L’extraction du gaz de schiste, un processus compliqué

Tandis que l’extraction du gaz de schiste aux États-Unis semble s’accentuer, d’autres pays comme le Canada ou même la France tentent de s’y mettre également en provoquant au passage une vague de contestation et d’indignation auprès des populations concernées.

Aussi, que sait on vraiment de ce combustible dit  "non conventionnel".

Le journaliste et écrivain Ben Parfitt, reconnu pour ses articles sur des sujets liés à l’environnement et aux ressources naturelles, a notamment publié une étude concernant le devenir de l’eau au Canada face à l’engouement du gaz de shiste.

(Extraits …)
 

On sait depuis fort longtemps qu’il y a du gaz dans les formations de schiste.

Aux États-Unis, la première exploitation de gaz naturel – en 1821 – a été possible à partir d’un affleurement de schiste. Un armurier de Fredonia, dans l’État de New York, a exploité le gaz pour le vendre à une auberge locale située au bord d’une route très fréquentée par les diligences se dirigeant vers l’Ohio.

À mesure que l’exploitation du pétrole et du gaz s’est intensifiée, le gaz présent dans les formations compactes de schiste a été délaissé au profit de sources permettant d’exploiter de plus grandes quantités de gaz plus aisément. Près d’un siècle plus tard, deux innovations dans le domaine du forage ont mené à l’accélération de l’exploration des ressources de gaz de schiste et du développement exposé dans le présent rapport.

La première de ces innovations fut le forage horizontal, dont les origines remontent aux années 1930 au Texas. Bien que plus dispendieux que les puits de forage normaux, les puits horizontaux (ou latéraux) sont avantageux, car ils permettent d’exposer une plus grande partie de la formation contenant du gaz que les puits verticaux conventionnels. Un puits vertical peut atteindre une surface de 15 m à 90 m de la formation ciblée alors qu’un puits latéral permettra d’en atteindre de 600 m à 1 800 m.

L'extraction du gaz de schiste, un processus compliqué

La seconde innovation ayant joué un rôle majeur dans l’exploitation commerciale du gaz (et, de plus en plus, du pétrole) de schiste ou d’autres sources non conventionnelles a été la fracturation – processus que l’on croit avoir utilisé pour la première fois pour stimuler l’exploitation de gaz et de pétrole au champ Hugoton en 1946 ou près de Duncan, en Oklahoma, en 1949.

De nos jours, la fracturation est le processus clé pour libérer les réserves de gaz exploitable commercialement dans les formations de schiste. La fracturation consiste à utiliser la force brute pour ouvrir des voies de passage dans la roche dense en utilisant un mélange d’eau, de produits chimiques et de sable, injecté à une pression située entre 5 000 et 15 000 livres par pouce carré (psi) dans des puits au moyen de compresseurs au diesel. Grâce à cette « clé » technologique, une porte autrefois fermée ou à peine entrouverte a pu être grande ouverte. La combinaison du forage horizontal et des techniques de fracturation a permis l’essor de la production mondiale de gaz naturel.

L'extraction du gaz de schiste, un processus compliqué

En théorie, la fracturation est très simple, mais en pratique, c’est un exploit d’ingénierie. Pour bien comprendre le côté positif de la fracturation hydraulique – exploiter avec succès des réserves de gaz autrefois inatteignables – et en saisir les aspects négatifs, il est intéressant d’apprendre comment l’industrie elle-même décrit le processus.

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Pour atteindre la profondeur à laquelle la partie horizontale du puits commence, un outil de forage monté sur un tuyau creuse verticalement à partir de la surface. Cette première étape, permet de creuser plus bas que les nappes phréatiques les plus profondes. Une colonne de surface ou un tuyau est ensuite inséré dans le trou pour « isoler » les nappes d’eau douce d’une possible contamination durant le forage puis durant la phase d’exploitation. Au Canada, les aquifères utilisables pour consommation se trouvent généralement à 100 mètres et moins de la surface. En comparaison, les formations de schiste ciblées pour une fracturation peuvent se trouver entre 110 mètres et 4 000 mètres.

Une fois l’outil de forage et le tuyau enlevés, on pompe du ciment dans la colonne de surface. Quand le ciment atteint le fond de la colonne, il remonte sous pression à la surface à l’extérieur du tuyau. La colonne d’acier et de ciment « protège l’eau douce » de toute contamination subséquente.

Une fois que cela est fait, le forage reprend et se poursuit jusqu’à 150 mètres au-dessus de la profondeur désirée pour y amorcer la partie latérale ou horizontale du puits. À ce « point de départ », un nouveau moteur de forage guide le forage sur 300 à 450 mètres en décrivant un arc pour réorienter le puits horizontalement. Le forage continue pendant plusieurs centaines de mètres parallèlement à la surface de la Terre. Une fois cette étape terminée, une autre étape de cimentation permet de remplir l’annulaire (l’espace vide entre le tuyau et la paroi du trou).

L’opération de fracturation qui suit a lieu en plusieurs étapes, en commençant au point le plus éloigné de la partie horizontale du puits (l’orteil) en se rapprochant progressivement de la partie courbe (le talon). Tout d’abord, un perforateur et descendu dans la section devant être fracturée. Une charge électrique active le perforateur, qui perfore plusieurs trous dans le tuyau, le ciment et le schiste.

La section perforée du tuyau est ensuite fracturée avec de l’eau, du sable et des additifs injectés sous haute pression dans le sol. Cette mixture pressurisée « cause la fracturation du schiste. C’est un peu comme frapper dans un pare-brise avec une masse; il éclate dans toutes les directions jusqu’au point d’origine, de manière contrôlée », explique Encana.

Le gaz entre ensuite dans le puits en passant par ces fissures.

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Pour découvrir tous les aspects – plutôt négatifs – liés à l’extraction des gaz de schiste nous vous invitons à télécharger le rapport complet en français (.PDF) >>>>>> ICI

POINTS DE RUPTURE : L’eau du Canada sera-t-elle protégée face à l’engouement pour le gaz de shale ? 

1. Gaz de schiste : la course est lancée
2 La plus importante opération de fracturation hydraulique au monde
3. Gaz de schiste : une révolution non conventionnelle
4. Le chaos non linéaire de la fracturation
5. L’argument de la sécurité énergétique
6. Gaz de schiste : énergie propre et verte ou responsabilité face au climat et à l’eau?
7. L’impact sur la quantité d’eau utilisée
8. L’impact sur la qualité de l’eau
9. La réglementation du gaz de schiste et l’allocation de l’eau au Canada
10. Supervision et suivi des activités de fracturation et d’élimination des eaux usées
11. États-Unis : une vague de réglementation?
12. De l’eau, partout de l’eau? La méconnaissance des ressources en eau du Canada
13. Regard vers l’avenir : la réglementation de l’exploitation du gaz de schiste au Canada

[ MAJ – 02/03/2011 – 11h34 ]

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13 Commentaires sur "L’extraction du gaz de schiste, un processus compliqué"

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indianagrenoble
Invité
Pour nous faire accepter l’inacceptable, quoi de mieux qu’un peu de pédagogie pour dé-dramatiser l’affaire… regarder, cette technologie est connue depuis la nuit des temps (cf 1821 / 1930) et aujourd’hui nous la maitrisons pafaitement ! Circulez ! Ya rien à voir ! Je vous invite pour comprendre réellement ce qu’est le Gas de Shiste et à regarder en ligne l’excellent documentaire GASLAND : Pour information : En Ardèche ce week-end du 26 février 2011 (on en a très peu peu parlé dans les médias) à Villeneuve-de-Berg, y’avait un trentaine d’Elu en tête de cortège et au moins 20 000… Lire plus »
Smice
Invité

Sympathique cette explication et très théorique, mais totalement fausse aux vues des résultats obtenus dans la réalité. Va-t-on une fois de plus nous faire avaler la couleuvre. L’expérience des “malheureux” autres devrait nous servir de leçon.

En colere
Invité

commentpeut-on tolérer une telle publication ? l’exploitation des gaz de schistes est purement CRIMINELLE et tout ceux qui s’y associent doivent être traités comme tels !!!

enerZ
Invité

Pour qu’il n’y ai pas de méprise de notre part. Cet article reprend les arguments du point de vue des industriels. Pour voir toutes les conséquences du procédé d’extraction des gaz de schiste, je vous invite à lire la suite de l’étude en téléchargement.  La rédaction.

oeildecain
Invité

A-t-on besoin de prendre ces derniers risques qui pourraient avoir des conséquences ( peut-être ) gigantesques ? On sait produire des gaz de différentes manières avec les ENR qui montent en puissance ……….. on sait faire de H2 avec le nucléaire ………. alors pourquoi encore insister dans des voies à risques ?

Kat182
Invité

Merci pour le référence de Rob HOPKINS, je n’ai lu que le début mais j’aime beaucoup ce type de réflexion “plus large que “l’économico-économique”.

Jms
Invité

Merci à vous pour le lien vers le film je n’ai pus en voir encore qu’une partie le téléchargement est épouvantablement lent mais s’est la folie! On devrait obligé les décideures politique à aller vivre une semaine chez ces pauvres gens, ça leurs remettrait les idées en place.

indianagrenoble
Invité
Ca fait plusieurs fois que je vous épingle pour avoir publié des articles limite-limite pro-industriel où les marmottes mettent le chocolat dans le papier d’alu toutes seules… Désormais, il nous faut une grille de lecture pour comprendre qu’il s’agit d’articles “pro-nucléaires” ou “pro-pétroliers” ou pro-lobbyistes d’un industriel affablede pognon, embringué avec les politiques corrompu par leur pognon et des médias à leur botte pour en faire la pub et nous vendre leur merde…. Enfin ça fait bizarre de lire des articles orientés  “industriels” et je le redis, c’est à croire que EnerZine se fasse payer pour lâcher ces articles ultras… Lire plus »
Sirius
Invité

Il suffit de voir le documentaire “gasland” pour comprendre que ce genre de technique ,ne peut provenir que d’esprits totalement fermés à l’idée qu’une civilisation ne se résume pas à la production frénétique d’énergie,et qu’il est d’autres valeurs fondamentales. L’image de l’eau qui s’enflamme devrait ,à l’avenir servir de symbole de ce “meilleur des mondes” techniciste et suicidaire.

oeildecain
Invité

Petit détail pour M. SIRIUS : l’énergie est le premier problème de nos sociétés, et sera même la première solution à tous nos problèmes ……. Sans énergie, nous sommes bloqués … La plupart des conflits sont motivés par l’énergie … Seules les ENR, telles que biomasses, soleil et vents, omni-présentes sur la Terre entière, seront à même de rééquilibrer le Monde … et d’éviter tous ces conflits d’usages …. Plus il y aura d’énergie disponible non polluante et bon marché, plus les peuples seront libérés …

Herve
Invité
Article orienté et désinformation plus que limite !!! Arrêtez de prendre les peuples pour des “Bisounours” …le sujet dans son ensemble n’a pas été traité et ce n’est pas en éparpillant l’information comme vous le faites en renvoyant vers des liens que cela rendra sa compréhension plus accessible. Pour rejoindre oeildecain, la course à l’énergie non polluante et bon marché libèrera les peuples … mais est cela que veulent nos politiques ? Perdre le contrôle du peuple? Les Etats ont mis le pied sur une “mine”, coincés entre les “promesses faites aux pétroliers” et les peuples … le résultat final… Lire plus »
Terese la miopp
Invité

……………………………………………………………………..

Tereselapute
Invité

venez chez moi …………

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