Un tiers des adultes français vit avec une hypertension artérielle, et un hypertendu sur deux ignore son état : 55 000 décès par an portent la trace de cette affection sournoise. L’Assurance-maladie va déployer très prochainement une campagne nationale de sensibilisation, au moment précis où une analyse du JAMA écartait la montre connectée de cette mission.
55 000 décès par an : les chiffres qui imposent le repérage
La campagne nationale de sensibilisation lancée en fin de semaine par l’Assurance-maladie attaque de front une maladie massive, mesurable en quelques minutes, et pourtant largement sous-diagnostiquée. La tension élevée ne prévient pas. Elle progresse sans symptôme, ce qui explique qu’un patient sur deux échappe au radar médical. Le bilan est pourtant lourd car un adulte sur trois hypertendu, environ 55 000 décès chaque année. Derrière ces chiffres, le défi est donc d’atteindre celles et ceux qui ne consultent pas.
En ce début de rentrée, c’est le moment de faire de l’exercice physique et d’améliorer justement son seuil d’hypertension. Les ministères de la Santé et des Sports lancent « Septembre Bouge », un nouveau rendez-vous national dédié à l’activité physique et sportive. Selon l’Assurance Maladie (AMELI), « il y a urgence à adopter des modes de vie moins sédentaires, plus actifs, face à une addiction toujours plus forte aux écrans. » et de « rappeler que 30 minutes d’activité physique et sportive par jour (1 heure pour les enfants) permettent d’entretenir sa forme et de préserver sa santé physique et mentale. »
Montre connectée : la science coupe court aux promesses
L’article du JAMA qui date de février 2026 porte sur la notification d’hypertension de l’Apple Watch et non sur une mesure de tension en continu. Il montre une sensibilité d’environ 41 % (près de 6 hypertendus non diagnostiqués sur 10 ne reçoivent pas d’alerte), une spécificité d’environ 92 %, une valeur prédictive positive d’environ 69 %, et un risque de fausse réassurance en l’absence d’alerte.
L’étude ne « bannit » pas l’objet mais elle conclut que cela ne remplace pas le dépistage au brassard validé.
Brassard, pharmacie, automesure : le protocole qui compte
Passé 30 ans, une mesure annuelle suffit à se situer. En cabinet ou en pharmacie, une tension supérieure à 140/90 confirmée par une troisième lecture déclenche généralement trois jours d’automesure à domicile avec une appareil à brassard obligatoire. Chaque cas repéré avant la complication allège la charge des maladies cardiovasculaires sur le système de soins.
Les pharmaciens devraient certainement voir leur rôle de premier recours renforcé par la campagne à venir. Contre l’hypertension, l’outil le plus fiable n’est pas forcément le plus récent. C’est un brassard, trois jours de mesures et un contrôle annuel.
L’essentiel en 3 points
- Un adulte sur trois est hypertendu, un sur deux l’ignore : la maladie provoque environ 55 000 décès par an en France.
- Trois repères suffisent : mesure annuelle dès 30 ans, seuil de 140/90 en pharmacie, objectif inférieur à 135/85 en automesure.
- La montre connectée reste écartée : trop imprécise selon une analyse du JAMA, elle ne remplace pas la mesure au brassard.















