Le préfet de Seine-Saint-Denis et la directrice régionale de l’ADEME Île-de-France ont signé, le 10 juillet, une convention d’aide de 30,2 millions d’euros pour le projet « Clichy Livry Chaleur ». Ce réseau de chaleur urbain, alimenté par géothermie profonde sur les communes de Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan, doit raccorder 11 000 foyers et atteindre 87 % d’énergie renouvelable, tout en réduisant la facture énergétique des habitants.
Le chauffage, le refroidissement et l’eau chaude sanitaire des bâtiments résidentiels et tertiaires absorbent 67 % de la consommation d’énergie finale en Île-de-France. Pourtant, les énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) n’en couvrent que 12 %. Dans ce déséquilibre tenace, la Seine-Saint-Denis franchit un palier : le projet « Clichy Livry Chaleur » vient d’obtenir un financement public de 30,2 millions d’euros, soit 35 % d’un investissement total porté par Dalkia, en partenariat avec 2gré (filiale du groupe Arverne) et Île-de-France Energies & Territoires.
Un doublet géothermique pour 11 000 logements
Opéré dans le cadre d’une délégation de service public de trente ans, le projet repose sur la réalisation d’un doublet géothermique couplé à des pompes à chaleur, ainsi que sur le déploiement d’un réseau de distribution de chaleur long de 28,7 kilomètres. L’objectif : réhabiliter l’infrastructure existante de Clichy-sous-Bois et l’étendre jusqu’à de nouveaux quartiers, notamment la ZAC du Bas Clichy et le centre de Livry-Gargan. Dès 2031, l’installation doit générer environ 105 GWh par an et alimenter l’équivalent de 11 000 foyers, dont une large part de logements sociaux.
À l’issue des travaux, le taux d’énergie renouvelable ou de récupération atteindra 87 %, faisant du réseau un outil presque entièrement décarboné. Les émissions évitées sont estimées à 23 250 tonnes d’équivalent CO2 par an, soit les rejets annuels d’environ 15 000 voitures.

Une réponse structurelle à la précarité énergétique
Territoire particulièrement exposé aux tensions sur les prix de l’énergie, la Seine-Saint-Denis attend de cette réalisation des bénéfices tangibles. Le recours massif à la géothermie, source locale et peu dépendante du gaz, garantit un prix de la chaleur maîtrisé dans la durée. Le raccordement de 3 000 logements sociaux est également prévu, en priorité dans le quartier du Bas-Clichy, qui fait l’objet depuis 2015 d’une opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national. Un accompagnement spécifique des copropriétés fragiles complète le dispositif : audit énergétique, optimisation des installations et incitations tarifaires pour réduire les consommations.
« Avec ce soutien de 30,2 millions d’euros, l’État réaffirme son engagement en faveur d’une transition écologique concrète et ancrée dans les territoires. Ce projet illustre la volonté de l’État d’accélérer le développement des énergies renouvelables tout en apportant des bénéfices directs aux habitants : une chaleur locale, décarbonée et moins dépendante des énergies fossiles, au service du pouvoir d’achat et de la résilience énergétique de la Seine-Saint-Denis. »
Un dispositif d’accompagnement renforcé pour les collectivités
L’aide accordée s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis 2022, le Fonds Chaleur, opéré par l’ADEME, a soutenu 34 projets sur le département, représentant plus de 107 millions d’euros d’aides et près de 440 millions d’euros d’investissements.
Pour amplifier ce mouvement, l’ADEME a lancé en 2025 le Réseau Chaleur Renouvelable en Île-de-France, destiné à sensibiliser les collectivités et les entreprises aux solutions disponibles. Les animateurs « chaleur renouvelable » proposent aux maîtres d’ouvrage, publics comme privés, des conseils personnalisés pour identifier les technologies les plus adaptées : chaleur fatale, géothermie, solaire thermique ou encore biomasse.
Source : LHYFE
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