Schneider Electric met 22,6 milliards de dollars sur la table pour acquérir PTC, l’éditeur américain spécialisé dans les logiciels de conception et de gestion du cycle de vie des produits. Cet accord entièrement en numéraire ouvre la voie à la plus grosse acquisition de l’histoire du groupe français.
📌 L’essentiel en 3 points
- Schneider Electric a signé un accord pour acquérir PTC pour environ 22,6 milliards de dollars en numéraire, soit 205 dollars par action.
- L’opération, la plus importante annoncée par le groupe français, devrait être finalisée d’ici au troisième trimestre 2027, sous réserve des approbations nécessaires.
- Le rachat renforce son pari sur le logiciel industriel et l’IA. Son financement prévoit une émission d’actions de 5 à 6 milliards d’euros et 16 à 17 milliards d’euros de nouvelle dette.
Le géant des automatismes et de la gestion de l’énergie a confirmé la signature d’un accord définitif en vue d’acquérir 100% du capital de PTC, société basée à Boston. L’offre atteint 205 dollars par action, ce qui valorise les fonds propres de la cible à environ 22,6 milliards de dollars. La valeur d’entreprise, qui intègre la dette, ressort à 23,7 milliards de dollars. La finalisation est visée au troisième trimestre 2027, sous réserve du vote des actionnaires de PTC et des autorisations réglementaires.
Une prime massive pour un champion discret
Le montant consenti représente une prime d’environ 42% par rapport au dernier cours de clôture de PTC. Schneider Electric accepte ainsi de payer bien au-dessus de la valeur boursière de l’éditeur pour étoffer son portefeuille de logiciels industriels.
L’éditeur s’est imposé dans la conception assistée par ordinateur, la gestion du cycle de vie des produits et l’ingénierie logicielle. Des outils comme Windchill pour la gestion du cycle de vie, Creo pour la conception 3D et Codebeamer pour le cycle de vie applicatif composent son portefeuille. ThingWorx, son ancienne brique d’Internet des objets industriel, n’en fait plus partie. PTC a finalisé sa cession à TPG, avec Kepware, en mars 2026.
Ces logiciels couvrent la conception, la simulation et le suivi des produits. Schneider Electric ne rachète donc pas seulement des lignes de code. Il entend rapprocher ces outils des données d’exploitation et d’énergie déjà couvertes par ses logiciels, notamment AVEVA. L’ambition est de mieux relier les modèles numériques des équipements à leur fonctionnement réel.
Le logiciel industriel, nouveau nerf de la guerre
Avec cet accord, Schneider Electric renforce son pari sur le logiciel industriel et l’intelligence artificielle. Le français ne se contente pas de vendre des équipements physiques : il cherche à élargir son offre logicielle, de la conception des produits à leur exploitation.
Le rapprochement annoncé pourrait permettre de mieux articuler les outils de PTC avec ceux de Schneider Electric. Un industriel disposerait alors d’une offre plus large pour concevoir une machine, la simuler et en suivre le fonctionnement. Mais cette complémentarité ne signifie pas que tous ces usages seront immédiatement réunis dans un environnement unique : l’intégration des logiciels reste à construire.
C’est un pari coûteux, dont les effets dépendront de la clôture de l’opération et du rapprochement des portefeuilles. Les offres combinées envisagées constituent une perspective, pas encore un résultat acquis.
De lourdes responsabilités après un chèque historique
Le paiement intégral en numéraire évite d’échanger des titres Schneider Electric contre ceux de PTC, mais il n’épargne pas les actionnaires actuels. Le groupe prévoit de refinancer l’opération par une émission d’actions de 5 à 6 milliards d’euros et par 16 à 17 milliards d’euros de nouvelle dette. Le financement annoncé comporte donc une composante dilutive.
La clôture visée au troisième trimestre 2027 laisse plusieurs étapes à franchir. L’accord devra notamment obtenir l’approbation des actionnaires de PTC et les autorisations réglementaires nécessaires. Jusqu’à cette finalisation, le rachat reste une opération annoncée, et non une acquisition achevée.
* Communiqué de Schneider Electrice . PDF
















