Une étude de Geotab portant sur plus de 22 700 véhicules électriques révèle que les batteries conservent en moyenne 82% de leur capacité après huit ans. La recharge rapide à haute puissance double cependant le taux de dégradation annuel, tandis que les recommandations strictes sur les niveaux de charge s’avèrent moins contraignantes qu’annoncé.
Les données de plus de 22 700 véhicules électriques, analysées par la société de gestion de flottes Geotab, dessinent un portrait nuancé de la longévité des batteries lithium-ion. Si ces dernières démontrent une robustesse certaine dans des conditions d’utilisation réelles, un facteur émerge avec une clarté troublante : la fréquence d’utilisation des chargeurs rapides à haute puissance. L’étude, publiée en janvier 2026, couvre vingt-et-une marques et modèles différents, offrant ainsi un panorama représentatif du marché.
La recharge rapide, accélérateur d’usure
Le constat est sans appel. Les véhicules ayant largement recours à la recharge en courant continu à plus de 100 kilowatts subissent une dégradation annuelle pouvant atteindre 3%. Ce chiffre contraste fortement avec la moyenne de 1,5% observée chez les véhicules principalement rechargés en courant alternatif, plus lent. « La santé des batteries de véhicules électriques reste solide, même si les véhicules sont rechargés plus rapidement et déployés de manière plus intensive », nuance Charlotte Argue, directrice principale de la mobilité durable chez Geotab. Elle souligne cependant un changement de paradigme : « Ce qui a changé, c’est que le comportement de recharge joue désormais un rôle beaucoup plus important dans la vitesse de vieillissement des batteries ».
Cette tendance s’inscrit dans une évolution des pratiques. Au sein de la clientèle de Geotab, la part des sessions de recharge rapide est passée de moins de 10% à environ 25% en quelques années. Cette démocratisation de la puissance, bien que pratique pour les utilisateurs, introduit un compromis sur la durée de vie des accumulateurs.
Mythes et réalités sur l’entretien des batteries
L’étude apporte également un éclairage précieux sur d’autres paramètres souvent cités. Le climat, par exemple, a un effet mesurable mais modeste. Les batteries des véhicules circulant sous des climats chauds se dégradent seulement 0,4% plus vite par an que les autres.
Plus surprenant encore, les recommandations concernant les niveaux de charge semblent requérir un assouplissement. La règle dite « 20-80 », qui conseille de maintenir la batterie entre ces deux seuils pour préserver sa santé, ne s’avère critique que dans des cas extrêmes. Les données indiquent que seuls les véhicules passant plus de 80% de leur temps à un niveau de charge proche du plein ou du vide voient leur dégradation s’accélérer. Pour une utilisation quotidienne normale, une adhésion stricte à cette règle apparaît superflue.
Cette découverte pourrait simplifier la vie des propriétaires et des gestionnaires de flottes. « Pour les flottes, l’essentiel est de trouver l’équilibre », explique Charlotte Argue. « Utiliser la puissance de recharge la plus faible qui répond encore aux besoins opérationnels peut faire une différence mesurable pour la santé à long terme de la batterie sans limiter la disponibilité des véhicules ».
Une longévité globalement rassurante
Malgré l’impact de la recharge rapide, le tableau d’ensemble demeure positif. Le taux de dégradation moyen s’établit à 2,3% par an. À ce rythme, une batterie conserve environ 82% de sa capacité initiale après huit ans, une performance qui dépasse la durée de détention moyenne d’un véhicule par son premier propriétaire. Cette résistance confirme que les chimies et les systèmes de gestion thermique ont considérablement progressé.
Ces résultats arrivent à un moment charnière, alors que l’adoption des véhicules électriques s’accélère tant sur le marché des particuliers que sur celui des professionnels. La question de la longévité, souvent source d’inquiétude pour les acheteurs hésitant à abandonner le moteur thermique, trouve ici des éléments de réponse concrets, basés sur l’observation de parcs en activité.
L’étude de Geotab démontre que la durabilité des batteries n’est plus un pari technologique, mais devient un paramètre que l’utilisateur peut, dans une certaine mesure, influencer par ses choix de recharge.
Source : GeoTab











