Le Barcelona Supercomputing Center – Centro Nacional de Supercomputación (BSC-CNS) a présenté au Centre de Cultura Contemporània de Barcelona (CCCB) le BSC Creative Intelligence Lab, le premier laboratoire d’art et de science intégré à un centre de supercalcul en Europe. Cette nouvelle structure institutionnelle place la pratique créative au cœur de la recherche dans le contexte du calcul haute performance (HPC), de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies émergentes.
Le laboratoire formalise et étend plus de treize années de travail interdisciplinaire du groupe Data Analytics and Visualization du BSC, qui a démontré que la collaboration entre créatifs et chercheurs est scientifiquement productive, économiquement durable et culturellement pertinente.
Contrairement aux programmes traditionnels d’artistes en résidence, le BSC propose une méthodologie distinctive à travers le laboratoire, qui s’est avérée capable de générer simultanément des percées scientifiques, des technologies brevetables et des œuvres culturelles à impact international.
Le Creative Intelligence Lab développera des résidences, des expériences publiques, des programmes de formation et des projets collaboratifs, avec pour objectif fondamental de traduire la recherche en outils, produits et services tangibles pour l’industrie et la société.
Le projet, qui a une portée internationale, s’inscrit dans l’engagement européen en faveur des AI Factories. Le changement climatique, la médecine personnalisée, les énergies renouvelables et la souveraineté numérique sont quelques-uns des piliers fondamentaux sous lesquels il opérera, en plus de dynamiser les industries créatives elles-mêmes.
Comment le BSC Creative Intelligence Lab est structuré et fonctionne
Le laboratoire fonctionne comme un cycle continu dans lequel l’exploration créative génère de nouvelles capacités, celles-ci permettent des applications concrètes, et les applications renvoient des questions et des investissements à la recherche. Cette dynamique est structurée autour de trois domaines interconnectés :
- Arts — intègre les professionnels créatifs dans les équipes de recherche du BSC via des résidences, des expériences publiques et des projets avec des organisations culturelles.
- Studio — le cœur opérationnel du laboratoire qui développe les outils, visualisations, systèmes interactifs et plateformes expérimentales qui traduisent la recherche en formes tangibles.
- Solutions — transfère les résultats en produits et services pour l’industrie et la culture, bouclant la boucle et soutenant la recherche future. Il intègre les industries culturelles et créatives (ICC) dans le périmètre des applications du supercalcul.
Une méthodologie basée sur la curiosité, la flexibilité et le respect
Le BSC est un centre public dont la mission est d’avoir un impact sociétal. Dans ce cadre, le Creative Intelligence Lab fonctionne sur le postulat que la société et l’industrie exigent de nouvelles capacités, et que ces demandes inspirent ou nécessitent le développement de nouvelles connaissances. La méthodologie du laboratoire découle précisément de cette tension productive entre ce qui est nécessaire et ce qui reste à découvrir.
Le modèle de collaboration entre chercheurs et créatifs développé par le BSC au fil des ans constitue la base de l’activité du nouveau laboratoire. Les valeurs sous-jacentes —curiosité, flexibilité et respect— définissent la manière dont artistes et chercheurs travaillent ensemble en tant que membres à part entière de la même équipe, plutôt que dans des silos séparés.
La méthodologie fonctionne comme un cycle continu en trois phases : création de connaissances, où artistes et chercheurs explorent ensemble des questions et développent de nouvelles capacités ; application des connaissances, où ces capacités sont traduites en projets, technologies et services aux résultats mesurables ; et avancement des connaissances, où ces résultats génèrent de nouveaux financements, de nouveaux partenariats et de nouvelles questions qui relancent le cycle.
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Premières annonces
Programme EXASCALE pour le HPC et les Arts. Le laboratoire lance un cadre structuré pour les résidences et la recherche interdisciplinaire qui reliera les créatifs aux chercheurs en HPC pour explorer le potentiel artistique et scientifique du calcul à grande échelle, de l’IA et des technologies émergentes. La première résidence est prévue pour le second semestre 2026.
Réseau d’alliances institutionnelles. Aux côtés de collaborateurs historiques comme Sónar+D, HacTe et CCCB, le laboratoire intègre Ars Electronica —le festival d’art et de technologie le plus important au monde— et TBA21 Thyssen-Bornemisza Art Contemporary en tant que partenaires stratégiques futurs.
Conseil consultatif international. Composé de Andrea Faroppa (Sónar+D), Francesca Bria (experte en politique numérique européenne), Mónica Bello (Plateforme Dalí), Nils Gilman (Berggruen Institute) et de l’artiste transdisciplinaire Enrique Rosas, entre autres.
Un cas illustrant le modèle : la collaboration avec Maria Arnal
Trois années de travail conjoint entre le BSC et l’auteure-compositrice-interprète Maria Arnal démontrent le fonctionnement de la méthodologie. La collaboration a débuté en 2023 avec la commande de Maria Choir pour l’exposition « IA : Intelligence artificielle » du CCCB, une œuvre qui a reçu une mention honorable aux prix S+T+ARTS ; elle s’est poursuivie avec la résidence Impossible Larynx dans le cadre du programme européen S+T+ARTS AIR ; et a évolué vers l’installation interactive Expanded Voices (2025) et le matériel audiovisuel pour son album et spectacle AMA (2026).
Le processus a également produit une publication scientifique qui sera présentée cet été à la conférence SIGGRAPH (Los Angeles), avec des applications potentielles dans les industries musicale, du spectacle vivant et audiovisuelle, ainsi que dans la santé vocale et l’éducation.
L’événement de lancement
La présentation, qui s’est tenue dans la salle de théâtre du CCCB, a réuni des représentants institutionnels, des communautés artistiques, des partenaires internationaux et des administrations publiques. Parmi les intervenants figuraient Cristian Canton (directeur associé du BSC), Fernando Cucchietti (directeur du laboratoire), José María Cela (directeur du département CASE du BSC), Ricard Robles (fondateur de Sónar et membre du conseil consultatif) et José Luis de Vicente (fondateur de FAST et premier conservateur associé du laboratoire).
Mónica Bello (Plateforme Dalí et membre du conseil consultatif), Veronika Liebl (Ars Electronica) par vidéo, et Markus Reymann (TBA21) ont présenté les alliances stratégiques ; et Maria Arnal (chanteuse et artiste expérimentale) a partagé son expérience de collaboration.
Plus d’informations sur le BSC Creative Intelligence Lab : https://bsc.es/viz/cilab.pdf


















