Les microplastiques et les nanoplastiques sont de minuscules particules de plastique qui résultent de la dégradation de produits plastiques plus grands sous l’effet du soleil, des vagues et d’autres conditions environnementales. Ces dernières années, ces particules ont été de plus en plus détectées dans les environnements aquatiques, suscitant des inquiétudes quant à leurs effets potentiellement nocifs sur la vie aquatique et les écosystèmes. Bien que la prise de conscience de ce problème grandisse, il n’existe toujours pas de méthode sûre, pratique et établie pour filtrer ces particules de l’eau polluée.
Dans ce contexte, une équipe de chercheurs de l’Université Shinshu, dirigée par le professeur Hiroshi Moriwaki du Département de biologie appliquée, avec l’étudiante Kurumi Ono et le professeur Yoshitake Akiyama du Département de génie mécanique et robotique, Faculté des sciences et technologies textiles de l’Université Shinshu, au Japon, a étudié des méthodes naturelles et sûres pouvant contribuer à relever ce défi environnemental croissant. Leur étude, mise en ligne dans la revue Chemosphere le 28 mars 2026 et publiée dans le volume 401 le 1er mai 2026, explore l’utilisation du mucilage naturel obtenu à partir d’un champignon comestible (nameko) pour l’élimination efficace des microplastiques de l’eau.
Les champignons nameko (Pholiota nameko) sont largement consommés au Japon et sont bien connus pour leur surface glissante caractéristique. Leur viscosité provient du mucilage, riche en polysaccharides, notamment en pectine – un composé naturel d’origine végétale – réputé pour ses propriétés de liaison des particules. En s’appuyant sur ces propriétés, les chercheurs ont exploré si l’utilisation du mucilage de nameko riche en pectine pourrait constituer une stratégie de traitement de l’eau efficace contre la pollution par les microplastiques.
« Nous avons choisi les champignons nameko parce qu’ils sont peu coûteux et largement disponibles au Japon », explique le Pr Moriwaki. « De plus, leur mucilage est sûr et non toxique, ce qui en fait une solution durable. »

Pour étudier son utilisation, l’équipe a préparé une solution de mucilage en immergeant et en secouant les champignons dans l’eau pendant cinq minutes. Une fois préparée, ils ont utilisé cette solution de mucilage avec une solution d’ions fer (Fe(III)) pour traiter l’eau contaminée. Lorsque ces deux solutions ont été ajoutées à des suspensions contenant des microplastiques de polystyrène, les particules plastiques dans l’eau ont rapidement commencé à s’agglutiner et à former des flocs fibreux visibles en quelques minutes seulement.
« La pectine dans le mucilage forme un gel avec les ions fer, ce qui aide à lier les particules plastiques en flocs amovibles grâce aux forces de Coulomb », explique le Pr Moriwaki.
Newsletter Enerzine
Recevez les meilleurs articles
Énergie, environnement, innovation, science : l’essentiel directement dans votre boîte mail.
La méthode a atteint un taux d’élimination de 95,3 % pour les microplastiques d’une taille de 1,0 μm. Testée sur des nanoplastiques (polystyrène, ~100 nm de taille), le taux d’élimination était de 87,4 %, démontrant à la fois rapidité et efficacité. De plus, lorsque les chercheurs ont utilisé les eaux usées générées par le lavage des champignons nameko, le taux d’élimination des microplastiques était de 98,4 %. Cette découverte intéressante pourrait ouvrir la porte à la réutilisation des eaux usées industrielles des usines de transformation du nameko, transformant un défi d’élimination en une ressource durable pour le traitement de l’eau.
L’impact de ce travail est significatif tant pour la société que pour l’industrie. Le mucilage de nameko offre une alternative sûre et très pratique par rapport aux floculants chimiques conventionnels. De plus, les résidus (flocs) issus du traitement sont également biodégradables, ce qui minimise l’impact environnemental global. À l’avenir, les chercheurs estiment que cette technique pourrait faire progresser le traitement des eaux usées et la purification de l’eau à grande échelle, ouvrant la voie à un avenir plus sûr et plus durable.
Article : Removal of microplastics or nanoplastics using nameko (Pholiota nameko) mucilage as a flocculant – Journal : Chemosphere – Méthode : Experimental study – DOI : Lien vers l’étude
Source : Shinshu U.


















