Solaire : “sécuriser juridiquement les prochains appels d’offres”

Le 17 janvier dernier, lors de la séance de questions à la chambre haute du Parlement français, le sénateur – MoDem – de la somme, Marcel Deneux a interpellé la Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, Delphine Batho pour obtenir des précisions sur l’objectif à 2020 de la filière photovoltaïque française.

"Madame la ministre, vous avez annoncé, le 7 janvier dernier, des mesures d’urgence pour la relance de la filière photovoltaïque française, afin d’atteindre un objectif annuel de développement de projets solaires pour une puissance d’au moins 1 000 mégawatts en France en 2013" a tout d’abord indiqué Marcel Deneux.

Et d’ajouter ensuite : "Cet objectif est très ambitieux en comparaison du précédent, fixé à 500 mégawatts. Sur le fond, je ne peux que souscrire à l’impulsion que vous souhaitez donner à la filière. La transition énergétique ne se fera que par le développement de tous les types d’énergie renouvelable : le solaire sous toutes ses formes, l’éolien, la biomasse, la géothermie, sans oublier l’hydraulique."

"Avec ce plan, vous proposez notamment de revaloriser de 5 % le tarif d’achat pour les installations d’une puissance inférieure à 100 kilowatts en intégration simplifiée au bâti, de bonifier les tarifs en fonction du lieu de fabrication des modules – jusqu’à 10 % si ces derniers sont d’origine européenne – et de lancer de nouveaux appels d’offres pour les grandes installations d’une puissance supérieure à 250 kilowatts."

"À la fin du mois de septembre 2012, la puissance raccordée au réseau était de l’ordre de 4 000 mégawatts. Or l’actuel objectif de la programmation pluriannuelle des investissements – PPI – pour le photovoltaïque est de 5 400 mégawatts. Cette puissance sera vite atteinte, peut-être même dès l’année prochaine. Selon le code de l’énergie, l’autorité administrative ne peut lancer des procédures d’appel d’offres que si les capacités de production installées ne répondent pas encore aux objectifs de la PPI."

"Pour progresser, il me semble donc important de sécuriser juridiquement les prochains appels d’offres. Aussi, madame la ministre, comment comptez-vous réviser, dans la PPI, l’objectif pour 2020 en matière de photovoltaïque ? Enfin, pouvez-vous nous préciser si ces mesures sont compatibles avec nos engagements européens et comment elles s’inscrivent dans l’objectif européen « 3 x 20 en 2020 » ?"

La réponse intégrale de Delphine Batho a été la suivante :

"Monsieur le sénateur, le Gouvernement a en effet pris des mesures d’urgence pour soutenir la filière photovoltaïque française, dans le contexte du débat national sur la transition énergétique dont résulteront un certain nombre de mesures destinées à nous permettre d’atteindre l’objectif fixé par le Président de la République, à savoir que la moitié de la production d’électricité soit obtenue à partir d’énergies renouvelables à l’horizon 2025."

"Le débat national devra déboucher sur une loi de programmation qui permettra de réviser la PPI pour l’ensemble des énergies renouvelables, afin d’atteindre cet objectif et de donner aux entreprises le cadre stable, durable et prévisible dont elles ont besoin."

"Dans ce cadre, sans attendre les résultats du débat et au regard de la situation de nos entreprises, nous avons pris trois mesures."

"Tout d’abord, nous avons lancé un appel d’offres – parfaitement sécurisé sur le plan juridique, monsieur le sénateur – portant sur les technologies de pointe des grandes installations photovoltaïques, domaine dans lequel les entreprises françaises disposent d’une avance technologique. Ensuite, nous avons relancé des appels d’offres automatiques pour les moyennes installations, avec un cahier des charges révisé qui intègre, notamment, le bilan carbone des panneaux photovoltaïques. Enfin, nous avons prévu l’évolution des tarifs de rachat pour les petites installations : celles d’entre elles qui respectent un ou deux critères européens liés à la production ou à l’assemblage bénéficient d’un système de bonification."

"Ces textes sont parfaitement conformes au code de l’énergie, qui prévoit des systèmes de primes au tarif de rachat lorsque cela correspond aux objectifs de la politique de l’énergie en matière soit de lutte contre l’effet de serre, soit de technologie et de compétitivité économique. Tel est bien l’objectif des mesures prises par le Gouvernement : soutenir à la fois le développement de l’énergie photovoltaïque, qui est une énergie renouvelable, nos entreprises ainsi que les créations d’emploi dans cette filière, et ce sans attendre l’adoption de la prochaine loi de programmation, qui répondra à vos préoccupations en matière de programmation pluriannuelle des investissements."

La réplique de Marcel Deneux a été la suivante :

"Je vous remercie de votre réponse, madame la ministre ; elle éclaire quelque peu ce dossier.

J’étais rapporteur, il y a trois ans, du paquet énergie-climat, qui s’est traduit par une directive européenne. Je veillerai donc tout particulièrement à ce que la politique française en ce domaine reste bien « dans les clous », de manière que notre pays soit crédible lorsqu’il s’agira de se doter, enfin, d’une véritable politique énergétique européenne."

Articles connexes

S’abonner
Notification pour
guest
10 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Robert

Non, c’est faux, Delphine Batho n’a pour le moment rien mis en place. Les professionnels du solaire attende toujours.

Robert

Edit : déolsé pour la faute, “attendent toujours”

Pas naif

La ministre a dit “la moitié de la production d’électricité soit obtenue à partir d’énergies renouvelables à l’horizon 2025.” Comme l’hydraulique compte de nos jours pour 14% du total, il sera vers 12% en 2025 vu l’augmentation inéluctable de la consommation générale et l’absence de sites de tailel à équiper (à moins que nos chers écolos rêveurs se mettent à taillers de grands lacs dans nos montagnes..). Donc les EnR fourniront 50-12=38% du total. Un cacul simple montre qu’il faudrait installer 190GW de PV+éolien pour y arriver (SUR LE PAPIER). Comme l’autre moitié sera nucléaire (parc de 63GW réduit à 41GW selon M. Hollande), cela veut dire que toutes les centrales thermiques modernes actuelles (CCG) seront stoppées. Donc avec un beau réseau vert de 190GW EnR, 41GW nucléaire (à tuer) et 25GW Hydraulique, soit 74% de la puissance installée en EnR erratiques, rien ne fonctionnera car la physique des réseaux (encore elle hélas) impose qu’au delà de 15% de sources erratiques (un peu plus avec des réseaux intelligents et surtout des clients domestiques très experts et compréhensifs) le réseau ne sera jamais stable et les pannes fréquentes. Alors avec 74% d’erratique et seulement 5% d’hydraulique modulable, cela sera la java ! Achetez des groupes électrogènes personnels si vous ne voulez pas perdre le contenu de votre congélateur. Ce qu’on va rigoler..! Vous n’y croyez pas? Les allemands ont déjà atteint les 10% d’EnR erratiques; ils doivent déjà parfois les sacrifier à prix de vente négatifs. Idem pour les danois qui ne peuvent à peine utiliser localement qu’un gros tiers de leur production éolienne (équivalente à 29% de leur consommation annuelle). On voit tous qu’au delà de 10% d’EnR effectivement utilisables localement, le reste doit être sacrifié, exporté (s’il y a des réseaux capables de les avaler, mais quand tous auront commis la même erreur, il n’y en aura plus aucun). Quand aux surcoûts, mieux vaut ne pas y penser qua,nd on a sa danseuse…

crolles

A cette heure ou j’écris, les arrètés concernant les tarifs d’achat pour le 4eme trimestre 2012 ne sont pas encore paru. La notion d’urgence n’est manifestement pas la meme pour tous 🙁 Sans compter que Mme Batho ne connais pas les objectifs ENR à horizon 2025 . Ou alors une erreur de transcription. Cdlt

Tech

qu’elle s’occupe déjà defaire payer edf Obligation d’Achat qui est en retard quelquefois de près d’un an!!! sur ses factures! c’est une honte. cet argent pourrait être réinvesti par les particuliers et pourrait faire tourner le compteur PIB consommation et emploi.

Tresnaif

Vous n’en avez pas marre de déverser votre ingorance et votre mépris de ce qui n’est pas nucléaire à longueurs de journées sur ce forum? Utilisez votre retraite de Framatome à faire des choses utiles pour l’avenir de vos petits enfants plutôt que de râler bêtement et d’essayer sans utilité de retarder les évolutions indispensable de notre société. VOUS avez fait des erreurs que NOUS supportons tous aujourd’hui, ayez au moins la décence de vous taire. Et au passage l’Allemagne est à 20% d’ENR intermittentes, l’Espagne à 25% et à même dépassé les 60% d’éolien sur son réseau 3 fois en 2012 sans aucun souci, le tout avec 4 à 5% de solaire en plus… Le Danemark à dépassé pour la première fois les 90% cet hiver sans problème non plus. Soyez rassuré, en 2025 nous ne serons pas à 50% d’ENR mais à peine à 40% et les 10% de thermique serons toujours là pour gérer notre éolien+solaire, avec de la géothermie, des énergies marines, de la biomasse, du biogaz, de l’hydraulique, davantage d’interconnexions, une consommation maîtrisée et plus intelligente (n’en déplaise aux dinosaures de votre genre) et… du nucléaire en semi-base!

Dan1

A Tech. “qu’elle s’occupe déjà defaire payer edf Obligation d’Achat qui est en retard quelquefois de près d’un an!!! sur ses factures!” C’est une demie honte, car le retard de paiement d’EDF-OA (dont j’ignore globalement les montants et les délais) n’est qu’une facette de l’énorme problème de la CSPE et en particulier des compensations des obligations d’achat dont nous savons que le déficit se chiffre en milliards pour EDF (les fameux 5 milliards dont nous parlions il n’y a pas si longtemps). Le gouvernement a reconnu que le montant de la CSPE n’avait pas suivi l’emballement incontrôlé des obligations d’achat d’ENR et notamment du photovoltaïque. Peut être qu’en 2016 ou 2018, le système sera de nouveau à l’équilibre.

jmdesp

Vous faites des efforst pour mériter votre pseudo. Les chiffres de l’AGEB donnent pour l’Allemagne en 2012 (chiffres non définitifs) 21,9 d’énergie renouvelables, mais dont 3,3 d’hyrdaulique, 5,8 de biomasse, et 0,8 à partir des déchets. On a plus que 7,3% d’éolien vraiment imprévisible, les 4,6 de photovoltaïque, même s’ils ne sont pas idéal à gérer à cause des variations importantes de niveau d’un jour sur l’autre, ayant un pic horaire quand même extrêmement prévisible. L’Espagen est monté jusqu’à un poucentage qui par pic est très important mais la moyenne sur l’année reste autour de 20%, et déjà les exportations, l’hydraulique, le pompage, la modulation du gaz et du charbon sont tous mis à contribution pour suivre. Mais aujourd’hui le blocage est surtout financier, l’autorité électrique n’arrivant plus à payer les fournisseurs (plusieurs dizaines de milliards de paiement en retard), et les nouveaux déploiement sont bloqués)

Tresnaif

Effectivement cje me suis planté sur l’Allemagne mais on est bien au-dessus du chiffre de 10% et cela va encore s’amplifier cette année. Les ENR intermittentes ont représenté 13% de la cono et 12% de la production en 2012 D’ailleurs voici un travail très intéressant à ce sujet : Quand à l’Espagne avec 20% on est largement au dessus de cette soi-disant limite de pas naif qui ne repose sur rien. EDF parle en France, dans les zones non interconnectées, de 30%! Alors dans les zones interconnectées, et disposant d’hydro et de gaz pour compenser, on doit pouvoir atteindre nos objectifs de 10% d’ENR intermittentes en France sans aucun problème technique. Et largement le dépasser. 50% en 2025, pourquoi pas? ça fait un beau défi et de belles filières à créer. Je vote pour.

enerZ

Vous contrevenez aux règles du forum : 1: merci d’arrêter d’utiliser des pseudos différents du style @dan, @bruno, Vous avez déjà commenté sous 1 centaine de pseudos !!! 2: ce forum n’a pas pour objet principal de faire la promotion de blogs ou de sites spécialisés. Les liens de ce type seront systématiquement supprimés. Le modérateur

10
0
Laissez un commentairex