Samedi 5 juin, sur le circuit Fuji Speedway au Japon, Toyota a engagé sa GR Corolla H2 Concept #32 dans la troisième manche de l’ENEOS Super Taikyu Series 2026. Pour la première fois, une voiture de course utilise une pompe à hydrogène liquide dotée d’un moteur supraconducteur, technologie qui exploite le froid extrême du carburant pour fonctionner sans résistance électrique.
Le départ a été donné samedi 5 juin sur le Fuji Speedway, au pied du mont Fuji. Parmi les concurrents des 24 Heures de Fuji, épreuve d’endurance parmi les plus exigeantes du calendrier japonais, une machine retient l’attention : la GR Corolla H2 Concept #32. Toyota Gazoo Racing y expérimente une pompe à hydrogène liquide supraconductrice, exploit qui n’avait encore jamais été tenté en compétition automobile.
Une pompe refroidie par le carburant lui-même
L’hydrogène liquide est stocké à une température de -253 °C. Un froid polaire qui crée, de fait, les conditions nécessaires à la supraconductivité. Plutôt que d’utiliser un moteur de pompe conventionnel placé au-dessus du réservoir, les ingénieurs de Toyota ont conçu un moteur supraconducteur fonctionnant directement dans un environnement cryogénique. L’ensemble du groupe de pompage a ainsi migré vers l’intérieur du réservoir, libérant un volume précieux.
Résultat : la capacité du réservoir passe de 220 à 300 litres, soit un gain supérieur à 30 % par rapport à la configuration utilisée lors des dernières courses de la saison 2025 du Super Taikyu. Le déplacement du moteur vers le bas du châssis abaisse aussi le centre de gravité du véhicule, une modification dont Toyota attend une amélioration des performances dynamiques en piste. L’architecture retenue élimine par ailleurs les contraintes liées à un moteur externe, simplifiant la conception globale du système de carburant.
La transmission automatique directe fait ses débuts à l’hydrogène
L’épreuve de Fuji associe pour la première fois la transmission automatique directe (DAT) à un moteur à hydrogène. Développée pour atteindre ou dépasser la rapidité d’une boîte manuelle, la DAT permet aux pilotes de se concentrer exclusivement sur les trajectoires et le freinage, sans avoir à gérer les passages de vitesses. Apparue sur la GR Corolla 2026 de série, la transmission n’avait jusqu’alors jamais équipé un véhicule fonctionnant à l’hydrogène. L’utilisation en endurance constitue un test rigoureux de fiabilité, les 24 Heures soumettant chaque composant à des sollicitations extrêmes.

Fuji, laboratoire de la décarbonation depuis 2023
Toyota a présenté la GR Corolla à hydrogène liquide pour la première fois lors des 24 Heures de Fuji en 2023. Depuis, la plateforme a connu des évolutions progressives, rythmées par le calendrier sportif. La transition de l’hydrogène gazeux vers le liquide a constitué une première étape, suivie de la mise au point de technologies de combustion haute performance. Les ingénieurs ont ensuite travaillé à la conception de pompes capables de fonctionner en continu à pleine puissance, condition indispensable pour la compétition.
La pompe supraconductrice avait été dévoilée lors de la dernière manche de la Super Taikyu Series 2025, avant son engagement effectif en course le week-end du 5 juin. Chaque itération bénéficie du retour d’expérience accumulé en conditions réelles, loin des simulations de laboratoire. Le constructeur nippon inscrit la démarche dans une stratégie multi-voies visant la neutralité carbone, où l’hydrogène côtoie l’électrique et les carburants synthétiques.
« En perfectionnant ses voitures dans les conditions extrêmes de la compétition automobile, Toyota continue de repousser les limites du potentiel des automobiles », indique le communiqué officiel. La GR Corolla H2 Concept témoigne d’une approche où la piste sert de juge de paix pour les innovations destinées, à terme, à la route.
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