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Nous marchons allègrement vers notre perte

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Dans How to Live a Low-Carbon Life, Goodall est formel : alors que la conduite d’une voiture britannique typique sur une distance de 3 milles [4.8km] ajoute environ 0,9 kg de CO2 dans l’athmosphère, marcher l’équivalent fait dépenser environ 180 calories et il faudra alors ingérer 100 g de boeuf pour les récupérer, la production du dit boeuf se traduisant par l’émission d’environ 3,6 kg de CO2 (Times online, Walking to the shops ‘damages planet more than going by car’).

Le problème, c’est que la consommation mondiale de la viande et des autres produits alimentaires de l’élevage est en hausse constante.

Déjà en décembre 2006, la FAO publiait un rapport démontrant que le secteur de l’élevage est responsable, à l’échelle mondiale, de plus d’émissions de gaz à effet de serre que le secteur du transport.

Or, la production de viande devrait passer de 229 millions de tonnes en 2001 à plus de 465 millions de tonnes en 2050, alors que celle du lait va passer pour sa part de 580 à 1043 millions de tonnes.

Voilà bien là un des grands paradoxes de l’amélioration du sort humain.

Certains diront qu’il y aurait une façon simple de résoudre ce paradoxe : remplacer la diette carnée par une diète végétarienne.

Pas si simple, en fait. Plus de 1,3 milliards de personnes vivent du secteur de l’élevage dans le monde, un secteur qui représente environ 40 pour cent de la production mondiale.

Imaginez un instant le virage formidable que représenterait le passage à une alimentation essentiellement végétale.

Ajoutons, pour compliquer le tableau, que l’élevage est, pour de nombreux agriculteurs pauvres des pays en , « aussi une source d’énergie renouvelable pour la traction animale et une source essentielle d’engrais organiques pour leurs cultures », toujours selon la FAO.

L’élevage est une véritable calamité environnementale, Jugez-en par ces chiffres :

  • 65 pour cent des émissions d’hémioxyde d’azote (imputables essentiellement au fumier), qui a un potentiel de réchauffement global (PRG) 296 fois plus élevé que le CO2 ;
  • 37 pour cent de tout le méthane dû aux activités humaines (agissant sur le réchauffement 23 fois plus que le CO2) ;
  • 64 pour cent de l’ammoniac, qui contribue sensiblement aux pluies acides ;
  • 30 pour cent de toute la surface émergée de la terre sert à l’élevage et 33 pour cent des terres arables sont utilisées pour la production fourragère ;
  • 70 pour cent des anciennes forêts d’Amazonie ont été converties en pâturages.

Ajoutons que plus du cinquième des pâturages sont dégradés par le surpâturage, la compaction et l’érosion, sans compter les rejets de polluants dans les écosystèmes.

Or, non seulement devrons nous produire de plus en plus de végétaux afin de nourrir davantage d’animaux d’élevage qui coûtent cher en énergie, tout en polluant notre environnement, mais en plus, l’épuisement des sources d’énergie fossile, combinée à une demande d’énergie sans cesse croissante, fera en sorte que les végétaux seront utilisés en quantité croissante pour fabriquer du biocarburant.

Résultat : le prix des céréales et autres végétaux destinés à la consommation humaine et animale augmente déjà sur les marchés mondiaux, le coût de l’élevage suit, le prix des aliments ne saurait tarder à emboîter le pas à son tour…

…et les petits paysans n’auront plus les moyens d’exploiter leurs terres. Ils iront gonfler le flot des citadins devant acheter, pour nourrir leurs familles, ce qu’ils produisaient.

En complément : How to keep cutting that carbon

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Michel Monette


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