Le 29 avril 2026, à Clastres, la Communauté d’Agglomération du Saint-Quentinois a annoncé que 42 % de ses poids lourds fonctionnent avec un carburant alternatif, sans modification des moteurs. Une rencontre organisée par Oleo100 a réuni élus et transporteurs pour partager des solutions immédiatement déployables sur les flottes existantes.
Vingt-et-un poids lourds sur cinquante. Le ratio donne la mesure du chemin parcouru par la Communauté d’Agglomération du Saint-Quentinois (CASQ) : 42 % de sa flotte poids lourds roule désormais avec un carburant alternatif, sans qu’aucune modification des moteurs n’ait été nécessaire. Un signal tangible alors que les collectivités doivent accélérer leur transition énergétique sans complexifier leurs opérations quotidiennes.
Une vingtaine d’acteurs publics et privés ( collectivités, transporteurs de marchandises et de voyageurs, spécialistes de l’énergie ) se sont réunis à l’initiative d’Oleo100 pour identifier des leviers concrets de déploiement. Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin et présidente de la CASQ, a ouvert les échanges, signalant l’implication directe de l’agglomération dans la substitution énergétique de son parc roulant.
Un déploiement progressif amorcé en 2021
La CASQ s’est engagée dans la substitution énergétique de ses véhicules il y a cinq ans. Le territoire, qui regroupe 39 communes, a procédé par étapes, sans remplacement brutal du parc. Résultat : trois bennes à ordures ménagères sur dix-huit sont déjà en exploitation avec ce biocarburant, aux côtés d’autres engins affectés à la voirie et à l’éclairage public. Les missions couvertes ( collecte des déchets, entretien des infrastructures ) montrent une certaine compatibilité du produit avec les usages lourds du quotidien.
La collectivité annonce son intention de tripler ses équipements convertis à court terme. Un calendrier qui conforte la viabilité opérationnelle de la démarche, d’autant que le déploiement s’est opéré sans transformation des infrastructures techniques existantes. Ni adaptation des moteurs, ni investissement dans des stations-service dédiées hors normes.
« Pour une collectivité, l’enjeu est de concilier transition écologique, maîtrise des coûts et continuité du service public. Les solutions que nous déployons aujourd’hui répondent à cet équilibre. » a précisé Céline Mertens, Responsable Transition écologique – CASQ. « Nos premiers retours confirment que ces solutions s’intègrent sans rupture dans nos activités. » a indiqué Valéry Dubois, Directeur du Centre Technique d’Agglomération
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Une chaîne d’approvisionnement ancrée dans les territoires
Au-delà de la performance technique, le modèle repose sur une production énergétique issue des ressources agricoles françaises. Plusieurs milliers d’agriculteurs participent à la chaîne de valeur, approvisionnant les collectivités en carburant produit localement à partir de colza. Le dispositif sécurise les flux d’approvisionnement tout en soutenant l’économie agricole nationale, créant une boucle vertueuse entre production, distribution et consommation.
Trois constats émergent des échanges de Clastres. D’abord, des solutions immédiatement mobilisables existent et font leurs preuves sur le terrain. Ensuite, la compatibilité avec les flottes existantes constitue un accélérateur décisif, écartant l’écueil du renouvellement complet des parcs automobiles. Enfin, les collectivités jouent un rôle structurant dans le passage à l’échelle, en tant que donneurs d’ordre et prescripteurs auprès des transporteurs.
La coopération étroite entre collectivités, transporteurs et acteurs de l’énergie apparaît comme la condition sine qua non d’une adoption rapide. Les retours d’expérience présentés à Clastres dessinent un modèle reproductible dans d’autres intercommunalités, pour peu que les circuits d’approvisionnement locaux soient organisés.
« La question n’est plus de savoir si ces solutions fonctionnent, mais à quelle vitesse elles peuvent être déployées à grande échelle. » a conclu Bastien Le Bouhellec, Directeur d’Oleo100.


















