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Image complète illustrant la détection de structures histologiques clés telles que les glandes et les cellules. Crédit : Dr Fayyaz Minhas / Université de Warwick

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Les outils d’IA contre le cancer risquent d’apprendre par « raccourcis » plutôt que de détecter la vraie biologie

par La rédaction
10 mars 2026
en Intelligence artificielle, Technologie

De nouvelles recherches avertissent que les systèmes populaires d’apprentissage profond formés pour la pathologie du cancer pourraient s’appuyer sur des raccourcis cachés plutôt que sur de véritables signaux biologiques.

Les outils d’intelligence artificielle sont de plus en plus développés pour prédire la biologie du cancer directement à partir d’images microscopiques, promettant des diagnostics plus rapides et des tests moins chers. Mais de nouvelles recherches de l’Université de Warwick, publiées dans Nature Biomedical Engineering, suggèrent que nombre de ces systèmes pourraient utiliser des raccourcis visuels plutôt que la vraie biologie — ce qui soulève des inquiétudes quant au fait que certains outils d’IA en pathologie sont actuellement trop peu fiables pour les soins aux patients dans le monde réel.

« C’est un peu comme juger de la qualité d’un restaurant par la queue de personnes qui attendent pour entrer : c’est un raccourci utile, mais ce n’est pas une mesure directe de ce qui se passe dans la cuisine », explique le Dr Fayyaz Minhas, professeur associé et chercheur principal du laboratoire PRISM (Predictive Systems in Biomedicine) au Département d’informatique de l’Université de Warwick, et auteur principal de l’étude. « De nombreux modèles d’IA en pathologie font la même chose, s’appuyant sur des corrélations entre biomarqueurs ou sur des caractéristiques tissulaires évidentes, plutôt que d’isoler les signaux spécifiques aux biomarqueurs. Et lorsque les conditions changent, ces raccourcis s’effondrent souvent. »

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé plus de 8 000 échantillons de patients à travers quatre types de cancer majeurs — sein, colorectal, poumon et endomètre — et ont comparé les performances des principales approches d’apprentissage automatique. Bien que les modèles aient souvent obtenu une grande précision globale, l’équipe a constaté que cela provenait fréquemment de « raccourcis » statistiques.

Par exemple, au lieu de détecter les mutations du gène BRAF associé au cancer, un modèle pourrait apprendre que les mutations BRAF se produisent souvent parallèlement à une autre caractéristique clinique telle que l’instabilité des microsatellites (MSI). Le système apprend alors à utiliser cette combinaison d’indices pour prédire le statut BRAF plutôt que d’apprendre le signal causal de BRAF lui-même – ce qui signifie que les prédictions précises du cancer ne fonctionnent que lorsque ces biomarqueurs coexistent et deviennent peu fiables lorsqu’ils ne coexistent pas.

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Kim Branson, SVP Global Head of Artificial Intelligence and Machine Learning, GSK et co-auteur, affirme : « Nous avons découvert que prédire une mutation BRAF en regardant des caractéristiques corrélées comme la MSI, c’est souvent comme prédire la pluie en regardant les parapluies—cela fonctionne, mais cela ne signifie pas que vous comprenez la météorologie. Surtout, si un modèle ne peut pas démontrer un gain d’information au-delà d’un simple grade assigné par un pathologiste, nous n’avons pas fait avancer le domaine ; nous avons juste automatisé un raccourci. La feuille de route pour la prochaine génération d’IA en pathologie ne consiste pas nécessairement en des modèles plus grands ; ce sont des protocoles d’évaluation plus stricts qui obligent les algorithmes à arrêter de tricher et à apprendre la biologie complexe. »

Lorsque les performances des modèles d’IA ont été évaluées dans des sous-groupes de patients stratifiés, tels que seulement les cancers du sein de haut grade ou seulement les tumeurs MSI-positives, la précision a considérablement chuté, révélant que les modèles dépendaient de signaux de raccourci qui disparaissent une fois que les facteurs de confusion sont contrôlés.

Pour certaines tâches de prédiction, l’avantage de performance de l’apprentissage profond par rapport aux informations cliniques dérivées de l’homme était modeste. Les systèmes d’IA ont obtenu des scores de précision d’un peu plus de 80 % lors de la prédiction des biomarqueurs, contre environ 75 % en utilisant uniquement le grade de la tumeur — une mesure déjà évaluée par les pathologistes.

Le professeur Nasir Rajpoot, directeur du centre TIA (Tissue Image Analytics) de l’Université de Warwick et PDG de la spin-off de Warwick Histofy, souligne : « Cette étude met en évidence un point critique concernant le déploiement de l’IA en médecine : pour avoir un impact réel et durable, la valeur des prédictions cliniquement importantes basées sur l’IA doit être jugée par une évaluation rigoureuse et consciente des biais, plutôt que de se fier uniquement aux précisions globales qui ne tiennent pas compte des effets de confusion. »

Les méthodes d’apprentissage automatique peuvent encore s’avérer précieuses pour la recherche, le criblage de candidats au développement de médicaments et pour le triage clinique, le dépistage ou le soutien à la décision supplémentaire. Cependant, les chercheurs soutiennent que les futurs outils d’IA doivent aller au-delà de l’apprentissage basé sur la corrélation et adopter des approches qui modélisent explicitement les relations biologiques et la structure causale. Ils appellent également à des normes d’évaluation plus strictes, y compris des tests de sous-groupes et une comparaison avec des références cliniques simples, avant d’envisager un déploiement dans les soins de routine.

Le Dr Minhas conclut : « Cette recherche n’est pas une condamnation de l’IA en pathologie. C’est un signal d’alarme. Les modèles actuels peuvent bien fonctionner dans des environnements contrôlés mais s’appuient sur des raccourcis statistiques plutôt que sur une véritable compréhension biologique. Tant que des normes d’évaluation plus robustes ne seront pas en place, ces outils ne doivent pas être considérés comme des remplacements des tests moléculaires, et il est essentiel que les cliniciens et les chercheurs comprennent leurs limites et les utilisent avec une prudence appropriée. »

La co-auteure, la Prof. Sabine Tejpar, chef de l’oncologie digestive à la KU Leuven, explique : « La pertinence clinique des nouveaux outils nécessite un ajustement fondé sur ce qui est précis, correct et réalisable pour le patient individuel. Trop souvent, l’oncologie est emportée par l’« innovation » avec un impact limité ou nul sur les soins aux patients, davantage motivée par ce qui peut être fourni ou vendu que par une évaluation rigoureuse de ce qui est vraiment pertinent pour les patients individuels et leurs caractéristiques spécifiques.

« Alors que le progrès exige souvent des premiers pas imparfaits, nous devrions tirer les leçons du passé et éviter la simplification excessive ou les dépassements par des concepts inappropriés. La complexité et la variabilité sont des défis centraux — mais ce sont aussi exactement ce que ces nouvelles technologies doivent apprendre à embrasser. »

Article : ‘Confounding factors and biases abound when predicting molecular biomarkers from histological images – Journal : Nature Biomedical Engineering – Méthode : Imaging analysis – DOI : Lien vers l’étude

Source : Warwick U.

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Tags: apprentissagecanceriapathologie
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New research warns that popular deep learning systems trained for cancer pathology may be relying on hidden shortcuts rather than genuine biological signals.

Artificial intelligence tools are increasingly being developed to predict cancer biology directly from microscope images, promising faster diagnoses, and cheaper testing. But new research from the University of Warwick, published in Nature Biomedical Engineering, suggests that many of these systems may be using visual shortcuts rather than true biology — raising concerns that some AI pathology tools are currently too unreliable for real-world patient care.

“It’s a bit like judging a restaurant’s quality by the queue of people waiting to get in: it’s a useful shortcut, but it’s not a direct measure of what’s happening in the kitchen.” says Dr Fayyaz Minhas, Associate Professor and principal investigator of the Predictive Systems in Biomedicine (PRISM) Lab in the Department of Computer Science, University of Warwick, and lead author of the study. “Many AI pathology models are doing the same thing, relying on correlations between biomarkers or on obvious tissue features, rather than isolating biomarker-specific signals. And when conditions change, these shortcuts often fall apart.”

To reach this conclusion, the researchers analysed more than 8,000 patient samples across four major cancer types — breast, colorectal, lung and endometrial — and compared the performance of leading machine learning approaches. While the models often achieved high headline accuracy, the team found this frequently came from statistical “shortcuts.”

For example, instead of detecting mutations in the cancer-associated BRAF gene, a model might learn that BRAF mutations often occur alongside another clinical feature such as microsatellite instability (MSI). The system then learns to use this combination of cues to predict BRAF status rather than learning the causal BRAF signal itself - meaning accurate cancer predictions work only when these biomarkers co-occur and become unreliable when they do not.

Kim Branson, SVP Global Head of Artificial Intelligence and Machine Learning, GSK and co-author says: “We've found that predicting a BRAF mutation by looking at correlated features like MSI is often like predicting rain by looking at umbrellas—it works, but it doesn't mean you understand meteorology. Crucially, if a model cannot demonstrate information gain above a simple pathologist-assigned grade, we haven't advanced the field; we've just automated a shortcut. The roadmap for the next generation of pathology AI isn't necessarily bigger models; it’s stricter evaluation protocols that force algorithms to stop cheating and learn the hard biology."

When performance of AI models was assessed within stratified patient subgroups, such as only high-grade breast cancers or only MSI-positive tumours, accuracy fell substantially, revealing that the models were dependent on shortcut signals that disappear once confounding factors are controlled.

For certain prediction tasks, the performance advantage of deep learning over human-derived clinical information was modest. AI systems achieved accuracy scores of just over 80% when predicting biomarkers, compared with around 75% using tumour grade alone — a measure already assessed by pathologists.

Professor Nasir Rajpoot, Director of the Tissue Image Analytics (TIA) Centre at University of Warwick and CEO of Warwick spin-out Histofy said: “This study highlights a critical point about the rollout of AI in medicine: to deliver real and lasting impact, the value of AI-based clinically important predictions must be judged through rigorous, bias-aware evaluation, rather than relying solely on headline accuracies that fail to account for confounding effects.”

Machine learning methods can still prove valuable for research, drug development candidate screening and for clinical triaging, screening, or supplementary decision support. However, the researchers argue that future AI tools must move beyond correlation-based learning and adopt approaches that explicitly model biological relationships and causal structure. They also call for stronger evaluation standards, including subgroup testing and comparison against simple clinical baselines, before looking at deployment in routine care.

Dr Minhas concludes: “This research is not a condemnation of AI in pathology. It is a wake-up call. Current models may perform well in controlled settings but rely on statistical shortcuts rather than genuine biological understanding. Until more robust evaluation standards are in place, these tools should not be seen as replacements for molecular testing, and it is essential that clinicians and researchers understand their limitations and use them with appropriate caution.”

Coauthor, Prof. Sabine Tejpar, Head of Digestive Oncology at KU Leuven says: “Clinical relevance of novel tools requires grounded tailoring to what is precise, correct and feasible for the individual patient. Too often, oncology is swept up by ‘innovation’ with limited or no impact on patient care, driven more by what can be provided or sold than by rigorous assessment of what is truly relevant for individual patients and their specific features.

“While progress often requires imperfect first steps, we should learn from the past and avoid oversimplification or overreach through inappropriate concepts. Complexity and variability are central challenges — but they are also exactly what these novel technologies must learn to embrace.”

ENDS

Notes to Editors

For more information please contact:

Matt Higgs, PhD | Media & Communications Officer (Warwick Press Office)

Email: Matt.Higgs@warwick.ac.uk | Phone: +44(0)7880 175403

About the study

The paper, 'Confounding factors and biases abound when predicting molecular biomarkers from histological images' is published in Nature Biomedical Engineering. DOI: 10.1038/s41551-026-01616-8

The large-scale analysis was led by first author Dr Muhammad Dawood during his PhD at the University of Warwick, now a postdoctoral fellow at the University of Oxford

Why this matters

  • Biomarkers guide treatment decisions. If AI tools confuse correlated signals, patients could receive inappropriate therapies.
  • High accuracy scores can be misleading. This study shows why deeper validation is essential before clinical deployment.
  • While AI promises faster and cheaper diagnostics, premature adoption could undermine confidence and lead to costly errors.
  • The findings point to a shift toward causal, biology-aware AI models that better reflect how disease actually works.

About the University of Warwick

Founded in 1965, the University of Warwick is a world-leading institution known for its commitment to era-defining innovation across research and education. A connected ecosystem of staff, students and alumni, the University fosters transformative learning, interdisciplinary collaboration, and bold industry partnerships across state-of-the-art facilities in the UK and global satellite hubs. Here, spirited thinkers push boundaries, experiment, and challenge conventions to create a better world.

Journal

Nature Biomedical Engineering

DOI

10.1038/s41551-026-01616-8

Method of Research

Imaging analysis

Subject of Research

Human tissue samples

Article Title

'Confounding factors and biases abound when predicting molecular biomarkers from histological images

Article Publication Date

2-Mar-2026

COI Statement

MD conducted this study during his PhD at the University of Warwick, UK. MD received PhD studentship support from GSK Inc. KB is an employee of GSK Inc. NR is the founding Director, CEO and CSO of Histofy Ltd. FM holds shares in Histofy Ltd with no operational involvement. The authors declare no other competing interests.

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