Les volcans, une source d’énergie inépuisable

Parsemée de volcans, l’Amérique centrale cherche de plus en plus à canaliser son énergie géothermique profonde à haute température afin de développer la filière des énergies alternatives, une tendance à la hausse sur le continent sud américain depuis quelques années.

Avec ses 34 volcans, le Guatemala espère ainsi couvrir au moins 60% de ses besoins énergétiques à partir de sources hydroélectriques et géothermiques d’ici à 2022 (soit 1000 MW).

La géothermie profonde est une source d’énergie contenue dans des réservoirs localisés généralement à plus de 1000 mètres de profondeur et dont la température est supérieure à 100 °C. A partir de ces températures élevées, il est possible de produire de l’électricité grâce à des turbines à vapeur et de la chaleur avec la récupération des condensats de la vapeur.

Plus l’on fore profond dans la croûte terrestre, plus la température augmente. L’eau et la vapeur sont apportées dans des poches souterraines remplies de lave, dont la chaleur permet de faire monter la pression des fluides à l’intérieur des tubes de canalisation.

En exploitant la chaleur et la vapeur d’eau emprisonnées au plus profond sous le volcan toujours actif du Pacaya, le Guatemala dispose à ce jour de deux installations géothermiques (20 MW) capables de produire une énergie propre.

Ce type d’installation demeure soutenu par les associations écologistes car il ne nécessite aucune modification du paysage à contrario des barrages hydroélectriques. En effet, ces derniers sont mal perçus par la population guatémaltèque car ils rappellent encore le massacre du barrage Chixoy en 1983, organisé par les groupes militaires et paramilitaires où au moins 4 milles personnes avaient été assassinées. Un autre argument en défaveur des barrages : ils restent vulnérables aux tempêtes et ouragans, qui frappent la région de manière récurrente.

Enfin, le Guatemala offre des allégements fiscaux aux entreprises qui construiront des centrales géothermiques. D’autres pays comme le Salvador, le Nicaragua et le Costa Rica s’intéressent également au développement de l’énergie géothermique.

Le Nicaragua s’y met aussi :

Un prêt de 40 millions de dollars a été accordé en août dernier par la Banque interaméricaine de développement (BID) pour financer l’extension de la seconde phase du projet d’énergie géothermique de San Jacinto-Tizate, lequel est actuellement développé par l’entreprise privée Polaris Energy Nicaragua.

Une fois finalisée, la centrale produira 72 MW (nets), augmentant ainsi de 7% la capacité génératrice d’électricité du Nicaragua. Le tout se fera grâce à une source renouvelable qui fournit un approvisionnement stable et à bas coût.

San Jacinto-Tizate est considérée comme l’une des meilleures sources géothermiques en exploitation au monde.

En tant que seconde centrale géothermique en fonctionnement au Nicaragua, ce projet devrait contribuer à démontrer la viabilité de cette source renouvelable et stimuler l’investissement privé dans la production d´électricité.

Le projet appuie les efforts faits par le Nicaragua pour modifier la structure de son industrie électrique.

Comme le Guatemala, le Nicaragua cherche à croître la part totale des abondantes ressources géothermiques afin de que celles-ci passent désormais à représenter 15% du total des capacités structurelles. Un autre objectif du gouvernement nicaraguayen est d’arriver à générer 86% de son électricité à partir de sources renouvelables dès 2014.

La finalisation des travaux de la seconde phase du projet est programmée pour décembre 2011 avec un coût estimé à 177 millions de dollars. Celui-ci sera cofinancé par un groupe d´institutions multilatérales de crédit entre lesquelles se trouve la BID.

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16 Commentaires sur "Les volcans, une source d’énergie inépuisable"

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Pastilleverte
Invité

une bonne nouvelle ! je pense que Michel123 sera d’accord avec moi. Une énergie abondante, renouvelable (en réinjectant l’eau dans le “doublet”, raisonnablement “propre”, avec le seul défaut de demander un investissement de départ élevé, bien qu’inférieur au nuke (+ quelques problèmes techniques encore à régler)

moise44
Invité
“Plus l’on fore profond dans la croûte terrestre, plus la température augmente. L’eau et la vapeur sont apportées dans des poches souterraines remplies de lave, dont la chaleur permet de faire monter la pression des fluides à l’intérieur des tubes de canalisation.” Je voudrais bien savoir si l’eau ou vapeur en sortie est chargée de quelques choses ou pas ? Sans doutes que oui, mais quoi ? Par ailleurs, pastilleverte,sa chez qu’il “n’existe pas d’énergies propres ou sales, mais que c’est toujours la dose qui fait le pison !” dixit janco Enfin, je voudrais tout de même savoir quel est… Lire plus »
michel123
Invité
Si je suis d’accord , 3 fois oui. Une filière à développer de toute urgence . Elle est inépuisable , ne demande qu’une faible emprise au sol , exploite la chaleur dégagée par la radioactivité naturelle du sous sol (Une sorte de grande centrale nucléaire naturelle ) Les points noirs ? Il y en a évidemment 1- le prix des forages qui allourdit terriblement l’investissement initial , d’autant plus chers que la chaleur est située en profondeur . Pour la france métropolitaine c’est à 5000 M de profondeur qu’il faut aller chercher les hautes températures 2- La fracturation des roches… Lire plus »
Jihemnet
Invité

On sait au moins que l’énergie hydroélectrique du Guatemala est plutôt sale, 4000 victimes, un génocide de + au crédit des régimes totalitaires sud-américains, largement soutenus par les grandes “démocraties” occidentales. Il semble que la technique utilisée fonctionne en circuit fermé (tube de canalisation), l’eau d’une chaudière n’est pas polluée par le gaz ou le charbon qui la chauffe. Vous confondez avec la technologie du cracking qui utilise les réseaux créés artificiellement où l’eau est en contact avec la roche… Technique aberrante quand on sait forer des mines à 4000m de profondeur et les rendre viables.

suntep
Invité
pour ma part mes générateurs solaires sont pourvus en matériels allemands… mmh… ça reste un crime ? pas assez chauvin ? blague à part, dans le solaire comme dans tout autre secteur chacun fait ses choix en son ame et conscience (travailler en qualité Vs maximiser le profit), j’ai préféré faire moins mais mieux. après n’en déplaise à michel j’ai pris le parti de bosser là où on peut avancer sur du concret en tant qu’acteur économique, i.e. dans une filière en phase d’expansion plutôt qu’au stade expérimental. on peut toujours réajuster, la régulation est nécessaire, mais je ne suis… Lire plus »
Rebelle
Invité

il est toujours très intéressant de lire les commentaires de gens avisés au fait des technologies nouvelles … mais de grâce surveillez un tantinet votre orthographe et votre syntaxe!! Moise-44 …  un petit effort de relecture ..ce serait sympa.   merci vieux!!

michel123
Invité

ce n’est pas une erreur. La technique necessite trois ou 4 forages , un puits d’injection et trois puits de récupération qui sont forés en oblique jusqu’à 2000 m puis droit jusqu’à 5000 mètres . L’eau circule dans les fissures granitiques faites lors de la phase de stimulation par fracturation sous pression puis élargissement chimique . Le “plein” d’eau est fait au début puis l’eau circule en circiut fermé mais au contact de la roche , seuls les premiers 1000 m sont tubés sinon la circulation entre les forages ne pourrait se faire .

Sicetaitsimple
Invité
je pense que les acteurs (futurs) de la filière solaire n’ont pas à être inquiets.. Tout est question de timing, mais au-delà de 2020 se sera et certainement très facilement “la” filière. Des performances augmentées, des coûts diminués, une acceptation facile…Par contre, il faudra que le système electrique s’adapte, parce que malgré tout le solaire (PV) c’est le jour et surtout en été… La géothermie sera aussi certainement dans ce cas, mais c’est le contraire(production de base)…et c’est plus loin à mon avis pour un déploiement massif… Mais bon, il y a une certaine complémentarité.Maturité (en dehors des pays spécialement… Lire plus »
Jihemnet
Invité

C’est vrai pour le chantier expérimental de Soultz… qui utilise la technique très controversée du “cracking”. Mais d’autres techniques, moins expérimentales, dans le bassin parisien notamment et ailleurs dans le monde, fonctionnent en circuit fermé en profitant de l’échange thermique à des températures de 200° et +, adaptées à la production de chauffage urbain et d’électricité, à des profondeurs inférieures à 2000m.

michel123
Invité

Il s’agit de récupérer les calories d’une nappe phréatique existante. Cette technique facile et peu chère necessite la présence d’une nappe phréatique chaude peu profonde . De l’eau chaude à plus de 100 degré disponible en grandes quantités pour produire de l’électricité ce n’est pas si fréquent que cela. On trouve surtout des eaux à 60 – 70° utilisables localement pour le chauffage , usage intéressant , mais qui ne règle pas notre besoin massif d’électricité pour décarbonner les transports , l’industrie et le chauffage .

Pastilleverte
Invité
bien évidemment, la géothermie (ou plutôt devrait-on dire “les ” géothermies), pas plus que le PV ne sera “la” solution EnR. Tout le “mal” qu’on peut souhaiter au PV, c’est de baisser ses coûts et pollutions induites de fabrication, ergo ses coûts d’acquisition, et de trouver des solutions de stockage “abordables”, y compris pour de l’individuel, moyennant quoi, le PV devient(dra) “une” des bonnes solutions des EnR, et sans avoir besoin de 3 niveaux de subvention (fiscal, aides, rachat). Dans certains cas très localisés, l’éolien sera un complèment (oui, je sais c’est plus parti pour couvrir le moindre coin de… Lire plus »
Envircinq
Invité

Pourquoi la géothermie ne se développe pas plus sur l’arc antillais et notamment en Martinique et Guadeloupe? Nous devrions avoir moins de mal que le Guatemala et le Nicaragua pour trouver des financements, manque de volonté?

Nature
Invité

La question a-t-elle été examinée à propos de notre Massif central? Volcanisme ,certes éteint mais avec des persistances:voir Chaudes-Aigues. L’eau y sort à 83 °. Une energie éternelle ,aussi gratuite que le vent. Et nous avons une longue expérience minière.

Sicetaitsimple
Invité

Quand je disais “la” filière, je pensais en volume et en croissance, à un horizon d’une dizaine d’année….Il n’y avait pas d’idée de l’opposer à une autre. Aujourd’hui, c’est l’éolien, demain le solaire, la géothermie à grande échelle, sauf dans quelque coins particulièrement privilégiés, c’est plutôt pour après-demain.

Guydegif(91)
Invité
Je re-insiste sur la considération d’un BOUQUET de Solutions EnR: pas monter l’une contre l’autre, les considérer en // en fonction des possibilité du lieu, des ressources (vent ou soleil ou autre), des difficultés et aléas…et les exploiter en COMPLéMENTARITé ! Géothermie, oui trop souvent des calories et des MWh électriques liassés en jachère et qui pourraient être exploités n’étaient nos lourdeurs administratives, qqs blocages idéologiques (dans le 974), qqs non-volonté, molesse, frilosité… Oui, la région de nos volcans d’Auvergne du côté de Aigues-Chaudes, du côté de nos centres de Bains thermaux sur le territoire, Martinique, Guadeloupe, Réunion…..on pourrait en… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité
Vous pouvez réinsister avec raison sur la necessité du BOUQUET, le seul problème c’est que quand vous allez chez le fleuriste pour une composition, il y a des fleurs abordables et des fleurs très chères. Et donc,si vous êtes raisonnable( ou que vous avez des moyens limités) vous choisissez une ou deux fleurs chères au milieu de plus de fleurs abordables. Les ENR, c’est pareil: il y en a (en 2010) des abordables ( l’éolien onshore, mais ça pose des problèmes d’acceptabilité), d’autres très chères mais dont on peut penser qu’elles ont à court terme (sur 10 ans) un potentiel… Lire plus »
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