Urbasolar a démarré en octobre 2025 la construction d’une centrale photovoltaïque de 18 MWc sur le toit du bâtiment logistique OMEGA à Dourges, dans les Hauts-de-France. Le projet, qui couvre 136 000 m² d’un seul tenant, devient la plus grande installation de ce type en Europe et illustre la montée en puissance du solaire dans le secteur logistique, avec PepsiCo comme premier locataire.
Dans le paysage industriel du Nord de la France, une silhouette se dessine, portant sur son toit l’ambition énergétique d’une région en mutation. Le bâtiment logistique OMEGA, érigé sur la plateforme multimodale DELTA 3 à Dourges, ne se contente pas d’offrir 136 000 mètres carrés d’espace de stockage. Il accueille sur sa couverture ce qui constitue désormais la plus grande centrale solaire en toiture d’un seul tenant en Europe, avec une puissance installée de 18 mégawatts-crête. La réalisation, dont les travaux ont débuté en octobre 2025, montre une évolution structurelle dans la conception des infrastructures logistiques, où l’énergie devient un paramètre central de la compétitivité.
Une réponse aux défis énergétiques du secteur
Le choix de couvrir l’intégralité de la surface utile de la toiture dépasse largement les obligations réglementaires, qui imposent un minimum de 30% d’équipement photovoltaïque.
« Pour ce bâtiment que nous avons voulu exemplaire sur le plan de la réduction des impacts environnementaux, la SPL Delta 3 n’a pas souhaité se cantonner au minimum légal », explique Emmanuel Favreuille, directeur chez SPLA DELTA 3. Cette approche répond à une logique économique autant qu’écologique : « Au moment où la maîtrise des coûts de l’énergie prend une place essentielle pour nos clients, ce choix stratégique de couvrir la totalité de la surface utile de la toiture des cellules par un mix autoconsommation/injection s’est avéré déterminant dans la commercialisation du bâtiment. »
La configuration technique du projet reflète cette dualité. Sur les 18 MWc installés, 1 MWc est dédié à l’autoconsommation directe par le bâtiment, tandis que le reste alimente le réseau électrique. Cette architecture permet de réduire la facture énergétique des occupants tout en contribuant à la production d’électricité décarbonée à l’échelle régionale.
OMEGA ne se résume pas à son toit solaire. Le bâtiment, qui emploiera jusqu’à 450 personnes, a été pensé comme un modèle d’efficacité opérationnelle. La conception répond aux besoins croissants de logistique nationale tout en intégrant dès l’origine les impératifs de décarbonation. Le groupe PepsiCo, premier locataire installé fin septembre 2025, incarne cette tendance où les grandes entreprises cherchent à aligner leurs chaînes d’approvisionnement avec leurs engagements environnementaux.
Un montage financier complexe
La réalisation de ce projet mobilise plusieurs acteurs aux compétences complémentaires. La SPL Delta 3, promoteur immobilier détenu par le Syndicat Mixte et la Région Hauts-de-France, pilote le développement de la plateforme multimodale. En amont, le financement repose sur un partenariat entre Tristan Capital Partners et Edmond de Rothschild REIM France.
« Nous sommes fiers de participer à ce projet qui allie innovation et durabilité », déclarent Thibault Ancely, directeur général de Tristan Capital Partners, et Kristelle Wauters, présidente d’Edmond de Rothschild REIM France. « Notre objectif est de développer des infrastructures logistiques qui répondent aux défis environnementaux actuels. La collaboration avec Urbasolar est essentielle pour maximiser l’efficacité énergétique de ce bâtiment. »
Une étape dans la stratégie d’Urbasolar
Pour le développeur photovoltaïque Urbasolar, la réalisation s’inscrit dans une trajectoire de croissance sur le segment des grandes toitures. « Ce projet représente une étape majeure dans notre stratégie de développement durable », souligne Antoine Millioud, président d’Urbasolar. « En intégrant des solutions photovoltaïques de pointe dans des bâtiments logistiques modernes, nous démontrons que l’énergie solaire peut jouer un rôle dans la réduction des coûts énergétiques et des émissions de CO2. »
La livraison de l’installation se fera en deux phases, permettant une mise en service progressive tout en minimisant les perturbations pour les activités logistiques. Cette approche pragmatique caractérise les projets industriels de grande ampleur, où la continuité d’exploitation reste primordiale.
Le bâtiment logistique, traditionnellement considéré comme une simple boîte de stockage, devient progressivement un acteur du système énergétique. Sa surface, autrefois passive, se transforme en outil de production. L’évolution répond à une double pression : celle des coûts énergétiques, qui pèsent de plus en plus sur la compétitivité des entreprises, et celle des engagements climatiques, qui imposent une décarbonation accélérée des activités économiques.











