Le gaz est il le meilleur allié des énergies renouvelables ?

Essentielles pour répondre à la demande croissante en énergie et pour lutter contre le changement climatique, les énergies solaires et éoliennes devraient représenter 4 % du mix énergétique mondial à l’horizon 2035 selon l’Agence Internationale de l’Energie.

Mais pour assurer leur développement à grande échelle, reste à relever le défi de leur variabilité.

La disponibilité de l’énergie solaire et éolienne variant fortement en fonction de facteurs météorologiques et des heures de la journée et n’étant pas toujours en adéquation avec la demande, elle-même évolutive. Le stockage est évoqué comme l’une des solutions – Total travaille d’ailleurs avec différentes start-up sur cette thématique – mais le gaz représente également un allié déterminant pour apporter de la flexibilité à l’évolution des marchés de l’électricité.

Le gaz prendrait le relais des énergies renouvelables lorsque la production de ces dernières ne serait plus suffisante pour répondre à la demande.

"Le gaz présente une double complémentarité avec les énergies intermittentes", explique Arnaud Chaperon, directeur Prospective et Relations Institutionnelles au sein de la direction Energies nouvelles de Total. "Une complémentarité d’usage d’abord puisque contrairement au solaire et à l’éolien, le gaz est une énergie flexible, que l’on peut stocker en attendant de l’utiliser.Et une complémentarité de coût. Une fois l’installation réalisée, le prix de l’électricité produite à partir de l’énergie solaire ou éolienne est fixe, contrairement à celui du gaz qui évolue en fonction de son marché. L’un permettant de pondérer la variabilité de l’autre."

Le gaz a en outre l’avantage d’être l’énergie fossile la moins polluante, puisqu’elle émet deux fois moins de gaz à effet de serre que le charbon, encore très largement utilisé dans la génération électrique, et une fois et demie moins que le fioul. Dans le cadre de la réforme de l’organisation du marché électrique européen, l’Association européenne des industriels du gaz (GasNaturally) travaille à faire des propositions qui favorisent un déploiement encore plus important du gaz et des renouvelables.

François-Régis Mouton, son président, indique : "il est important que l’industrie du gaz se fasse le fervent défenseur du couple gaz et renouvelables. Il est la solution pour le secteur de la génération électrique, alors que l’Union Européenne laisse de facto augmenter la part du charbon, avec les conséquences négatives que cela a non seulement en terme d’émissions de CO2 mais aussi sur la santé humaine (NOx, SOX et particules)."

Aujourd’hui déséquilibré en raison d’un trop grand nombre de quotas émis, le marché de l’ETS ne pénalise plus les énergies fortement émettrices de gaz à effet de serre puisque le prix de la tonne de CO2 est passé à environ 6€ contre 36€ en 2008. Or, les centrales à gaz européennes ont du mal à résister à la concurrence des centrales à charbon, devenues beaucoup plus compétitives en raison de l’abondance de cette ressource et du faible prix de la tonne de carbone. Autre axe de travail : le besoin de réformer en profondeur les marchés afin de donner un signal prix fort aux énergies qui apportent de la flexibilité au système – le gaz et l’hydroélectricité – et d’assurer la continuité de l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité.

La complémentarité entre gaz et énergies renouvelables est donc bel et bien une réalité. Reste à lui donner l’amplitude qu’il convient face aux défis climatiques et énergétiques.

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Herve

Bon article. L’ennui c’est que le recours au gaz génere lui aussi du CO2, moins que le charbon, certes, mais il en produit aussi…

Lionel-fr

Non seulement on peut mettre un peu d’hydro dans le gaz , mais on peut faire du gaz avec de l’hydro partout où on a une source de CO2 et même en utilisant le CO2 de l’air .. On se trompe en résumant la question des GES à une diminution de la consommation de fossiles. Il faut éradiquer les fossiles dans les 30 prochaines années et ce n’est pas au tiers monde de le faire mais aux pays riches pleins de bagnoles et de compteurs électriques.. Si on prétend vraiment changer quelque chose aux grands équilibres mondiaux (par exemple en siégeant au G7 et à l’ONU), alors le remplacement progressif des fossiles est la priorité au sommet de la pile des urgences Ce n’est pas en calculant les prix au centime près qu’on change le monde, on s’assure un revenu certes mais ce n’est pas la même chose. L’hydrogène est un vaste chantier qui prendra la place des fossiles à l’échelle de temps d’une vie humaine et c’est ce genre de révolution qui ammènera de la vraie croissance en europe, pas en comptant les petits sous pour partir en vacances En france , vous n’avez pas de pétrole et pas de boulot, il serait temps de se mettre au boulot pour faire du pétrole!

Herve

Bonjour Lionel L’ennui c’est que la différence de prix ne se résume pas à un centime mais beaucoup plus: Ici, on parle du gaz qui, avec l’exploitation du gaz de schistes sort à moins de 30€ du Mwh. Du méthane recombiné à partie d’H2 issu d’ENRs doit tourner facilement dans les 10x plus… Pour moi, tant qu’il subsitera des solutions bon marché, il n’y aura pas de place pour les solutions non rentables, loi de la concurence oblige… Mais c’est juste mon avis!

Lionel-fr

ok , la question est mal posée. Actuellement , on assiste à une campagne de presse en faveur du gaz à laquelle je vois deux raisons : 1. l’ouverture prochaine du terminal méthanier de Dunkerke (j’ignore le coût du gaz livré par méthanier mais je doute qu’il soit au prix que vous dîtes. 2. On aimerait pereniser le gaz au détriment du charbon alors que le prix (et la demande) pour ce dernier est en forte chute. La France ne produit ni l’un , ni l’autre, d’ailleurs, la France ne brille pas par ses matières premières alors que son industrie reste en récession. La seule alternative actuelle est de vendre … ses 65 millions de consommateurs à des fournisseurs assez sympas pour installer un peu de logistique sur place et employer un peu de monde. En matière industrielle , on vend la maitrise d’ouvrage avec une tripotée d’entreprises “fabless” qui sous-traitent la fab en Asie notamment. De la même manière on sous-traite la production de gaz aux pays qui en ont dans leur sous-sol. Au point de vue prix, l’illusion donne l’impression que c’est moins cher parce que le client refuse de voir qu’en achetant son énergie à l’étranger, il met au chômage des millions de gens qui vont mettre les caisses de l’état en déficit , déficit qu’il faudra bien combler et c’est à ce moment là qu’on effectuera le deuxieme paiment pour l’énergie “pas chère” venue de l’étranger. Comme la banque de France a désormais un rôle honorifique , c’est l’europe qui supporte in fine les coûts etles répercute sur les cotisations de ses 27 états membres C’est également l’europe qui fabrique 60 milliards de monnaie par mois pour racheter des titres de dette plutôt bien notés par les agences , elle continuera à le faire jusqu’en septembre 2016. Si elle arrétait demain, il est probable que l’euro/dollar remonterait vers les 1.3 dollar pour un euro Merci donc à la BCE pour ce “quantitative easing” qui dévalue un peu l’euro ce qui rend toutes les entreprises européennes moins chères à l’export, moins endettées pour embaucher un peu plus et soulager la pression du chômage mais on voit bien que cela ne suffit pas. La BCE devra continuer après 2016 à diluer l’euro dans de la monnaie fraiche et hormis les obligations souveraines, qu’est ce qui pourrait bien donner un peu d’oxygène au tissu économique ? Une nouvelle source d’énergie bien sûr ! Le marché pèse 60 milliards par an rien quen France et si on remplaçait une partie de cette facture fossile, le double effet serait de faire baisser l’euro pour rendre nos produits plus sexis, mais en plus cela créerait une nouvelle filière industrielle non délocalisable qui embaucherait et cotiserait aux caisses aux frais des……. producteurs de fossiles !!! Vous comprenez pourquoi on parle de ruée vers l’or ? Et là il n’y a pas de piège, cette énergie sera payée une fois pour toutes et pas en plusieurs fois comme les fossiles actuellement. Il appartient donc à l’UE de voter les lois l’allègement fiscal sur la production d’énergie sur le sol européen. Air Liquide, McPhy, Audi, et une tripotée d’industriels allemands qui perçoivent 2 md de subventions hydrogène depuis 5 ans vont s’engouffrer dans la brèche et “mordre” à belles dents dans le gros gâteau des fossiles Même une petite bouchée dans un gateau à 60 md , ça fait un paquet d’emplois , de corrections de déficits, de revitalisation rurale.. Voilà ce qui doit se passer maintenant Et je n’ai même pas parlé de CO2 !

Sicetaitsimple

des energies renouvelables en Europe c’est avant tout Gazprom…. Je l’ai évoqué il y a peu, il me semble que l’important c’est de ne pas se précipiter vers de la production electrique à base de gaz, quitte à prolonger certaines centrales charbon. Nous sommes et nous serons en Europe de plus en plus dépendants au gaz importé pour ses usages “naturels” ( matière première, industrie, chauffage,….).La production des gisements existants ( Mer du Nord principalement) sont en voie d’épuisement, en tous les cas décroissent régulièrement. Ce n’est pas forcément judicieux d’ajouter une consommation de gaz supplémentaire pour la production d’électricité, sauf marginalement comme c’est le cas aujourd’hui car elle a (marginalement) tout son sens.

bmd

Curieux que l’on se jette ainsi sur le gaz sans se poser la question de sa durabilité Pour les géolgues spécialistes de cette questions, les contraintes géologiques devraient imposer à sa production de baisser de plus en plus rapidement après 2030 environ! çà ne donne guère de temps pour rentabiliser les centrales. Et d’ici là, il est bien possibe que les Russes décident de vendre leur production à la Chine plutôt qu’à l’Europe!

Goudreaupier

Nous sommes parfaitement d’accord sur le fait,qu’il faut réduire,au maximum,notre dépendance au gaz d’importation.Donc avec les gaz non conventionnels,comme les Gaz De Couches(dans le Nord et en Lorraine) et les Gaz De Schistes(avec le procédé de frack,”Ecorpstim”,au propane et au NFP),nous pourrions en France,réduire nos importations de 85% à 95%,aprés 2017(il faut d’abord virer du pouvoir les PS-EELV),en fait entre 2018 et 2030(et aussi après 2030).Ces gaz non conventionnels français,assureraient en plus,au besoin,l’essentiel du back-up du PV-éoliens,autour de 2030 et après,si le stockage à suffisament grande échelle du H2 n’était pas au rendez vous(industriellement parlant) en 2030 et au delà.Voilà la bonne manière de réduire au maximum nos factures d’importations de gaz,à l’avenir;quelque soit l’usage de ce gaz en France.

Goudreaupier

La frack,”Ecorpstim”,au propane tout comme au NFP,n’affecte pas les nappes phréatiques.Et ces procédés pourront d’ailleurs être essayés sous controle, progressivement,afin de le démontrer,de manière sure.Les blocages sont purement idéologiques et politiques.Et la France ne peut plus se permettre ce genre de luxe absurde.Vivement qu’on ait viré du pouvoir,en 2017, les PS-EELV,qui nous condamnent lamentablement,au gaz-nat importé,de Gazprom et d’ailleurs…

Bachoubouzouc

“le nucléaire? (devenu trop cher )” En quoi le nucléaire serait devenu trop cher ? L’EPR de Flamanville sortira une électricité aux dernières nouvelles autour de 90€/MWh. Et les chantiers futurs ne pourront, vous en conviendrez, pas se dérouler aussi mal que celui-ci. Par ailleurs, sur chaque palier du parc actuel on a constaté une baisse de coût de 25% entre la tête de série et les suivants. Le nucléaire (et pas forcément que l’EPR, qui en constitue le haut de gamme) est donc très compétitif par rapport à ses concurrents, surtout au vue du service rendu.

Goudreaupier

Le procédé au propane a été testé au canada et ailleurs(voir les détails sur le site internet d’ecorpstim,google est votre ami),il n’y a pas eu de pollution de nappes phréatiques.D’ailleurs les tests en France pourraient se faire prudemment sous controles et sans problèmes.C’est l’idéologie et la politique qui bloquent très betement.Cela se fera surement en 2018 ou 2019(le temps de mettre en place les protocoles techniques, après avoir viré Hollande & Cie en 2017).

Monsaint

Qulequ’un aurait le coût total dans l’investissement des énergies renouvelables en France ici? J’ai lu quelque part que le nucléaire avait coûté en tout 100 milliards d’euros, combien cela fait pour l’éolien et le solaire?

Sicetaitsimple

le GNL n’arrivera jamais à concurencer le gaz renouvelable dites vous…. Ah bon? Vous avez quelques éléments à nous fournir pour soutenir cette affirmation? Des éléments de production, de prix? On attend avec impatience vos éléments factuels.

Bachoubouzouc

Encore une fois, vous restez focalisé sur les problèmes de l’EPR, celui de Flamanville en particulier, en faisant les suppositions qui vous arrangent. Or le nucléaire ne s’arrête pas à l’EPR (qui encore une fois en est son élément le plus haut de gamme). Et il n’y a pas de forces magiques qui nous empêchent de réussir ces chantiers. D’un côté nous rencontrons les problèmes classiques pour le premier, et de l’autre notre presse nationale s’acharne dessus en faisant tout un foin à chaque pet de travers. Votre supposition sur le nucléaire “devenu trop cher” est donc fausse, le parc nucléaire chinois en construction par exemple est là pour le prouver.

I. lucas

La réonse est dans l’audition du président de la CRE : Les ENR électriques coûteront 100 G€ courants de 2014 à 2025 (cette période comprenddeux pèriodes qui èsent très lourd : -les installations photovoltaïque dont le tarif d’achat était de 600€/MWh pendant 20 ans; ce prix extrèmement élevé a entrainé la création d’une bulle ; le moratoire de 2010 a l’arrétée, mais il reste nécessaire de pratiquer des hausses de tarifs pour payer le coût de cette bulle qui pèsera jusqu’en 2030 – l’éolien en mer coutera environ 220€/MWh ; la production commencera en 2019 (le prix sur le marché de gros est d’environ 40€/MWh ; la différence donne lieu à rembousement via la CSPE) M. Philippe de Ladoucette “J’en viens aux principales conclusions de l’analyse prospective d’évolution de la CSPE à horizon de 2025. Les charges de service public devraient croître régulièrement pendant la période, pour atteindre près de 11 milliards en 2025. Le montant total cumulé des charges de service public entre 2014 et 2025 s’élève à 100 milliards d’euros courants.”

Monsaint

Ce n’est que les subventions j’imagine, je pensais à tous les investissements confondus vu que, c’est ce qu’on compte pour le nucléaire… en tout cas merci.

Sicetaitsimple

Ce que coute l’installation de tout moyen de production est interessant mais après tout n’est pas très important, c’est porté par le développeur du projet. Ce qui compte c’est l’impact sur la facture du consommateur final, donc (en France) la CSPE pour sa partie “soutien aux renouvelables”. Il a certainement une réponse à votre question, mais on va additionner des euros d’années différentes, voire des francs, dans un contexte d’évolution des coûts très rapide notamment pour le PV. Bref pas très parlant. Maintenant on peut quand même estimer un ordre de grandeur (à la très très grosse louche) de ce qui serait nécessaire aux conditions actuelles pour construire le parc éolien +PV existant ( en puissance, bien sûr il serait différent compte-tenu notamment de l’augmentation de taille des éolienes). 10000MW d’éolien terrestre , ça ferait environ 15 à 20Mld€. 5000MW de PV, ça dépend de la répartion grande fermes/toitures, mais disons une dizaine de Mld€ ou un peu moins? Encore une fois c’est à très grosse louche, j’attends déjà les remarques….

Monsaint

Oui, même pour les très grosses louches, c’est dur à trouver sur google… j’ai trouvé parfois 100 milliards cumulé pour le PV et 40 milliards cumulé pour l’éolien en mer. Pour l’argent public et privé qui disparaît alors qu’on obtient ni les emplois, ni les kWh, mais qui apparait dans la dette, c’est important aussi 😉 Merci pour les réponses

Herve

Il ne faut pas oublier non plus les couts annexes, car les enr ont besoins de beaucoup d’infrastructures (réseaux, stokage, backup) qu’il est necessaire d’intégrer dans le cout final. Ces installations sont d’autant plus nécessaires que la part des ENR augmente. De ce fait , il ne faut pas trop tabler sur une baisse. A la trés grosse louche, et pour un service identique, on peut estimer qu’un mix essentiellement ENR rammenerait le Kwh a 0.5€, soit environ 4x le prix actuel… En contre partie, on peut réduire significativement ce surcout en ayant recours à l’effacement, ce qui mis en pratique veut dire que les pauvres devront se passer des usages gourmands en energie quand elle sera faiblement disponible.

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