Ce vendredi 20 mars 2026 marque l’arrivée officielle du printemps dans l’hémisphère nord. L’équinoxe reste un événement astronomique, synonyme de renouveau et d’équilibre entre le jour et la nuit. Il cristallise un intérêt qui dépasse la simple observation des saisons, mêlant science, traditions et quête de sens.
À 15 heures 45 minutes et 57 secondes précises, heure de Paris, le Soleil traversera le plan de l’équateur terrestre, marquant l’équinoxe de printemps. L’instant, calculé par l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE), signe la fin de l’hiver et le début d’une saison qui s’étendra jusqu’au solstice d’été, le 21 juin prochain.
Le phénomène repose sur la mécanique céleste. L’axe de rotation de la Terre est incliné d’environ 23 degrés par rapport au plan de son orbite. Deux fois par an, cette inclinaison fait que les rayons du soleil frappent l’équateur à la verticale, rendant la durée du jour et de la nuit presque égale sur l’ensemble du globe.
« L’équinoxe correspond précisément à l’instant où le Soleil se situe à l’intersection de ces deux plans fondamentaux. Autrement dit, lors des équinoxes, le Soleil se trouve dans le plan de l’équateur céleste. Comme il n’existe qu’un seul équateur céleste — celui qui partage la Terre en deux et qui est perpendiculaire à son axe de rotation — et un seul Soleil, les instants des équinoxes sont uniques et indépendants du lieu d’observation sur Terre. » précise justement l’institut dans sa fiche pédagogique.
Si la date du 20 mars est la plus fréquente pour le printemps boréal, elle peut varier. En 2003 et 2007, par exemple, l’équinoxe s’était produit un 21 mars. Cette année, il intervient près de cinq heures plus tard qu’en 2025, illustrant les subtiles variations du calendrier grégorien face à la réalité de l’orbite terrestre, qui dure 365 jours, 5 heures et 48 minutes.
Depuis la création du calendrier grégorien (1582), l’équinoxe de printemps tombe le 19, 20 ou 21 mars. Aux XIXe et XXe siècles, il est toujours tombé le 20 ou le 21 mars. Dans le passé, il est tombé le 19 mars en 1652, 1656, 1660, 1664, 1668, 1672, 1676, 1680, 1684, 1685, 1688, 1689, 1692, 1693, 1696, 1697, 1780, 1784, 1788, 1792 et 1796. Il tombera de nouveau le 19 mars en 2044. – Source : IMCCME
Après les mois d’hiver, l’équinoxe est perçu comme un pivot, une promesse de jours qui rallongent avec un gain moyen de quatre minutes d’ensoleillement par jour jusqu’en juin et de températures plus clémentes.
Dans de nombreuses cultures, l’équinoxe de printemps est un temps de célébration du réveil de la nature, d’équilibre entre les forces du yin et du yang, et de nouveaux départs. Il marque l’entrée dans le signe du Bélier en astrologie occidentale, symbole d’impulsion et d’énergie nouvelle. Dans les traditions gaéliques, la pleine lune qui suit l’équinoxe est même considérée comme la « grande fête du printemps ».
« L’équinoxe de printemps est un moment puissant pour harmoniser ses énergies, semer des intentions comme on sème des graines, et procéder à un nettoyage tant physique que spirituel », note un site spécialisé dans la symbolique des cycles naturels, reflétant une quête de sens qui dépasse le cadre purement scientifique.
L’équinoxe n’est toutefois pas une fin, mais un commencement. Il ouvre la porte à trois mois de transformation progressive du paysage et du climat. Les jardiniers guettent les saints de glace avant de planter, les villes préparent leurs parcs et terrasses, et la lumière, gagnée chaque jour, modifie imperceptiblement notre humeur et nos rythmes de vie.
Dans un monde souvent perçu comme artificiel et accéléré, le retour immuable des saisons, ponctué par ces moments précis que sont les équinoxes et les solstices, offre également un certain ancrage.



















