Le marché de l’énergie s’ouvre lentement à la concurrence

En France, le marché de l’électricité reste encore largement dominé par les tarifs réglementés et de fait par l’opérateur historique EDF : au 31 décembre 2011, 93% des sites toutes catégories confondues soit 63% de la consommation l’étaient encore.

Presque 5 ans après la dérégulation des prix du secteur de l’électricité – 1er juillet 2007 –  dans l’hexagone, seul 6% des particuliers sont passés en offre de marché !

Concrètement, sur un total de 30,6 millions de sites, 1.838.000 ont franchi le pas, dont 1.826.000 chez un fournisseur alternatif (Poweo, Direct Energie, etc.).

Selon la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), le rythme d’ouverture du marché de l’électricité pour les particuliers continue sa tendance haussière avec 87.000 clients supplémentaires (soit +5%) en offre de marché à la fin du quatrième trimestre 2011, contre 77 000 au troisième trimestre 2011.

Le marché de l'énergie s'ouvre 'très' lentement à la concurrence

 

Et le gaz ?

Concernant le marché de détail de gaz, 15% des sites étaient en offre de marché sur la même période, ce qui représente 59% de la consommation. Le rythme d’ouverture est resté stable avec une progression de près de 48.000 clients supplémentaires en offre de marché (soit +3,4%) par rapport au troisième trimestre 2011.

A fin 2011, 1.459.000 sites sur un total de 10,7 millions de sites étaient en offre de marché, dont 980 000 chez un fournisseur alternatif (Lampiris, Altergaz, Direct Energie, Poweo, etc.).

Le marché de l'énergie s'ouvre 'très' lentement à la concurrence

 

Et les professionnels ?

A propos des clients ‘non résidentiels‘, le nombre de clients en offre de marché en électricité a diminué de 0,9% par rapport au trimestre précédent. Au 31 décembre 2011, 693.000 sites sur un total de 4,9 millions sont en offre de marché en électricité, dont 368.000 chez un fournisseur alternatif.

A contrario, sur le marché du gaz, le rythme d’ouverture s’est accélèré : "on enregistre 6.400 clients supplémentaires en offre de marché (soit + 2,3%) à la fin du quatrième trimestre 2011 contre une augmentation de 3 500 au troisième trimestre 2011" a noté la CRE.

Au 31 décembre 2011, 287.000 sites sur un total de 677.000 étaient en offre de marché, dont 138.000 chez un fournisseur alternatif.

Enfin, lors des mises en service effectuées à l’occasion des emménagements au cours du quatrième trimestre 2011, 27% des consommateurs résidentiels et non résidentiels ont fait le choix d’un fournisseur alternatif de gaz et 10% ont fait celui d’un fournisseur alternatif d’électricité.

[DVID]

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ecoenergie

Aujourd’hui ce sont ces sociétés qui developpent en France des centrales a gaz, c’est a dire utilisant des combustibles fossiles d’ou deux consequences augmentation des emisions de CO2 et creation d’emploi en dehors de la France

ecoenergie

Aujourd’hui ce sont ces sociétés qui developpent en France des centrales a gaz, c’est a dire utilisant des combustibles fossiles d’ou deux consequences augmentation des emisions de CO2 et creation d’emploi en dehors de la France

rouget

La vraie question ici est le prix du nucléaire auquel on veut le brader aux fournisseurs qui n’auront pas à réinvestir dans le parc nucléaire. On a un système étrange avec fixation des prix par l’Etat et dérégulation mal pensée et inefficace (les prix de l’électricité ont augmentés en Europe après la libéralisation !).

Lord predator

Sachant que ces des entreprises qui mise largement sur le gaz et charbon, je préfére largement resté chez EDF et son nucléaire

Lurker

Il faut aussi compter avec Planète Oui et Enercoop, ainsi que les autres fournisseurs proposant une option 100% EnR

Olivier75

Les fournisseurs d’énergie alternatifs accroissent lentement leur part de marché après une stagnation en 2010 (notamment en électricité), mais à quel prix ? Les TRV étant bas, il leur est impossible de faire des offres financièrement attractives (à l’heure actuelle, les éléments de différentiation autres que le prix n’ont pas été trouvés : l’énergie “verte” ne suscitant qu’un intérêt très relatif auprès des consommateurs). Du coup, les canaux d’acquisition sont essentiellement “sortants” (VAD, télévente sortante) car les clients potentiels viennent peu d’eux-mêmes vers les offres des nouveaux entrants (une étude a montré qu’en deça de 15 à 20% de discount sur ce type de marchés, les flux entrants étaient très faibles). Le problème réside alors dans le coût de ces acquisitions et dans la qualité du portefeuille clients. Avec des marges faibles, il est difficile d’amortir les coûts d’acquisition de ces clients. Ce phénomène est amplifié car, pour faire du volume, la VAD a été privilégiée (avec les “problèmes” de qualité que des opérateurs comme Direct Energie et POWEO ont pu connaitre en 2008 et 2009 avec les affaires à Houdain par exemple). Par sa nature, le démarchage à domicile s’attaque principalement à des cibles avec des consommations unitaires plus faibles que la moyenne et générant des problèmes d’impayés importants. Par ailleurs, les réseaux de commercialisation à domicile (ou les vendeurs eux-mêmes) “tournent” régulièrement et cela a pour conséquence d’accroitre le taux de churn du parc client, réduisant d’autant la période sur laquelle l’opérateur peut amortir ses coûts d’acquisition. L’ARENH a donné de la visibilité aux opérateurs, mais n’a pas permis d’équilibrer leurs comptes : il suffit pour cela de regarder le résultat de POWEO (des erreurs de management ont certainement contribué à la dégringolade de cette entreprise). Direct Energie ne publie pas ses comptes, mais la rentabilité n’est sans doute pas encore au rendez-vous. Ainsi, dire que le marché s’ouvre à la concurrence comme le mentionne le titre de l’article est sans doute incomplet.

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