Dacia relance la Spring, l’une des citadines électriques les plus vendues d’Europe, avec une deuxième génération dévoilée début septembre 2026 et commercialisée à partir de 17 900 euros avant aides. La petite électrique ne sera plus assemblée en Chine mais à Novo Mesto, en Slovénie, un basculement industriel qui lui rouvre les portes des bonus écologiques.
Avec 80 chevaux, une batterie LFP de 27,5 kWh et jusqu’à 250 km d’autonomie WLTP, la Spring entend reprendre la main sur les citadines électriques low-cost chinoises. Reste à savoir si l’équation prix contenue et fabrication européenne suffira à tenir la promesse fondatrice du modèle.
Le grand réajustement d’une citadine devenue best-seller
Depuis 2021 et son lancement, la Spring s’est écoulée à plus de 210 000 exemplaires dans plus de quarante pays. Un chiffre qui dit autant le succès commercial du modèle que l’appétit d’un marché pour l’électrique abordable, longtemps déserté par les constructeurs généralistes. La « nouvelle Spring est le choix malin du segment A électrique, fabriquée en Europe et parfaitement adaptée aux besoins quotidiens des utilisateurs », résume Dacia dans son communiqué, qui inscrit ce lancement dans un plan stratégique prévoyant quatre modèles 100 % électriques à l’horizon 2030.
La deuxième génération garde le nom mais change, selon les termes du constructeur, « tout le reste ». Construite sur la nouvelle plateforme RG-EV du groupe Renault, dédiée aux petites électriques, la Spring gagne notamment 18 centimètres de largeur, des proportions repensées et un dessin inédit. Sous le capot, fini les deux motorisations de l’ancienne gamme. Dacia tranche avec un unique bloc de 60 kW, soit 80 chevaux, une puissance qui corrige le principal reproche fait à la première génération, souvent jugée juste sur route et voie rapide.

L’autonomie progresse elle aussi. La batterie LFP de 27,5 kWh utiles, chimie lithium-fer-phosphate réputée plus robuste et moins dépendante des métaux coûteux, annonce jusqu’à 250 km en cycle mixte WLTP. De quoi couvrir sereinement un usage urbain et périurbain, la cible historique du modèle, sans prétendre à l’escapade autoroutière de longue distance.
Fabriquée en Slovénie : le basculement qui change la donne fiscale
Le vrai séisme de ce lancement n’est pas technique mais géopolitique. La première Spring sortait des usines chinoises, un choix qui avait fait son prix imbattable mais qui l’avait privée du bonus écologique français, réservé aux véhicules respectant un score minimal d’empreinte carbone. Dacia corrige le tir. La nouvelle génération est assemblée à Novo Mesto, en Slovénie, dans l’usine historique du groupe Renault.
Plusieurs sources évoquent un prix net pouvant descendre autour de 14 280 euros avec l’aide minimale, et jusqu’à 11 720 euros pour les ménages les plus modestes selon les dispositifs en vigueur. Autrement dit, la Spring redevient éligible aux aides publiques en France, un statut qu’elle avait perdues en raison de sa production chinoise, au prix d’une citadine thermique d’occasion récente.

Toutefois, l’édifice reste fragile car la batterie n’est pas encore produite en Europe. Dacia table sur une montée en contenu européen lorsque les batteries seront elles aussi fabriquées sur le continent, condition d’une éligibilité pérenne aux aides, dans un cadre réglementaire européen en constante tension sur l’origine des composants.
Sous les 20 000 euros, la guerre des prix de l’électrique reprend
La grille tarifaire tient la promesse de la marque à 17 900 euros avant bonus pour le prix d’appel, et 19 400 euros pour la finition supérieure. La Spring reste ainsi l’une des voitures électriques les moins chères du marché européen, alors même que la moyenne des tarifs de l’électrique stagne bien au-dessus des 30 000 euros. Une stratégie délibérée de volume sur un segment étroit mais symbolique, celui du premier achat électrique.
La concurrence s’est toutefois aiguisée entre les citadines chinoises importées, les petits modèles coréens ou les véhicules européens bradés en fin de vie commerciale. Dacia, filiale low-cost du groupe Renault, parie que le triptyque fabrication européenne, prix contenu et autonomie en hausse suffira à justifier l’écart face à des rivales parfois mieux équipées mais pénalisées fiscalement.
La question que devront trancher les acheteurs tient aux compromis : puissance de recharge limitée, prestations sobres par construction, autonomie calibrée pour l’urbain. À 11 720 euros pour les foyers modestes, le calcul semble pourtant déjà fait pour beaucoup.
















