Le biochar, un nouvel « or noir » pour la société Carbonloop

La startup française a construit une offre de production d’énergie à facteur d’émission négatif autour de cet « or noir », jusqu’ici produit en Allemagne et dans les pays scandinaves.

Il peut être valorisé dans de nombreux usages : matériau de construction, filtration des eaux, amendement des sols. Il améliore le potentiel des fertilisants naturels et donc le rendement des cultures, tout en réduisant les apports en engrais. « Il », c’est le biochar, charbon végétal et puissant puits de carbone, recensé parmi les « Negative Emission Technologies » par le GIEC.

Le biochar est un marché qui connaît une croissance à deux chiffres en Europe. La capacité de production de ce coproduit de la pyrolyse de la biomasse a connu une croissance de 71% en 2021 sur le continent européen. Un taux qui pourrait s’élever à plus de 85% en 2022 selon la dernière étude de marché des industriels du secteur (EBI- European Biochar Industry) et se maintenir à ce niveau jusqu’à au moins 20301 .

Carbonloop se prépare à accompagner le changement d’échelle de la production de biochar en France et en Europe. Pour ce faire, la startup française mettra sa première unité en service début 2023 en Ile de France.

Elle propose une offre innovante : alimenter un site industriel en électricité et chaleur tout en produisant environ 470 tonnes de biochar par an, ceci sans émettre de gaz à effet de serre et même en séquestrant du carbone !

Le coproduit d’une boucle vertueuse

La promesse de Carbonloop révolutionne le marché de l’énergie, en proposant aux industriels une solution encore plus ambitieuse que celle de la neutralité carbone : une production d’énergies à carbone négatif, qui combine la production d’énergies neutres avec la séquestration carbone via le biochar. Cette solution génère un facteur d’émission négatif.

Autres réponses à des problématiques brûlantes d’actualité : Carbonloop propose aux industriels une alternative aux énergies fossiles quand celles-ci sont responsables de 70% des émissions de gaz à effet de serre en France et qu’il est de la responsabilité de chacun de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré d’ici la fin de ce siècle.

Aussi, Carbonloop contribue à restaurer les sols quand 75% des terres dans le monde sont dégradées à des degrés divers2 et à réduire les coûts en engrais, bien souvent issus du gaz russe, et dont les coûts flambent actuellement.

Mais concrètement, comment fonctionne cette boucle vertueuse ? Chez Carbonloop, l’unité de production s’installe facilement sur un site industriel. Composée de 3 modules, chacun de la taille d’un container de 40 pieds qui arrivent directement assemblés, elle est approvisionnée localement en résidus de biomasse qui ne seraient pas valorisés autrement (résidus naturels ou industriels provenant de l’entretien des forêts, de l’agriculture ou de l’industrie du bois, comme les écorces, les bois de collecte ou les pailles).

Les modules produisent des énergies renouvelables sans combustion, à partir de la biomasse par la technique de la thermolyse : chauffée dans une atmosphère pauvre en oxygène à environ 500° C, la biomasse produit un résidu solide, le biochar et un gaz de synthèse qui peut être transformé en électricité et en chaleur via un procédé de cogénération ou en hydrogène vert par le procédé de purification.

200 sites à l’horizon 2030

A l’heure où les coûts de l’énergie explosent et où le G7 s’engage à supprimer progressivement les importations de pétrole russe, cette offre construite autour du biochar est aussi gage d’autonomie et de flexibilité pour les industriels, de souveraineté énergétique, de stabilité des prix de l’énergie, de développement social et économique des territoires par le biais d’une économie plus circulaire.

Avec l’ambition, pour 2030, de déployer la solution Carbonloop sur 100 sites industriels et 100 stations de distribution d’hydrogène, pour une production de 150 000 tonnes.

Reste à structurer localement le marché du biochar pour alimenter la demande, industrialiser des technologies désormais matures, généraliser la méthodologie éprouvée de certification de crédits carbone. « Pour cela, il est nécessaire de développer la communication autour du biochar et d’organiser des filières locales, explique Claire Chastrusse. Il est aussi indispensable de trouver les compétences pour développer les projets et d’organiser la rencontre des acteurs en France, comme cela existe au niveau européen via l’EBI. »

Carbonloop est prête à relever tous ces défis et à jouer les précurseurs sur un marché à très fort potentiel.

* European Biochar Industry, « European Biochar Market Report 2021/2022 », March 2022

** Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 2019

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[ Communiqué ]
Lien principal : carbonloop.energy/

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