Le périlleux chiffrage des emplois du nucléaire

Au milieu de la guerre des chiffres que se livrent partisans et opposants à l’atome, il est difficile d’y voir clair. En recoupant les différents chiffres proposés, il est toutefois possible de se faire une idée du poids du nucléaire en matière d’emploi.

La première étape pour comprendre les chiffres de l’emploi nucléaire, il est indispensable de faire la distinction entre emplois directs, emplois indirects et emplois induits.

Emplois directs et indirects

Si le patron d’EDF a évoqué le chiffre de 500.000 emplois directs et indirects (incluant la sous-traitance), et que le réseau militant "Sortir du nucléaire" affirme au contraire qu’ils sont moins de 100.000, la majorité des analystes s’accordent sur un poids médiant de 250.000 emplois directs et indirects.

Des chiffres validés par une étude de l’agence d’audit Pricewaterhouse Coopers (commanditée par Areva, mais dont les conclusions sont peu contestées), qui estime également que la filière devrait créer entre 70.000 et 115.000 emplois d’ici 2030.

Emplois induits

Les emplois induits correspondent à l’activité non liée au secteur nucléaire, mais générée par les emplois du nucléaire. Ces emplois vont des commerces aux diverses activités de service.

Toujours selon Pricewaterhouse Coopers, le secteur nucléaire génère actuellement 171.000 emplois induits, tandis que la Société française de l’énergie nucléaire (SFEN) propose une estimation sensiblement inférieure : 100.000 emplois "liés au tissu industriel".

Des variations de chiffre qui donnent certes des idées de grandeur en terme de poids économique du nucléaire, mais qui démontrent aussi et surtout qu’aucun chiffrage précis et incontestable n’a encore été réalisé sur la question. Peut-être serait-ce temps ?

         

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raymond9

Il ne faut pas oublier que l’arrêt du nucléaire et le dévelloppement du renouvelable serait céateur net d’emploi. Le renouvelable necessite plus d’emploi par mwh que le nucléaire et de plus il y aurait malheureusement de nombreux emploi créé pour démanteler les centrales nucléaires.

oeildecain

. Grossièrement, ” à la louche ” : 450 TWH à 42 €/mwh pour une moyenne de 100 K€ par unité de MO, nous donnerait 189 000 emplois hors export …….. Pas de quoi s’en relever la nuit …. De toute façons, le nucléaire et l’éolien utilisent les mêmes matériaux avec – 15% pour le combustible en moins en faveur de l’éolien …….. De même, sa durée de vie exceptionnelle, au double de celle du nucléaire au minimum, divise son coût par 2 dès la 1ère vingtaine d’années passée …… Dans moins de cinq ans l’électrolyse aura réglé l’inconvénient de l’intermittence, via les centrales gaz ………………. et le nucléaire va s’éteindre tout seul ……..

gcb

Cette surenchère du nombre d’emplois générés par telle ou telle option d’orientation me semble bien à côté de la plaque. Dans ces décisions stratégiques, ce n’est pas le nombre de salariés qui assurera la pérénité de la filière : c’est la viabilité économique et géopolitique. Au contraire, la masse salariale pèse généralement beaucoup contre les bénéfices d’une société. C’est un dilemne qu’il faut accepter, plutôt que de se réjouir benoitement de chiffres d’emplois gonflés pour l’occasion.

Nicias

L’objestif ici n’est pas de produire le maximum d’emploi par MWh, mais de produire un MWh pas cher, donc avec peu d’emploi à la clef. Car moins on paye cher notre électricité, plus nous avons d’argent a consacrer à la santé, l’éducation, la sécurité routière, la recherche sur les EnR etc… Secteurs tout aussi créateurs d’emploi !

oeildecain

. Quand on produit 1 MWH avec du fossile pétrolier, on envoie environ 50% pour des emplois hors hexagone … Quand on produit 1 MWH avec du fossile nucléaire, on envoie entre 15 et 20 % pour des emplois hors hexagone … Quand on produit 1 MWH avec de l’éolien, on peut conserver tout l’emploi dans l’hexagone …

You38

C’est triste à constater mais nous avons en france très peu d’entreprise qui conçoivent, fabriquent et développent les ENR. On entrouve en france que des sociétés commerciales qui vendent des produits allemand, chinois ou américain… Dans ce contexte, je ne vois aps comment les ENR permettent de conserver des emplois en Frances ! Tous les emplois créés dans les ENR sont aujourd’hui des postes de commerciaux, d’installateurs et de techniciens de maintenances. Tous ces emplois jugés “bénéfiques” par de nombreuses personnes (notamment politiques…) ne vont que peser sur les consommateurs français. C’est totalement stupides de promouvoir une énergie en fonction du nombre d’emploi par MWh produit comme le souligne “gcb”. Il faudrait surtout de développer une industrie compétitive qui sera capable de concevoir, développer et vendre des produits innovants, notamment à l’export ! Je le répète encore une fois, installer massivement des panneaux photovoltaïques chinois ou des éoliennes allemandes (pour caricaturer) ne va pas correspondre à une création de valeur source d’emploi en France.

oeildecain

On peut …………… si on veut ……… Toutes les pièces d’une éolienne peuvent et sont fabriquées dans l’hexagone ………..il ne manque plus qu’un ou des ensembliers ………. C’est en train de venir ………… La France est un pays lourd à remuer et long à la détente ………. au lieu d’avoir des guides qui assemblent les idées de la base, on a des donneurs de leçons et d’ordres du haut vers le bas : c’est plus long que la vraie démocratie ………..

Sortirducharbon

@oeildecain De grâce, pour le confort de vos lecteurs attentifs, veuillez vérifier le bon état de votre clavier, dont la/les touche(s) “. Suppr” ou/et “. ;” semble(nt) souffrir d’un gros problème de faux contact.

Didoux

Le monde à l’envers. L’idéal dans un monde parfait serai que la production d’énergie soit complètement automatique sans aucune intervention humaine se qui réduirai au fil du temps son coût à néant. Mais au contraire on se vante qu’on emploi beaucoup et si possible plus que le concurrent. Chê beau la politique.

Dan1

Pour ceux qui ne veulent pas accorder beaucoup d’emplois à la filière nucléaire, je dis : Vous reconnaissez implicitement que le kWh n’est pas cher. Car s’il y a moins d’emplois pour servir le nucléaire, il y a toujours autant de milliards de kWh produits (à ce jour 10 500 milliards et encore autant à venir avec le parc actuel). Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre, car l’alternative est la suivante : – soit le nucléaire est gourmand en emplois et le kWh coûte cher; – soit le nucléaire est sobre en emplois et le kWh est bon marché

Dan1

Prenons l’exemple du photovoltaïque. Cela engendre beaucoup d’emplois pour construire et installer les panneaux soit… mais après. Si le système installé fonctionne bien et longtemps que font les travailleurs… ils regardent les rayons du soleil produire des électrons ?

Raoul-78

Encore une fois, vous n’avez que la critique au bout de la plume… Hors le nucléaire point de salut ! Vous devenez ennuyeux savez vous ? Regardez comment E.ON rebondit à sa sortie du nucléaire en investissant massivement (7 Md€) dans l’éolien ! Prenez en de la graine : on peut tres bien vivre sans nucléaire…

Raoul-78

Quand on connaitra tous les tenants et aboutissants du drame japonnais, certains comprendont enfin quelle mascarade représente ce type d’énergie. Alors, savoir si le nucléaire est (artificiellement) plus économique que d’autres sources d’énergie… On s’en fout un peu, sauf lorsqu’il s’agit de rétablir quelques vérités que l’aveuglement des retraités du CEA entretient ici et là…

Raoul-78

Mais soyez rassurés camarades cégétonulcéaires : les ENR créent des emplois, directement (voir les usines d’éoliennes offshore sur St-Nazaire, Cherbourg, Le Havre…) et indirectement (il faudra bien les démanteler ces foutues centrales) !!!!

Nicias

D’après le lien de Raoul78, En septembre dernier à Hokkaido, au nord de l’archipel, on a pêché une morue à 80 becquerels par kilo. C’est sous la limite, mais étonnant pour une zone de pêche aussi éloignée. Question, alors que mon corps produit 8000 beckerels par seconde, combien de kilo de poissons dois-je manger pour mourir d’un cancer ?

Raoul-78

@ Modérateur… Sur les 3 derniers posts j’avais mis des liens vers les articles concernés mais ils disparaissent les uns après les autres… bug ?

Nicias

wikipédia au cas ou…

Bachoubouzouc

Dan1 pose une question très claire sur laquelle il faudra que les anti-nuc se positionnent enfin : soit le nucléaire est cher, et dans ce cas il embauche beaucoup, soit il embauche peu et dans ce cas il est peu cher. Plutôt que de faire à Dan des procès d’intention, répondez lui donc. “Regardez comment E.ON rebondit à sa sortie du nucléaire en investissant massivement (7 Md€) dans l’éolien ! Prenez en de la graine : on peut tres bien vivre sans nucléaire…” 1,5 milliard d’euros et 11000 emplois menacés. Quel rebondissement ! “Alors, savoir si le nucléaire est (artificiellement) plus économique que d’autres sources d’énergie… On s’en fout un peu” Ah bon ? Pourtant les anti-nuc ne semblent pas se lasser de vouloir faire passer les ENR comme moins cher que le nucléaire… Enfin les anti-nuc, qui nous parlent constamment de reconversion des salariés du nuc vers les ENR, évitent systématiquement un point sensible : Le nucléaire est une industrie qu’on maitrise de bout en bout, et qui fournit des emplois extrèmement qualifiés, à très haute valeur ajoutée. L’industrie “verte” n’apporte quant à elle que des emplois faiblement qualifiés (commerciaux, techniciens de bilans thermiques, chauffagistes, installateurs et mainteneurs de machines certes robustes, mais simples). Les experts sont quant à eux à l’étranger (je ne rentre pas dans le débat de la faute à qui). Que répondez vous à ceci ?

Raoul-78

Le problème d’internet c’est que, s’il permet au plus grand nombre de trouver l’information, il ne permet pas pour autant de comprendre tout ce que l’on y trouve… Lorsque vous ferez la différence entre les quantités de désintégration que vous évoquez, avec la mesure de la dose absorbée et celle de la dose efficace, vous aurez compris la différence entre Becquerels, Gray et Sievert, et vous pourrez alors faire le calcul emission / rayonnement / effets biologiques (et vous rendre contre de la vacuité de votre post).

Nicias

@Raoul78 J’avoue mon ignorance, mais peut-être le savant que vous êtes peut-il m’expliquer ce qu’est “80 becquerels par kilo”, en combien de temps ?, avez vous idée de ce que cela signifie pour l’impact sur un corps humais, combien de picosiverts ?

Nicias

c’est une désintégration par seconde Merci pour la fessée ! Je m’endormirai moins bête ce soir.

Dan1

Revenons aux emplois du nucléaire. Il devrait être facile de savoir si le nucléaire garantit beaucoup d’emplois en analysant sur qui s’écrit sur Enerzine. Puisque : – soit le kWh nucléaire coûte très cher car il est gourmand en emplois, – soit le kWh nucléaire est bon marché car il nécessite peu d’emplois. Compte tenu des brillantes démonstrations faites de longue date par les antinucléaires, il est évident qu’il faut retenir la première proposition de l’alternative : le kWh nucléaire coûte très cher car il est gourmand en emplois. Dans ce contexte, tous ceux qui disent que le nucléaire ne garantit pas beaucoup d’emplois sur le long terme sont dans l’erreur et n’écoutent pas ce que disent depuis longtemps les antinucléaires.

Tech

maitrise e bout en bout! on le voit avec le retard sur l’EPR et le plus que doublement du coût :o))) et tout ces gens qualifiés qui travaillent dans le nuke ne seraient pas capables d’améliorer cellules solaires, génératrices électriques, matériaux légers , solides, isolants, réutilisables, … les architectes qui travaillent sur des immeubles HQE, bbc, ou à energie positive … sont des abrutis? ceux qui comme chez soitec par exemple fabriquent et améliorent les cellules à concentation, n’ont pas besoion d’un niveau ingé ou doctorant? et quelle est la qualification des manouevres qui entrent dans les piscines à combustible et font le sale boulot? ah oui il ne sont pas payés par EDF, mais par des boites d’intérim, qui assurent le turn-over! et oui ils sont bien payés car ceux qui sont “extrèmement qualifiés , ils savent eux et ne s’y rendent pas dans ces endroits critiques. que repondez-vous à cela? l’industrie verte peut utiliser et utilisera de plus en plus de “cervelles” celles qui ont contribué au nucléaire sont les bienvenues.

Bachoubouzouc

“maitrise e bout en bout! on le voit avec le retard sur l’EPR et le plus que doublement du coût :o)))” Encore une fois, que ceux qui sont capables de mener un des plus gros chantier de la planète pour la première fois sans dépassement de budget et de planning lèvent la main. Non…pas tous en même temps… ne vous battez pas… “les architectes qui travaillent sur des immeubles HQE, bbc, ou à energie positive … sont des abrutis?” “ceux qui comme chez soitec par exemple fabriquent et améliorent les cellules à concentation, n’ont pas besoion d’un niveau ingé ou doctorant?” Non, pas du tout. Mais ils sont moins qualifiés que par exemple un ingénieur sûreté : Diplôme d’ingénieur (bac+5) plus en général un diplôme de l’INSTN (un an), plus trois ans de formation (environ). Et pour les postes chez Soitec, dites moi s’ils embauchent : j’ai des amis qui désespèrent de trouver des postes dans le PV avec la crise. “et quelle est la qualification des manouevres qui entrent dans les piscines à combustible et font le sale boulot?” Ca dépend des spécialités, mais c’est à minima un BTS ou un DUT, suivi de formations au fonctionnement de l’installation, à la qualité, à l’environnement, au risque incendie, à la radioprotection, etc. Pour un prestataire ce sera certainement moins mais pour un technicien EDF, on ne voit généralement pas avant un an le tech qu’on vient d’embaucher, à cause de toutes les formations qu’il a à se tartiner. Un an avant qu’un jeune embauché devienne vraiment productif… Dans mon cas (un poste assez généraliste), toutes les formations que j’ai suivies jusqu’à présent mises bout à bout représentent pratiquement six mois. Et c’est sans compter les recyclages… Vous connaissez beaucoup d’industries qui pratiquent cela, Tech ? Qui y consacrent autant d’argent ? Voilà ce que je vous répond.

Bachoubouzouc

Petite précision : le “Non, pas du tout” faisait référence à “…sont des abrutis?”

Bachoubouzouc

Petite précision aussi : même les intérimaires du nucléaire recoivent plus de formation que les autres. Ainsi les boites d’intérim qui les embauchent doivent être certifiées CEFRI, ce qui garantie qu’ils respectent la réglementation pour les travailleurs sous rayonnements ionisants : Emploi d’une Personne Compétente en Radioprotection, suivi des doses individuelles, suivi médical spécialisé, médecin du travail spécialisé, etc. Et les intérimaires que je connais n’ont pas l’air d’être malheureux, loin de là…

Tonys

Et y a-t-il des voies privilégiées pour intégrer EDF? Parce que en ce moment c’est pas très dynamique… beaucoup d’offres de stages intéressantes mais peu d’offres d’emplois (4 pour 1 sur le site RH).

Bachoubouzouc

La voie privilégiée pour intégrer EDF est le site internet edfrecrute.com. Je viens d’y aller et en effet, contrairement à d’habitude il y a beaucoup plus d’offres de stage que d’offres d’emploi. Mais bon il y a 180 offres d’emploi, tout de même ! Je pense que ca doit être du à la période (recrutement pour les stages de cet été) et qu’à la rentrée il y aura plus d’offres d’emploi. Mais bon globalement vous pouvez quand même commencer à candidater. Petit conseil : candidatez à toutes les offres qui vous plaisent, et n’hésitez pas à continuer de postuler même si vous avez été rejetté d’une ou plusieurs offres : Ca ne veut absolument pas dire que vous ne serez pas pris à la suivante. Les profils que EDF recrute énormément en ce moment sont les techniciens et les ingénieurs (généralistes de préférence). Quel est le votre ? S’il est plus spécifique je pourrais éventuellement vous conseiller. Si vous avez une formation spécialisée dans le nucléaire (INSTN, double diplôme, master spécialisé, etc) c’est évidemment un plus. Si vous n’en avez pas, et que vous n’avez pas d’expérience dans cette industrie ce n’est absolument pas grave : EDF est une entreprise qui se charge d’une large partie de la formation de son personnel, donc elle recherche essentiellement des profils généralistes et dynamiques qui pourront s’adapter facilement. Personnellement je me destinais initialement à l’automobile et mon CV était formaté pour. Rien ne me destinait au nucléaire et pourtant j’y suis maintenant extrèmement heureux. Dans la mesure où EDF forme elle-même ses personnels (et cela a un coût faramineux), elle cherche à les fidéliser. Si vous signez chez EDF, dites vous bien que sauf accident de parcours c’est pour y faire toute votre carrière. Mais rassurez vous : c’est rare que des gens aient envie de quitter cette entreprise… A cause de ces volumes de formation, EDF a plutôt tendance à embaucher des débutants (ca change des autres boites !), mais si vous êtes plus expérimenté, n’hésitez pas non plus à candidater (EDF évolue sur ce sujet). Au niveau des conditions de rémunération et des avantages en nature, EDF est dans la moyenne supérieure. Vous pourrez sans doute trouver mieux dans le pétrolier ou dans des cabinets de conseil, mais EDF est déjà plutôt généreuse, et surtout offre un rapport qualité de vie / rémunération imbattable. Au niveau des possibilités d’évolution, de changement de parcours, etc, EDF propose des choses assez intéressantes : avec les départs massifs à la retraite, les évolutions sont rapides en ce moment. De plus vu qu’EDF forme beaucoup ses personnels, elle offre facilement la possibilité de changer de métier en cours de carrière. Enfin le groupe est immense et fait la moitié de son chiffre d’affaire à l’international : Cela ouvre donc des possibilités. Si vous êtes intéressé par des parcours à l’international, sachez que dans le nucléaire cela se fait qu’une fois expérimenté (8-10 ans de carrière). En effet, quand un chinois, un anglais, un sud-africain ou un indien achète à Areva un réacteur, il veut généralement achèter à EDF l’expérience qui va avec. EDF envoit alors des personnels expérimentés pour intégrer pendant des séjours d’environ 2 ans les équipes d’exploitation du client. Parmis les offres pour débutants qui s’offrent à vous, vous allez trouver des offres dans la R&D (que je connais moins bien, peut-être que d’autres pourront vous en parler mieux) et des offres en centrale. En centrale, pour les ingénieurs débutants, vous trouverez essentiellement des offres d’ingénieur conduite, maintenance (mécanique, chaudronnerie, électricité, automatisme, et plus largement services généraux, essais, chimie, environnement, etc), sûreté et de formateur. Tous ces postes ont chacuns leurs avantages et inconvénients. Comme je le disais à Tech plus haut, il faut environ 3 ans pour qu’un ingénieur débutant dans le nucléaire soit formé et devienne vraiment productif. Votre premier poste sera donc essentiellement un poste de formation et vous évoluerez ensuite, donc ne vous focalisez pas trop sur ce premier poste. Les postes typés Conduite, Sûreté et Formation vous donneront une très bonne connaissance de l’installation et du référentiel (très lourd dans le nucléaire), les postes typés maintenance vous donneront plutôt de l’expérience en management et en gestion de projet. Après dans la carrière, les connaissances et expériences acquises dans ces deux grands types de poste s’équilibrent, donc encore une fois, ne vous focalisez pas trop sur votre premier poste. Ils ont tous leurs avantages et leurs inconvénients et sont tous passionnants (vraiment). Le travail en centrale a l’avantage d’être passionnant car rythmé par la vie d’une machine ultra complexe, c’est un travail de terrain, très généraliste, au contact de très gros composants, de technologies très variées, mais a l’inconvénient d’être souvent dans des coins paumés. Le travail à la R&D (pour ce que j’en sais) est plus un travail d’expert, dans un cadre de vie souvent plus agréable (grandes villes de région parisienne ou de province), moins “rugueux” qu’en centrale (moins sujet aux conflits sociaux), mais c’est un travail qui a l’inconvénient d’être un peu loin de la machine (ils voient rarement ce sur quoi ils travaillent tous les jours). C’est pourquoi il est intéressant en cours de carrière d’aller de l’un à l’autre. Petit avertissement : Le travail dans le nucléaire a une certaine lourdeur administrative. En effet tout doit y être sous assurance qualité, validé, signé, tracé, etc. On en comprend évidemment les raisons, mais il faut s’y attendre. Dernier avertissement : le nucléaire est une industrie à cycles très longs. Il faut 20 ans pour concevoir un réacteur, 5 à 10 ans pour le construire, et dès la conception le choix est fait pour des composants qui sont déjà fiabilisés (pour des raisons évidentes). Autant dire qu’à la fin de sa construction, les composants d’une centrale sont pratiquement déjà obsolètes. Il ne faudra pas être surpris de travailler sur des technologies vieilles de 20 ou 30 ans. Avec les rénovations de systèmes, cela évolue mais il faut néanmoins s’y attendre au démarrage. Bref, je crois avoir tout dit, n’hésitez pas si vous avez d’autres questions.

Dan1

EELV, au nom soit-disant de la sécurité, veut fermer la moitié du parc nucléaire français. Le PS serait prêt à sacrifier Fessenheim et Bugey. Sauf que les “écologistes politiques” oublient ce qu’ils ont toujours clamés haut et fort : le nucléaire n’a pas de frontière et comme le disait Noël Mamère : “il y avait un sinistre personnage au SCPRI qui s’appelait Monsieur Pellerin, qui n’arrêtait pas de nous raconter que la France était tellement forte – complexe d’Astérix – que le nuage de Tchernobyl n’avait pas franchi nos frontières”. Alors s’il est vrai que la menace est de nature transnationale voire carrément planétaire, pourquoi ceux qui souhaitent tant protéger les français, ne parlent que des réacteurs français. Car je rappelle à tous que la Russie possède encore en exploitation 11 réacteurs RBMK de type tchernobyl, dont certains très anciens. Si Fessenheim est la plus ancienne centrale française, elle n’est pas pour autant plus vieille que les premiers RBMK… qui tournent toujours : Le réacteur LENINGRAD-1 a commencé à produire en 1973 et continue toujours avec 6,3 TWh en 2010 : Questions : Que fait-on de ces réacteurs plus anciens et moins sûrs que Fessenheim et Bugey ? L’Europe n’est-elle pas en grand danger ? Smolensk, Saint Petersbourg et Koursk sont-elles des villes très éloignées de l’Europe ? Les nuages sont-ils désormais arrêtés aux nouvelles frontières de l’Europe ? Enfin, est-ce que EELV veut dire Europe Ecologie, c’est à dire un mouvement qui s’occuperait aussi du péril nucléaire en Europe et pas seulement en France ?

Bachoubouzouc

Je n’ai pas l’impression que EDF ait infléchi sa politique dans ce sens pour tenir compte de l’accord EELV-PS. Du moins ca n’est pas dans le discours de ses dirigeants… A l’inverse Areva a réduit sa voilure suite aux pertes de marché en Allemagne et au Japon. Sur les pertes d’emploi à venir dans le cas où cet accord serait mis en application, je suis évidemment parfaitement d’accord avec vous. Et c’est d’ailleurs assez hilarant de voir Eva Joly nous dire “Je vais créer un milion d’emplois verts ! Comment j’arrive à ce chiffre ? Euh… jvous dirais ça en janvier ! (quand tout le monde aura oublié)” Et quant à la rentabilité de ces emplois, je n’imagine pas qu’on puisse avoir des infos un jour…

Bachoubouzouc

Mais Dan1, vous êtes fou ! Vous n’allez donc pas risquer d’énerver les russes avec leurs poubelles à eau bouillante alors que nos amis verts ont besoin de leur gaz pour arrêter nos centrales !?!

Dan1

Merci rouget pour cette savoureuse vidéo que je recommande à tous. On voit un Laurent Joffrin faire l’ignorant complet alors qu’il est un journaliste ancien. S’il est sincère c’est absolument consternant 22 ans après Tchernobyl. Les journalistes ne lisent visiblement pas de livres et ne regardent pas les informations. Plusieurs fois on entend, “ah bon nous n’étions pas au courant”. Là on se poser de sérieuses questions sur les compétences de ceux qui “font” l’information, ou bien ils sont carrément sectaires. Je note l’excellente prestation du physicien de la fondation Louis de Broglie. Enfin, je ne peux que vivement conseiller à Laurent Joffrin d’aller faire un stage à Libération… chez Sylvestre Huet qui anime le blog Sciences2 et qui est devenu journaliste scientifique en 1986 ! Il oeuvre à Libération depuis 1995. Les journalistes de libération ont donc 13 ans pour s’informer ! Les journalistes disent même ignorer les retombées des essais nucléaires des années 50 et 60. S’ils savaient et disent le contraire, c’est que ce sont des sectaires et des menteurs. Ca augure bien de la démocratie !

Rice

Pendant que le club du 3ème âge du CEA prend du plaisir… En voila un qui n’est pas prêt de nous polluer !!!! 🙂

Dan1

A Rice; “Pendant que le club du 3ème âge du CEA prend du plaisir…” Toujours aussi perspicace à ce que je vois. J’espère que vous ne conseillez pas les antinucléaires !

airsol

Que Proglio annonce 500 000 emploi et un cout du MWh faible c’est normal Que les contestataires trouvent le nombre d’emplois surestimé et le cout du KWh sousestimé ce nest pas coherent Cherchez l’erreur

Bachoubouzouc

Bah à partir du moment où c’est argumenté où est le problème ? A partir du moment où ces chiffres se basent sur, par exemple, l’étude de PWC pour Areva, qui est rarement contestée (du moins de manière rationnelle), à partir du moment où la distinction est bien faite entre emplois directs, indirects, et induits comme Proglio a toujours la prudence de faire ? A partir du moment où le coût du MWh nucléaire historique est bien chiffré et débattu par EDF et ses concurrents (qui savent bien mieux de quoi ils parlent que quelques écologistes, politiciens et journalistes) ? A partir du moment où on est dans un débat argumenté et chiffré, on peut baser la discussion sur quelque chose de rationnel. Si on se contente de glapir “Proglio est un menteur !” sans la moindre preuve, comme l’a fait Cécile DUFLOT, ou bien de sortir un million d’emplois verts de son chapeau sans la moindre étude, comme l’a fait Eva JOLY, alors on reste dans un débat stérile et débile dont nos journalistes ignares ne nous aideront évidemment pas à sortir. C’est bien là où est le problème.

Bachoubouzouc

Est-ce que les 125 000 emplois directs du nucléaire représentent beaucoup au vu des en gros 400 TWh/an que produit le nucléaire ? A voir.

Tonys

Je pense qu’il faut éviter les raccourcis de type coût MWh proportionnel à la masse salariale pour la raison évidente que le coût du MWh est également constitué du coût des matières premières, des charges d’exploitation, financières etc… Hors si vous considérez un MWh électrique de centrale à gaz, nucléaire ou EnR, les proportions indues aux matières premières ne sont pas vraiment comparables. C’est pourquoi pour le nucléaire vous pouvez avoir un nombre d’emplois assez conséquent EN FRANCE tout en n’explosant pas le coût du MWh. Il y a tout simplement une plus forte maîtrise de la chaîne de valeur en France. @ Bachoubouzouc: merci pour vos informations sur les perspectives d’emploi chez EDF. Je ne correspond pas réellement aux profils recherchés (j’ai plutôt un profil d’ingénieur thermicien débutant) mais je suis fortement intéressé par toutes les problématiques énergétiques “globales” (type prévision de la consommation/production) alors je tente quand même ma chance.

Velka

Le nucléaire est facturé peu cher au KWh, trop peu, mais cela ne veut pas dire qu’il soit réellement compétitif, car c’est la collectivité qui paye. C’est une forme de crédit. On va savoir bientôt connaitre son vrai coût, au premier démantèlement de centrale. Sans compter le coût quasi eternel (à hauteur humaine) du stockage des déchets et le prix de la sécurité. Car le risque d’accident grave, donc coûteux, est évident. C’est pour cela que c’est l’état qui couvre ce risque et non pas l’operateur. Le nucléaire bénéficie du protectionnisme du pouvoir régalien, Mêmes écoles, mêmes cerveaux, mêmes modèles : centralisé et tout puissant. Avec un travers : “on ne fait jamais d’erreur”… A voir sur Arte : le saut quantique – Einstein ou Bohr, qui avait raison ?

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