Les ventes de pompes à chaleur résidentielles ont rebondi en 2025 dans seize pays européens, avec 2,63 millions d’unités vendues contre 2,38 millions l’année précédente. La reprise, attribuée à la stabilisation des subventions publiques et à la baisse des taxes sur l’électricité, porte le parc installé à environ 28 millions d’unités sur le continent.
Après une année 2024 marquée par une chute brutale de 23% des ventes qui avait ébranlé l’ensemble du secteur, le marché européen des pompes à chaleur affiche une nette reprise. Selon les données de l’Association européenne des pompes à chaleur (EHPA), douze des seize pays étudiés ont enregistré une progression de leurs installations en 2025. La dynamique positive s’explique principalement par la stabilisation des dispositifs de soutien public et la réduction des taxes sur l’électricité dans plusieurs États membres.
Une reprise inégale selon les pays
Le rebond des ventes présente des disparités significatives à travers le continent. L’Allemagne se distingue particulièrement, avec des pompes à chaleur représentant près de la moitié de tous les générateurs de chaleur vendus l’année dernière, établissant ainsi un record national. Au Royaume-Uni, les ventes ont progressé de 27% pour atteindre 125 000 unités. Cependant, ce sont les pays nordiques qui conservent leur avance historique, avec la Norvège, la Finlande et la Suède affichant plus de trente pompes à chaleur vendues pour mille foyers.
Paul Kenny, directeur général de l’EHPA, souligne l’importance des mesures fiscales : « Les pays européens doivent agir rapidement pour réduire les taxes sur les pompes à chaleur et l’électricité afin qu’elles deviennent le choix le plus compétitif ».
L’exemple nordique : une réponse aux climats rigoureux
Une idée reçue persiste concernant les performances des pompes à chaleur dans des conditions climatiques extrêmes. L’expérience des pays scandinaves démontre pourtant le contraire. En Suède, en Norvège et en Finlande, on compte aujourd’hui plus de quarante pompes à chaleur pour cent ménages, une densité supérieure à celle de tout autre pays au monde. Les appareils modernes fournissent trois à quatre fois plus d’énergie qu’ils n’en consomment en électricité, même lorsque les températures descendent bien en dessous de zéro.
Ce succès s’appuie sur des facteurs historiques structurants : une électrification précoce des territoires, une production hydroélectrique et nucléaire abondante, une infrastructure gazière minimale, et plusieurs décennies de politiques incitatives incluant la taxation carbone et des aides directes aux consommateurs. Les résultats sont tangibles : les énergies fossiles représentent désormais moins de 4% du chauffage en Norvège et seulement 20% en Suède.
La synergie avec le photovoltaïque
Les panneaux solaires présentent également des caractéristiques intéressantes dans les climats froids. Les températures basses réduisent la résistance électrique au sein des cellules photovoltaïques, permettant au courant de circuler plus efficacement. La production hivernale est généralement réduite de 40 à 60 % par rapport aux mois d’été en raison des journées plus courtes et de l’enneigement potentiel, bien que l’impact exact varie selon la localisation et la conception du système.
La capacité photovoltaïque totale de l’Union européenne a atteint environ 406 gigawatts en 2025, dépassant ainsi l’objectif stratégique de 380 GW fixé par les institutions européennes. La progression ouvre des perspectives de complémentarité énergétique. L’association de panneaux solaires en toiture avec des pompes à chaleur est de plus en plus considérée comme une combinaison stratégique. La production solaire en journée alimente directement les pompes à chaleur, réduisant ainsi la dépendance au réseau pendant les pics de demande hivernaux.
L’intégration dans les réseaux urbains
Certaines villes nordiques ont développé des approches innovantes d’intégration à grande échelle. Copenhague et Stockholm ont incorporé des pompes à chaleur dans leurs réseaux de chauffage urbain, utilisant le stockage thermique saisonnier pour équilibrer la production d’énergie renouvelable tout au long de l’année. Ces systèmes permettent de valoriser les excédents de production estivale pour répondre aux besoins de chauffage hivernaux.
Alors que la Commission européenne prépare sa future stratégie en matière de chauffage et de refroidissement ainsi que son plan d’action pour l’électrification, le modèle nordique offre un exemple concret. Il démontre qu’un soutien politique constant, une tarification compétitive de l’électricité et la confiance des consommateurs dans la technologie pourrait permettre le développement de solutions de chauffage décarbonées, même dans les climats les plus exigeants.

















