La technologie houlomotrice d’Eco Wave Power a été mise en avant lors du discours d’ouverture de Jensen Huang, PDG de NVIDIA, à la conférence GTC de San José. C’est un exemple de comment l’intelligence artificielle peut optimiser la production d’électricité à partir des vagues, alors que la demande énergétique des centres de données explose.
La convergence entre intelligence artificielle et énergies marines renouvelables s’est manifestée de manière inattendue lors de la conférence annuelle GTC de NVIDIA à San José. Dans son discours d’ouverture, Jensen Huang, le dirigeant de la société spécialisée dans les puces graphiques, a intégré une démonstration de la technologie houlomotrice développée par Eco Wave Power. La séquence utilisait un jumeau numérique pour montrer comment la simulation et la modélisation pilotées par l’IA peuvent transformer l’exploitation des infrastructures énergétiques côtières.
Une validation technologique inattendue
L’intégration de l’énergie houlomotrice dans l’une des présentations les plus suivies du secteur technologique marque un tournant symbolique. Alors que l’expansion rapide des centres de données intensifie la pression sur les réseaux électriques mondiaux, NVIDIA semble identifier dans les énergies marines une solution potentielle pour alimenter sa propre croissance. La vidéo présentée lors de la conférence principale montrait un jumeau numérique de la technologie d’Eco Wave Power, une réplique virtuelle permettant d’illustrer comment les vagues océaniques peuvent être converties en électricité pour des infrastructures à forte demande énergétique.
Inna Braverman, fondatrice et PDG d’Eco Wave Power, a souligné l’importance de cette reconnaissance : « Nous sommes honorés que notre technologie ait été présentée lors de la conférence principale du GTC. Alors que l’IA continue de se développer à l’échelle mondiale, la demande en énergie fiable et durable s’accélère, et l’énergie houlomotrice représente une opportunité importante de produire de l’électricité propre à partir des infrastructures côtières existantes. »
Une réponse à l’explosion énergétique de l’IA
Le timing de cette présentation n’est pas anodin. La consommation électrique des centres de données fait l’objet d’un examen de plus en plus rigoureux de la part des régulateurs et des observateurs. Selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie, la part de l’électricité mondiale absorbée par ces infrastructures, qui représentait environ 1,5 % en 2024, pourrait pratiquement doubler d’ici 2030 avec le développement des charges de travail liées à l’intelligence artificielle. Aux États-Unis, l’Electric Power Research Institute estime même que la demande des centres de données pourrait atteindre 17 % de la consommation énergétique nationale d’ici la fin de la décennie.
La technologie développée par Eco Wave Power se démarque quant à elle par son approche terrestre. Contrairement aux systèmes offshore qui nécessitent des installations en mer, les équipements sont conçus pour être fixés sur des structures côtières existantes : leur configuration évite les coûts et les complexités liés à l’ancrage en mer ou à la construction sur les fonds marins. L’entreprise positionne ainsi sa solution comme particulièrement adaptée pour alimenter les centres de données côtiers, les ports et les installations industrielles où se concentre une part significative de l’infrastructure informatique mondiale.
Un portefeuille de projets en expansion
Eco Wave Power dispose déjà d’une station d’énergie houlomotrice connectée au réseau au port de Jaffa en Israël, développée en partenariat avec EDF Renewables. L’entreprise a également lancé un projet pilote au Port de Los Angeles en collaboration avec Shell Marine Renewable Energy. Son développement international s’accélère avec des projets avancés au Portugal, à Taïwan et en Inde, portant son portefeuille total de projets en développement à 404,7 mégawatts.
La présence au GTC fait suite à une reconnaissance institutionnelle notable. En février, un laboratoire national du Département de l’Énergie américain a sélectionné Eco Wave Power parmi seulement trois développeurs d’énergie houlomotrice pour modéliser la production d’énergie sur quatre sites de déploiement potentiels aux États-Unis. Cette double validation, à la fois par les acteurs institutionnels de l’énergie et par les géants technologiques, suggère que l’énergie houlomotrice pourrait sortir de son statut de technologie de niche.
Une convergence stratégique
La conférence GTC de NVIDIA, qui s’est déroulée sur quatre jours jusqu’au 19 mars, a présenté plus d’un millier de sessions techniques sur l’intelligence artificielle, le calcul accéléré et les applications d’IA physique. Aussi, l’avenir de l’IA dépendra non seulement de la puissance de calcul, mais aussi de la disponibilité d’une électricité abondante et décarbonée.
Les géants technologiques de leur côté commencent à investir directement dans la production d’énergie renouvelable. Microsoft, Google et Amazon ont déjà annoncé des investissements massifs dans des projets solaires et éoliens pour alimenter leurs centres de données. L’intérêt de NVIDIA pour l’énergie houlomotrice pourrait signaler l’émergence d’une nouvelle stratégie. Plutôt que de simplement acheter de l’électricité verte, les entreprises technologiques pourraient chercher à développer des solutions énergétiques spécifiquement adaptées à leurs besoins.
Le défi reste toutefois considérable. L’énergie houlomotrice représente aujourd’hui une fraction infime du mix énergétique mondial, et son développement à grande échelle doit encore surmonter des obstacles techniques et économiques.


















