France : la production d’énergie thermique en chute d’ici 2020

Bien que les gouvernements européens ont affirmé leur volonté de réduire l’utilisation de combustibles fossiles, la France semble être l’un des rares pays du continent capables de tenir cet objectif avant la fin de la décennie.

Le cabinet GlobalData dans sa dernière publication prévoit pour la France, une capacité installée des centrales thermiques en baisse passant de 27.720 mégawatts (MW) en 2012 à 23.783 MW en 2020, soit un taux annuel en décroissance de 1,9%. Pendant ce temps, au cours de cette période, les autres grands pays européens comme l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni verraient augmenter leur capacité installée thermique.

Toutefois, la puissance installée totale du parc de production français passera de 130.231 MW en 2012 à 156.639 MW en 2020, en grande partie, grâce au développement du secteur des énergies renouvelables.

Le gouvernement français s’est en effet engagé d’une part, à accroître la part d’électricité produite à partir de sources renouvelables et à promouvoir d’autre part, l’efficacité énergétique. La réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait être prise en compte dans toutes les décisions gouvernementales, y compris dans la construction de nouvelles centrales électriques plus ‘respectueuses’ de l’environnement, ou encore celles déjà existantes, et ainsi que dans le traitement des déchets. Le gouvernement envisage également d’installer 5.000.000 d’unités thermiques solaires, d’ici 2020, dont 80% seront destinés aux maisons individuelles.

En conséquence de ces initiatives, la capacité totale installée en énergies renouvelables devrait franchir le cap des 30.000 MW en 2020, contre 12.458 MW actuellement, présentant un taux de croissance annuel de 12%.

La plus grande part du marché électrique français est occupée par l’industrie nucléaire, qui, avec 63.130 MW, représentera près de la moitié de la capacité totale installée du pays, en 2012. La production d’électricité à partir de l’énergie nucléaire augmenterait d’ici la fin de la décennie (2020), mais de façon marginale, avec une capacité installée qui devrait atteindre 67.530 MW.

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Ambiel

Cabinet bien bien mauvais pour sortir des chiffres aussi bidon. D’ou ils les sortents leurs 4000MW nucléaire de plus d’ici à 2020?? Déjà qu’on arrive pas à construire un EPR en moins de 3 fois le temps de départ annoncé… Quand aux capacités thermiques qui devraient augmenter partout en Europe, quelle blague ! L’Allemagne a déjà du mal à garder ouvertes ses centrales à gaz pour les périodes de pics, plus aucun de ses énergéticiens ne veut en construire et ils vont fermer 20GW de charbon d’ici à 2025 pour seuelement 10GW de prévus en remplacement dans les cartons… En tout cas en France c’est bizarre, le lobby anti-éolien anonçait partout qu’il faudrait construire 3MW de thermique par MW d’éolien installé… Soit 75 000MW de thermique à prévoir. Ils ont encore raconté n’importe quoi?

Pas naif

Personne ne parle de 4000MW nuc de nouvelles centrales en France (pour le moment, on enr eparle dans 10ans). Mais en fait il y aura en 2016 effectivement 4000MW nuc de plus disponibles pour le réseau car: * Notre EPR hexagonal en construction finira bien un jour par tourner, 1650Mw * L’usine ancienne de diffusion gazeuse de la vallée du Rhone consomme 2600Mw et se trouve en fin de vie, pour être remplacée par les centrifugeuses de Georges Bess II sur le même site qui ne consomme que 50-100MW. Ca fait bien en gros 4000Mw. Par contre, le 3MW thermique par MW éolien prétendu des “anti-éoliens” n’existe pas car je ne l’ai jamis vu écrit ni entendu nulle part. C’est probablement une assertion isolée que vous avez lue. D’ailleurs sur le plan technique le max théorique devrait être 1 pour 1. Dans des rapports plus sérieux, j’ai lu un chiffre courant de 90%. Même si ça marchait toujours parfaitement, ce mix énergétique gaz 75%– éolien 25% va nous coûter une fortune car les centrales CCG bénies des pro-éoliens vont vieillir très vite vu les cycles permanents de démarrage-arrêt qu’on leur demande. Il n’y a pas de solution technique contre ça, question de physique des matériaux. Personne ne parle de ce problème car il n’est pas à la charge des pro-éoliens mais des producteurs thermiques qui maintenant rechignent à inverstir dans ces centrales de back-up éolien; on les comprend. Voir Vattenfal en Allemagne.

Dardsmall

Nos voisins peuvent continuer à sortir du nucléaire (énergie de base), mais ils nous en achètent d’autant plus. Quant à nous, on peut se passer du thermique (énergie de pointe) vu qu’on en achète de plus en plus à l’Allemagne. Finalement, du point de vue globale, pas grand chose qui changent en Europe hormis (trop de peu) du renouvellable en hausse et une consommation qui continue de monter, monter… Faute de solutions techniques (à l’heure actuelle) pour un réseau en majorité renouvellable, peut-être que l’on devrait s’intéresser un peu à la diminution de nos consos non ? @Ambiel et @pas naif : la correspondance en MW thermiqueéolien avait été préconniser par RTE. Je ne suis pas sur du 3 pour 1 par contre. Plutôt 1 pour 3, sinon ça fera cher à la France en pénalité CO2 ^^

Dan1

Je note que si la France peut faire chuter sa production d’électricité thermique à flamme, c’est beaucoup plus dur dans les pays voisins. L’ENTSO-E vient de diffuser les chiffres de juin 2011 pour l’Allemagne : Ainsi le premier semestre 2012 est complet. Or on constate un accroissement de la production thermique FOSSILE significative. J’avais déjà donné un aperçu du premier trimestre : Je complète donc avec le deuxième trimestre : – janvier 2012 = 35,73 TWh fossiles. – février 2012 est le record absolu avec 38,87 TWh fossiles – mars 2012 = 34,59 TWh fossiles (chiffre provisoire mis à jour). – avril 2012 = 29,77 TWh – mai 2012 = 27,19 TWh – juin 2012 = 29,95 TWh Au bilan, le premier semestre 2012 est un record pour la production d’électricité FOSSILE en Allemagne avec un total de 196 TWh FOSSILE. Mais il faut dire que ce n’est pas si facile de sortir du nucléaire. D’ailleurs, le nucléaire allemand “tourne” encore régulièrement au dessus de 10 GW. Mais peut être qu’en 2020 ce sera différent ??

papi12

je note que sur les 3 derniers posts on parle d’échanges transfontaliers. C’est une réalité : le marché est européen ! ce qui avantage aussi les EnR ! par contre le hic c’est l’augmentation de nos consommations. Leur maîtrise peut être une vraie opportunité : coûts et émissions évités au niveau de la production et des réseaux, économies pour les consommateurs. Mais que le message est difficile à faire passer !

jmdesp

Le record d’importation de février n’est que 15% du volume moyen que nous avons exporté sur les 5 autres mois. Grâce à nous les autres pays européen disposent d’un énergie fortement décarboné (90% de la prod) contre celle fortement polluée que leur export l’Allemagne (37% de la prod en décarb). Heureusement les exportations de l’Allemagne sur la période ne représentent au total que 19% de celles de la France. L’Allemagne a eu une extrêmement mauvaise production éolienne, sur 6 mois divisée par 2 par rapport à 2011, et assez mauvaise production hydraulique. Etonnament notre production éolienne est 35% de la production allemande sur la période, alors même que notre parc est ridicule par rapport au leur. Evidemment leur production hydraulique est aussi très faible comparé au n°1 européen de l’hydraulique, très bon premier semestre, comparé à 2011 plutôt décevant et où notre % de 94,5% annuel de production non-carbonée avait surtout été sauvé par la prod du parc nucléaire. Au total, la production EnR française sur ce premier semestre 2011 à 47 TWh (ENTSO hydro + prod_other) représente 90% de la production EnR allemande de 52 TWh ! Et l’électricité que nous consommons est couverte à 99% par l’électricité non carbonée que nous produisons. Des résultats au total très proche de ceux de 2011 sur la même période, la conso exceptionnelle de février et sa surproduction de fossile a été très bien compensée sur le semestre par la bonne production hydraulique et éolienne. Nous étions en 2011 à 101% sur la couverture de notre consommation par notre production décarbonée, mais quasi exactement au même pourcentage de 90% d’électricité décarbonée au total.

Dan1

Pour jmdesp. Je vois que vous avez les bons réflexes d’analyses des faits publiés et acessibles à tous les citoyens qui veulent s’informer sans passer par le filtre d’un directeur de conscience. Si un jour il y a grand débat sur l’énergie, nous serons donc quelques uns à disposer déjà des outils d’analyse des énormités et autres mensonges qui ne manqueront pas d’être racontés. Un “petit coup” d’ENTSO-E et de RTE permet déjà d’y voir assez clair. Mais comme cela est fastidieux pour le commun des mortels je fais régulièrement des synthèses… à contredire ou compléter par les courageux de service ! Enfin l’Allemagne de l’énergie est comme l’olive : verte ou noire

Sicetaitsimple

Il y a effectivement peu de chances (?) que le nucléaire francais croisse de 4000MW d’ici 2020. Par contre, le thermique charbon centralisé devrait baisser d’environ 3000MW d’ici 2015, avec un remplacement déjà largement réalisé par des cycles combinés gaz. Mécaniquement, à l’horizon2020 et sauf “révolution” ou événement imprévisible ( le changement c’est quand déjà?), les émissions de CO2 du parc electrique devraient baisser en année moyenne. Ca promet un long avenir ( sauf encore une fois évenement imprévisible) aux débats eternels sur les émissions de CO2 du chauffage electrique!

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