Face à une flambée historique des prix à la pompe, le président du comité stratégique d’E. Leclerc a annoncé une baisse de près de 30 centimes par litre dans les stations de plusieurs grandes enseignes. La décision intervient après de vives critiques de Michel-Édouard Leclerc contre une « bulle spéculative » qu’il impute aux raffineurs.
La hausse brutale des prix des carburants, qui a vu le gazole franchir la barre symbolique des 2 euros le litre pour la première fois depuis 2022, pourrait connaître un répit significatif. Michel-Édouard Leclerc a en effet annoncé, lundi sur les ondes de Franceinfo, une baisse immédiate des tarifs de 27 à 30 centimes par litre. La mesure, qui devrait être effective dans les deux jours, concernerait les stations-service des enseignes E. Leclerc, Coopérative U, mais aussi « probablement dans les Intermarché et les Carrefour ».
Une baisse sous pression gouvernementale et géopolitique
Le contexte de tensions géopolitique au Moyen-Orient a entraîné une remontée rapide des cours du pétrole brut due, avec le gazole dépassant 2 €/L pour la première fois depuis 2022. Le gouvernement a demandé une répercussion plus rapide des baisses et a lancé des contrôles contre les hausses abusives.
Michel-Édouard Leclerc a indiqué quant à lui avoir « mis la pression sur les raffineurs » grâce à des négociations directes. Toutefois, le patron de la grande distribution a également pointé du doigt les délais de transmission entre la baisse du prix du brut et son reflet à la pompe, dénonçant une asymétrie flagrante. Alors que les hausses se répercutent « rapidement et automatiquement », les baisses, elles, mettraient près de trois semaines à se matérialiser pour le consommateur. Un délai que son annonce vise certainement à court-circuiter.
Quelles perspectives après cette baisse annoncée ?
Si la baisse de 30 centimes apportera un soulagement immédiat aux consommateurs, Michel-Édouard Leclerc lui-même reste prudent quant à la suite des événements. Il a indiqué que cette baisse serait provisoire et que, « tant que le conflit dure au Moyen-Orient », les prix des carburants allaient « faire le yoyo » (forte volatilité), Par ailleurs, il a appelé les raffineurs à « s’expliquer » publiquement sur leurs marges et leurs pratiques de fixation des prix, une demande qui pourrait résonner dans le débat public dans les prochains jours.
En parallèle, le gouvernement explore d’autres pistes pour stabiliser les prix et sécuriser l’approvisionnement, notamment via l’utilisation des réserves stratégiques de pétrole, dans un contexte de conflit régional. La question de la transparence et de la régulation de toute la filière, du puits à la pompe, est plus que jamais sur la table.


















