énergie décentralisée, avec des contrats de tiers-investissement s’étalant sur 25 à 30 ans.
Un modèle économique basé sur l’autoconsommation
Le dispositif repose sur un principe simple : produire localement l’électricité consommée sur place. Au Futuroscope, les 5,3 MWc installés devraient générer 6,3 gigawattheures annuels, directement utilisés par les infrastructures du parc. L’approche permet de réduire la dépendance au réseau électrique national tout en stabilisant les coûts énergétiques face aux fluctuations des marchés.
Le système intègre plusieurs composantes complémentaires :
- Des ombrières photovoltaïques qui protègent les véhicules des intempéries
- Quarante points de recharge de 7 kW pour véhicules électriques
- Une conception architecturale favorisant la luminosité et la sécurité
Deux autres sites en cours d’équipement
Walibi Rhône-Alpes prévoit l’installation de 5,6 MWc d’ombrières solaires, avec une particularité : une partie de la production sera injectée sur le réseau électrique. Le projet inclut trente bornes de recharge et quarante-cinq pré-équipements pour anticiper le développement de la mobilité électrique. La reconfiguration complète du parking intégrera également une gestion optimisée des eaux pluviales.
Le Parc Astérix accueillera la plus importante installation du programme avec 7,2 MWc répartis sur deux parkings. La centrale devrait produire plus de 7 GWh par an, couvrant environ 30% des besoins en autoconsommation du site. Le dispositif sera complété par des systèmes de stockage d’énergie d’au moins 2 mégawattheures, destinés à sécuriser l’alimentation lors des pics de consommation.
Une stratégie énergétique à long terme
Ces investissements s’inscrivent dans une vision plus large de la Compagnie des Alpes, qui vise à produire à terme plus de 15% de sa consommation électrique totale grâce au photovoltaïque. « La mise en opération de la centrale solaire du Futuroscope est une étape majeure dans notre stratégie visant à généraliser la production d’énergie renouvelable et autoconsommée sur nos parcs », explique Dominique Thillaud, directeur général du groupe.
Pour Mathieu Cambet, directeur général adjoint de GreenYellow France, « ces trois projets démontrent notre capacité à apporter des solutions complètes en tiers-investissement, adaptées aux sites occupés et créatrices de valeur durable ». Le modèle de tiers-investissement permet aux parcs de bénéficier d’installations photovoltaïques sans immobiliser de capitaux propres, l’investisseur assumant les coûts d’installation et de maintenance en échange d’un contrat d’achat d’électricité à long terme.
Les calendriers de déploiement varient selon les sites. Walibi Rhône-Alpes prévoit une mise en service complète pour l’ouverture de la saison 2026, tandis que le Parc Astérix a débuté la première phase de ses travaux la même année. Ces projets illustrent une tendance plus large dans le secteur des loisirs, où les infrastructures énergétiques deviennent un élément structurant de la gestion opérationnelle et de la stratégie environnementale.
Au-delà des aspects techniques, ces installations modifient l’expérience des visiteurs. Les ombrières offrent une protection contre les intempéries et créent des zones d’ombre pendant les périodes chaudes, tout en facilitant la circulation piétonne grâce à des matériaux translucides. La disponibilité de bornes de recharge pour véhicules électriques répond également à l’évolution des habitudes de mobilité.
L’analyse économique de ces projets révèle plusieurs dimensions. D’une part, la réduction de la dépendance aux fournisseurs d’électricité conventionnels permet de mieux maîtriser les coûts énergétiques, particulièrement importants pour des infrastructures fonctionnant en continu pendant la saison estivale. D’autre part, l’intégration de systèmes de stockage d’énergie offre une résilience supplémentaire face aux variations de consommation.
Les parcs d’attractions, avec leurs vastes surfaces de parking et leurs consommations électriques importantes, constituent des terrains d’application particulièrement pertinents pour ce type d’installations. Le succès de ces premiers déploiements pourrait inspirer d’autres acteurs du secteur touristique et du divertissement.
La dimension environnementale ne se limite pas à la production d’électricité renouvelable. Les projets intègrent également des considérations d’aménagement du territoire, avec une attention particulière portée à la gestion des eaux pluviales et à l’intégration paysagère des installations. L’approche globale correspond aux attentes croissantes des consommateurs en matière de responsabilité environnementale.
Le développement de ces centrales solaires s’accompagne enfin d’une réflexion sur l’évolution des usages énergétiques. Les pré-équipements installés à Walibi Rhône-Alpes anticipent par exemple l’augmentation prévisible du nombre de véhicules électriques parmi les visiteurs et le personnel. L’anticipation des besoins futurs constitue un élément important de la planification stratégique des infrastructures.
Sources : CP / La Compagnie des Alpes et GreenYellow
















