La sécurité électrique assurée jusqu’en 2013

Dans une analyse prévisionnelle à long terme, RTE prévoit que la sécurité d’alimentation électrique de la France devrait être assurée jusqu’en 2013, grâce au développement de nouveaux moyens de production, notamment renouvelables. Cependant, la vigilance s’impose sur la consommation de pointe lors des vagues de froid, qui augmente rapidement.

La loi du 10 février 2000 a confié à RTE la mission de réaliser, tous les deux ans, un Bilan Prévisionnel de l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité. Ce document doit apporter un double éclairage sur la caractérisation de la consommation de pointe et l’interaction du système électrique français avec ses voisins européens.

Du côté de la demande, RTE prévoit une croissance modérée de la consommation d’électricité, entre 0,8% et 0,9% par an en moyenne d’ici 2025. Dans un scénario de référence, la consommation française [1] annuelle serait de 515 TWh2 en 2015, 535 TWh en 2020 et 560 TWh en 2025.

La consommation française croît d’abord dans les secteurs tertiaire et résidentiel, nous apprend l’étude, du fait de la démographie mais aussi de transferts d’usages des énergies fossiles vers l’électricité, comme le chauffage ou les transports.

La sensibilité à la température de la consommation de pointe en hiver, qui est de 2100 MW par °C devrait atteindre 2500 MW par °C en 2025. Lors des vagues de froid, RTE évalue la pointe de consommation à 104 000 MW en 2015 et à 108 000 MW en 2020 (contre 92 400 MW enregistrée le 7 janvier 2009 à 19h). Le recours à des importations de pays voisins est alors envisageable.

En parallèle, l’offre de production est toujours dynamique, portée notamment par les énergies renouvelables. Il est à noter que la production photovoltaïque émerge et devrait atteindre 1400 MW dès 2015, en ligne avec l’objectif fixé lors du Grenelle de l’environnement, de 5 400 MW en 2020.

En parallèle, l’essor de la production éolienne se poursuit : elle a dépassé cette année les 4000 MW installés, et maintient un rythme de croissance de l’ordre de 1 000 MW de nouvelle puissance installée chaque année.

D’ici 2015, la mise en service de cycles combinés gaz et du réacteur nucléaire EPR de Flamanville devrait compenser l’arrêt prévu d’une partie des centrales au charbon et l’érosion probable du parc de cogénération. En France et en Europe, les normes environnementales européennes imposeront, d’ici à 2015, la fermeture des centrales thermiques les plus anciennes.

RTE rappelle par ailleurs que la sécurité d’alimentation électrique de l’Est de la région PACA et de la région Bretagne passe dès maintenant par de nouveaux investissements, la situation de ces deux régions étant d’ores et déjà préoccupante. La sécurité d’approvisionnement de ces deux régions repose dès lors sur trois piliers : une maîtrise accrue de la demande d’électricité, notamment lors des pics de consommation, un développement de la production locale, y compris renouvelable, et un développement concomitant du réseau, note le gestionnaire de réseau.

Le document complet « Bilan Prévisionnel » est accessible sur le site Internet de RTE.

(1) Consommation annuelle totale en France métropolitaine hors Corse, à conditions de températures normales (2) 1 TWh = 1 milliard de kWh

      

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filvert

Le plan d’une meilleure isolation des batiments n’est pas pris en compte ? En ce moment je teste de nouvelles lampes Led qui permettent de remplacer toutes les anciennes ampoules pour une consommation au moins dix fois inférieures. Les dernières reçues consomment moins de 2 watts (mesuré à 1,7 watts pour annoncé à 2,5 watts) pour un éclairage équivalent à 50 watts sur un angle de 150° pour un prix de 13 euros (starledting sur ebay). Et sans la pollution électromanétique et au mercure des lampes économie d’énergie. Avec les Leds il est possible de réduire encore la consommation énergétique de quelques %.

christian

Cher Filvert, Plusieurs scénarios sont développés dans le rapport, allant de “pas d’effort de maîtrise de la consommation” à “efforts drastiques”. Le rapport constate dans son introduction, page 7 : “les efforts d’efficacité énergétique se concrétisent et s’amplifient”. En particulier pour l’habitat, sont pris en compte les progrès (lents) de l’isolation et la percée importante des PAC. C’est d’ailleurs en partie cette percée des PAC qui explique l’augmentation de la sensibilité à la température (de 2100 MW/°C à 2500 MW/°C) mentionnée dans la brève ci-dessus…

Dan1

Le bilan de RTE peut provoquer des effets assez forts : donc à lire avec modération si vous avez le coeur fragile : S’agissant du chauffage électrique, ce rapport précise en effet mieux certaines choses. On voit très clairement la différence de niveau de courbe de charge entre une journée très froide et une journée douce. On visualise très bien une différence atteignant environ 20 000 MW de puissance appelée et ce tout au long de la journée. Cela n’est pas contestable et n’est d’ailleurs pas contesté : le chauffage électrique consomme plus (beaucoup plus) quand il faut plus froid, c’est une lapalissade. En revanche, ce que conteste Nifnecker, c’est le lien de cause à effet qui est établi entre le chauffage électrique et le contenu en CO2 du kWh. En effet Nifnecker pose le principe que le chauffage électrique est plutôt un consommateur régulier au cours de la journée avec un temps de réaction assez long à la montée et à la descente (déphasage lors de l’arrivée et du départ d’une vague de froid). Ce faisant, il conteste que le chauffage électrique soit responsable des pointes horaires journalières. ce mode de chauffage serait donc majoritairement alimenté en base et non avec des moyens de pointes ou d’extrème pointe thermique. A partir de là, il devient évidemment impossible d’attribuer un quota de CO2 de 600g par kWh au chauffage électrique puisqu’en France le contenu moyen en CO2 du kWh n’atteint jamais (et de loin) ce niveau. Le rapport de RTE n’apporte rien de nouveau à ce raisonnement et il le conforte plutôt. Reste que pour obtenir 600g de CO2 on peut avoir recours aux importations massives d’Allemagne. Sauf que là encore le rapport de RTE n’apporte rien de contradictoire. On sait qu’en effet, à certain moment on importe plusieurs milliers de MW d’Allemagne, mais que globalement cela n’est pas de nature à transfigurer le contenu en CO2 du kWh électrique français. Conclusion : ce point a déjà l’objet de très longs débats et il reste à démontrer, avec ou sans le rapport de RTE comment le chauffage électrique pourrait émettre 600 g de CO2 par kWh ?? et pourquoi Nifnecker aurait tord.  L’affaire ne va pas se simplifier car ce fameux bilan prévoit une décroissance des émissions de CO2 de la production électrique française à l’horizon 2015, même dans le scénario haut où RTE prévoit une augmentation de la demande de 548 à 601 TWh. Les émissions de CO2 passeraient de 33,7 Mt à 32,1 Mt. Et il y a pire, si le scénario MDE renforcé se réalise, on passera de 33,7 à 24,2 Mt alors que la demande aura augmenté de 548 à 581 TWh. Dans ces conditions, pour accréditer la thèse des 600 g de CO2 par kWh pour le chauffage électrique, il faudra effectivement recourrir massivement aux importations allemandes en espérant que d’ici là ils n’aient réalisé aucun progrès avec les EnR et ne nous fournissent que des kWh garantis pur lignite ! Rappelons tout de même que cette histoire de 600 g de CO2 ne représente nullement la situation actuelle mais est une projection pour les installations futures en faisant l’hypothèse que le chauffage électrique serait quasi exclusivement alimenté par des moyens thermiques. Ce raisonnement est bien évidemment pas applicable au parc actuel et ne le sera pas davantage au parc futur car encore une fois, il a été démontré qu’au pire moment de l’hiver 2009 (du 6 au 10 janvier), la france était alimentée à 80 % (entre 75 et 85 %) par des moyens de production non émetteur de CO2 (nucléaire et hydraulique).

Dan1

Pour les analystes des publications de RTE : Les graphiques présentés n’ont rien de révolutionnaires car ils pouvait déjà être réalisés par chacun à partir des données chiffrées publiées sur le site de RTE au format Excel. Vous pouvez donc comparer n’importe quelles journées entre elle depuis des années, à condition ensuite d’associer la bonne température de référence.

lion

Je trouve la PPI trop faible pour 2020, année pour laquelle les études des acteurs économiques de Rhône-Alpes donnent 560 TWh minimum. Pourquoi? Pour arriver à baisser nos émissions de CO2 de 20 % d’ici à 2020, il faut baisser nos consommations de gaz, de pétrole et de charbon de 20 % par rapport à aujourd’hui, c’est à dire de l’ordre de 30 millions de tonnes équivalent pétrole puique nootre consommation de combustibles carbonés est de 150 millions de tonnes équivalent pétrole. Or, environ 50 Mtep sont utilisés sous forme de carburant et même en améliorant les rendements moteurs, ce chiffre augmentera d’ici 2020. Il reste donc 30 Mtep à remplacer sur les 100 Mtep de combustibles carbonés utilisés pour d’autres usages mais en grande partie pour du chauffage et de l’électricité secondaire. Le gaz sera très sollicité pour la fabrication d’électricité secondaire via des cycles combinés au gaz pour compenser les intermittences de l’éolien et du photovoltaïque. Il reste donc à basculer du chauffage efficace sur de l’électricité décarbonées via les renouvelables et le nucléaire. Le chauffage électrique efficace existe quoiqu’en disent les détracteurs notamment à l’Adème. Les pompes à chaleurs sont des machines tout à fait remarquables avec des rendements moyens dépassant les 350 % par l’effet de levier qu’elles jouent. Les appareils radiants ont aussi de bons rendements. Donc il est clair que si la consommation d’électricité n’atteint pas 560 TWh en 2020, c’est que nous n’aurons procéder au basculement du chauffage émissif vers le non émissif et donc que nous n’aurons pas réduit de 20 % nos émissions de CO2. Enfin que la PPI dise que tout va bien jusqu’en 2013 ne me rassure pas du tout lorsque l’on voit les délais de mise en service de l’ouvrage le plus rapide à construire comme un cycle combiné à gaz. Voir le projet de Ploufragan

Dan1

Je ne roule pour personne et n’est aucun intérêt dans le monde l’énergie, ce qui ne m’empêche nullement de relever et contredire certains mensonges savamment entretenus en proposant un argumentaire soutenus que chaque lecteur peut vérifier. S’agissant du chauffage électrique, je ne le prône pas bien qu’aillant parfois eu l’obligation d’y recourir en tant que locataire et trouver cela cher à l’usage. J’ai expérimenté le fioul le gaz, le bois… Une chose est de promouvoir le chauffage électrique, ce que je ne fais pas, et une chose est de dénigrer sciemment le chauffage électrique avec des arguments fallacieux. Je réitère mon credo : quel que soit les défauts et les vertus du chauffage électrique, il est mensonger de l’attaquer sur le contenu en CO2 et surtout de prétendre qu’il émet 600 g de CO2 par kWh en France, ce que personne n’est capable de démontrer car dans les pires journées d’hiver en France le contenu en CO2 ne dépasse pas 200 g/kWh ! Ceux qui essaient de charger le chauffage électrique ne le font pas innocemment comme le souligne Hervé Ninecker (dont je connaîs seulement les arguments). Je vais vous rappeler quelques liens (parmi d’autres) : Dans le dernier on notera le lien vers l’ADEME qui admet que le chauffage électrique est à parité avec le gaz pour le contenu en CO2 après avoir essayé de démontrer qu’il pourrait en contenir 3 fois plus ! Enfin je rappelle le lien vers GDF Suez : On y affirme encore que le chauffage électrique émet 600 g de CO2 par kWh soit deux fois plus que le fioul et presque trois plus que le gaz. Je considère que cette publicité est non seulement mensongère mais irresponsable dans la période actuelle où l’on traque les émissions de CO2 et où on veut instaurer une taxe carbone ! Qui roule pour qui et qui roule qui ?

Dan1

S’agissant de la loi sur la consommation énergétique des bâtiments, j’ai peur qu’elle provoque un effet contraire à ce que certains pensent. Si cette loi est efficace et conduit effectivement à contruire des bâtiments très économes en chauffage, il est probable que le besoin résiduel de chauffage ne requérera pas une grosse installation et ne grèvera pas le budget en coût de fonctionnement. Dès lors, pourquoi payer une installation de chauffage central complexe pour quelques milliers de kWh annuels. J’ai déjà dit que pour 25 000 kWh annuels j’achète une chaudière à gaz performante. Pour 5 000 kWh annuels ou moins j’installe un chauffage électrique ! En dernier ressort, les français jugeront.

stan1504

Dan1. Quand tous les logements seront correctement isolés, Il faudra fortement taxer à l’achat les chauffages electriques et inciter fiscalement les autres moyens de chauffages. Un peu comme le bonus malus actuel avec les voitures.

Guydegif(91)

Quand les maisons et appart. seront enfin correctement conçus et isolés, des systèmes de chauffages électriques corrects (pas des grille pain, évidemment !), avec aussi en option potentielle des PACS eau/eau, air/eau ou à la limite air/air et des VMC double-flux,… devraient très bien pouvoir faire l’affaire aussi ! Libre à ceux qui le souhaitent et en ont les moyens d’envisager d’autres solutions le plus propre possible, bois std, pellets, gaz,… Les maisons BC, bien conçues auront besoin de tellement peu de chauffage que je ne vois pas pourquoi on ne considèrerait pas AUSSI une Solution électrique à programmation et accumulation ad hoc, pour exploiter au mieux les heures creuses ou autres solutions mises en place d’ici là… A+ Salutations Guydegif(91)

Dan1

Merci pour le soutien. Je n’ai pas assez de recul pour qualifier le travail de l’ADEME, mais il est certain qu’il existe des incohérence flagrante dans cette affaire de contenu en CO2 du chauffage électrique dont on voit bien qu’il est plus politique que technique. A force de vouloir tordre la vérité, l’ADEME se discrédite toute seule et on a l’impression que l’avènement des EnR se bâti sur un lit de mensonge. C’est dommage, les EnR valent mieux que cela. Un exemple: Affirmer que le chauffage électrique émet 600 g de CO2 par kWh est indémontrable pour la France actuellement. On a lors recours à l’avenir : c’est les nouvelles installations qui émettront 600 g de CO2. Seulement, quand on lit la prospective de RTE, pas de chance, le chauffage électrique augmente et les émissions de CO2 baissent. Pour la France, c’est donc raté on atteindra jamais les 600 g. Qu’à cela ne tienne, on a recours aux importations massives d’électricité carbonées d’Allemagne. Oui mais là c’est reconnaître que l’Allemagne émet beaucoup trop et que de surcroît dans les années à venir, la situation ne va pas s’améliorer outre Rhin. Ceci est carrèment contradictoire avec ce que l’on claironne sans cesse : l’Allemagne va faire, à court terme, la révolution EnR grâce à son avance légendaire et sa volonté sans faille. De deux choses l’une : où l’Allemagne réussit au-delà des espérances et alors nos importations teutonnes vont devenir propres, ou bien l’Allemagne échoue et alors il faudra traiter en priorité le problème de l’Allemagne car leur centrales électriques n’alimentent tout de même pas que le chauffage électrique français ! Aujourd’hui, ce débat sur le chauffage électrique apparaît complètement surréaliste et anachronique par rapport aux enjeux du présent visant la “décarbonation” de notre mix énergétique et relayé à grand renfort de publicité par MEEDAT. Les publications de l’ADEME permettent tout de même de légitimer le chauffage au fioul par rapport au chauffage électrique sur le plan des émissions de GES : on croit rêver !    

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