La communauté d’agglomération du Gard Rhodanien a validé le 9 février 2026 la reconversion du site de L’Ardoise en unité de production de carburants synthétiques. Porté par MGH Energy avec un investissement d’un milliard d’euros, ce projet doit créer 200 emplois permanents et produire 120 000 tonnes annuelles de carburants pour l’aviation et le maritime à partir de 2031.
Le Gard Rhodanien tourne une page industrielle. Vingt-deux ans après la fermeture définitive de l’usine UGINE ACIERS, le site de L’Ardoise, classé France 2030, s’apprête à renaître sous une forme radicalement différente. La décision prise le 9 février 2026 par le conseil communautaire marque le début d’une transformation majeure pour ce territoire, qui mise désormais sur les carburants de synthèse pour son avenir économique.
Une ambition à un milliard d’euros
Le projet porté par MGH Energy représente un engagement financier considérable. L’investissement d’un milliard d’euros couvrira l’ensemble du processus, depuis les études techniques jusqu’à la mise en exploitation de l’unité industrielle. La somme colossale injectée montre la confiance des acteurs dans le potentiel de cette technologie émergente.
Les retombées économiques s’annoncent substantielles. Durant la phase de construction, plus de 400 emplois directs seront créés. Une fois l’usine opérationnelle, environ 200 postes permanents seront maintenus. « Ce projet illustre notre volonté commune de reconvertir une friche industrielle en hub stratégique de production de carburants durables adossé au Rhône », souligne Jean Christian Rey, président de la communauté d’agglomération.
Une production à double finalité
L’unité, dont la mise en service est prévue pour 2031, aura une capacité de production annuelle de 120 000 tonnes de carburants synthétiques, répartis entre :
- 70 000 tonnes d’e-kérosène pour le transport aérien
- 50 000 tonnes d’e-méthanol pour le secteur maritime
L’orientation répond directement aux besoins de décarbonation de deux secteurs particulièrement émetteurs de gaz à effet de serre. L’aviation et le maritime, confrontés à des obligations réglementaires croissantes, cherchent activement des alternatives aux combustibles fossiles traditionnels.
Une technologie basée sur l’électricité décarbonée
La production de ces carburants synthétiques reposera sur un procédé technique spécifique. Trois éléments principaux entreront dans leur fabrication :
- De l’électricité bas carbone
- De l’hydrogène vert produit par électrolyse de l’eau
- Du dioxyde de carbone
La combinaison proposée permet théoriquement de réduire significativement l’empreinte carbone des carburants produits, par rapport à leurs équivalents fossiles. Le choix du site n’est pas anodin : sa localisation au bord du Rhône offre un accès privilégié à la logistique fluviale et ferroviaire existante, limitant ainsi l’impact environnemental du transport des matières premières et des produits finis.
Un enjeu de souveraineté énergétique
Au-delà des aspects techniques, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large. « Ce projet associe innovation technologique, souveraineté énergétique et ancrage territorial fort », précise Jean Christian Rey. La France cherche en effet à développer ses capacités de production de carburants alternatifs pour réduire sa dépendance aux importations.
Yves Cazorla, maire de Laudun L’Ardoise, insiste sur la dimension humaine de cette reconversion : « 22 ans après l’arrêt définitif d’UGINE ACIERS, il fallait faire preuve de courage politique pour redonner vie à ce site stratégique. Nous avons pris nos responsabilités, avec une volonté claire : réintroduire une activité innovante, créer de l’emploi pour nos jeunes et impulser une dynamique économique au service de tout notre territoire. »
Un calendrier qui s’annonce chargé
La décision du 9 février 2026 ne constitue que la première étape d’un processus long et complexe. Avant la mise en service prévue en 2031, plusieurs phases cruciales devront être franchies :
- Les études techniques approfondies
- Les procédures administratives et réglementaires
- Les travaux de construction proprement dits
- Les phases de concertation avec les citoyens
- L’enquête publique obligatoire
Jean-Michel GERMA, président de MGH Energy, voit dans cette attribution de terrain « un moment fondateur qui nous donne une base concrète de collaboration avec nos parties prenantes, partenaires, acheteurs et fournisseurs ». L’entreprise invite désormais ces acteurs à se rapprocher d’elle pour contractualiser leurs relations.
Plusieurs initiatives similaires voient le jour en Europe, mais l’échelle et le calendrier du projet français en font un cas d’étude particulièrement intéressant. Sa réussite ou son échec pourrait influencer la trajectoire de la filière industrielle naissante, à un moment où la transition énergétique impose de trouver rapidement des solutions pour décarboner des secteurs difficiles à électrifier directement.
Source : /CP MGH Energy



















