L’écurie BMW M Team WRT a remporté sa première victoire en catégorie Hypercar dans le Championnat du monde d’endurance FIA, samedi 10 mai, à l’occasion des 6 Heures de Spa-Francorchamps. Un doublé acquis grâce à un pari stratégique, qui propulse la marque allemande en tête du championnat des constructeurs avant les 24 Heures du Mans.
Samedi après-midi, sur le tracé ardennais de Spa-Francorchamps, l’écurie BMW M Team WRT a inscrit son nom dans les livres du Championnat du monde d’endurance. La n°20 M Hybrid V8, pilotée par René Rast, Sheldon van der Linde et Robin Frijns, s’est imposée devant la voiture sœur n°15 de Kevin Magnussen, Raffaele Marciello et Dries Vanthoor. Un doublé qui constitue la première victoire de BMW en Hypercar dans la discipline, et plus largement son premier succès général dans une épreuve régie par les règles de l’ACO depuis les 24 Heures du Mans 1999.
Un résultat que personne dans le paddock n’anticipait samedi matin. Les deux M Hybrid V8 s’étaient qualifiées sans fracas, loin des projecteurs braqués sur Ferrari et Toyota. Pourtant, à l’arrivée, elles ont relégué la Ferrari n°50 d’Antonio Fuoco à la troisième place, au terme d’une bataille défensive acharnée livrée par Kevin Magnussen dans les derniers tours.
Le pari du premier arrêt
Le tournant s’est joué dès la première heure de course. L’équipe BMW a opté pour un arrêt court en carburant sur la n°20, une manœuvre visant à décaler la voiture par rapport au reste du plateau. L’objectif : offrir à René Rast, puis à Sheldon van der Linde, de l’air libre devant eux, loin du trafic dense caractéristique des épreuves d’endurance sur le circuit belge.
La décision a porté ses fruits lorsqu’une voiture de sécurité est intervenue durant la quatrième heure, déclenchée par l’accrochage entre la Mercedes-AMG n°79 et la Peugeot 9X8 n°94, partie en pole position avec Malthe Jakobsen. Tout le peloton a alors plongé simultanément dans la voie des stands, figeant les écarts et consolidant l’avantage patiemment construit par la n°20. Robin Frijns, chargé des derniers relais, a ensuite géré son avance avec sang-froid jusqu’au drapeau à damier.
« Si quelqu’un m’avait dit ce matin que nous allions nous battre pour un doublé BMW, je ne l’aurais pas cru », a confié René Rast à l’arrivée. « L’équipe a réalisé un miracle sur le plan stratégique. »
Toyota contraint à la défensive
Loin des célébrations bavaroises, Toyota Racing a vécu un week-end contrasté. Leader du championnat à l’entame de la manche belge, l’écurie japonaise n’a jamais trouvé le rythme en qualifications : la n°7 de Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries a manqué la séance Hyperpole pour 29 millièmes de seconde, tandis que la n°8 de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryō Hirakawa s’élançait depuis la seizième position.
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En course, la n°7 a terminé cinquième, doublée dans les derniers tours par l’Aston Martin n°007. La n°8, victorieuse à Imola, a vécu une après-midi plus frustrante encore : revenue jusqu’à la deuxième place grâce à une stratégie d’undercut, elle a vu ses espoirs anéantis par un arrêt aux stands mal synchronisé avec l’une des trois neutralisations tardives. Résultat, une dixième place à l’arrivée.
Les difficultés rencontrées par Toyota ont relancé les murmures autour d’un éventuel sandbagging, pratique consistant à dissimuler le potentiel réel d’une voiture avant les 24 Heures du Mans afin d’obtenir une balance de performance favorable. Le directeur technique David Floury a opposé un démenti catégorique, chiffres à l’appui : « Par rapport au reste du peloton, nous sommes six dixièmes plus rapides, ce qui montre, je pense, que nous ne faisons pas de sandbagging. » Selon lui, le temps de qualification de Toyota a progressé de trois dixièmes par rapport à 2025, tandis que la moyenne du plateau reculait d’autant.
Le Mans en ligne de mire
Avec ce doublé, BMW s’empare de la tête du championnat des constructeurs. Mais tous les regards se tournent déjà vers les 94e 24 Heures du Mans, programmées les 13 et 14 juin. L’équilibre des performances pour la classique mancelle est établi indépendamment des autres manches du WEC, un dispositif conçu pour décourager toute velléité de rétention de performance. Pierre Fillon, président de la commission d’endurance de la FIA, a rappelé cette spécificité réglementaire, qui devrait rebattre les cartes sur le Circuit de la Sarthe.
Toyota, qui avait dominé la manche inaugurale d’Imola avec deux voitures sur le podium, compte sur le nouveau cadre pour relancer une TR010 Hybrid au potentiel intact. La hiérarchie observée à Spa ne préjuge en rien de celle qui émergera dans la Sarthe.
Source : Toyota


















