Le bassin de Limagne fait l’objet d’un permis exclusif de recherches de mines de lithium couvrant 442,68 km² dans le Puy-de-Dôme. Le titre ouvre une phase d’exploration mais il ne vaut ni autorisation d’extraction, ni autorisation de construire une mine.
📌 L’essentiel en 3 points
- Le permis exclusif de recherches de mines de lithium « Bassin de Limagne » couvre 442,68 km² dans le Puy-de-Dôme et a été publié au Journal officiel le 27 août 2026.
- Le titulaire légal est 2gré ; Arverne indique que ce permis porte son portefeuille à neuf PER, dont trois dédiés au lithium.
- Le permis autorise la recherche, non l’exploitation : une concession distincte serait nécessaire avant toute production.
Cinq ans pour sonder le sous-sol auvergnat
L’arrêté du 31 juillet 2026 accordant le permis exclusif de recherches de mines de lithium dit « Bassin de Limagne » a été publié au Journal officiel le 27 août 2026. Le permis est accordé pour une durée de cinq ans à compter de cette publication.
Le titulaire légal est la société 2gré, du groupe Arverne. Dans un communiqué publié le 3 septembre 2026, Arverne indique que cette attribution porte son portefeuille à neuf permis exclusifs de recherches, dont trois dédiés au lithium.
Le périmètre couvre 442,68 km². Le programme a pour objet d’approfondir la connaissance du potentiel de lithium géothermal associé aux saumures du système géothermique et d’en évaluer le potentiel technique, économique et industriel.
Le dossier administratif mentionne quant à lui un engagement financier de 11,95 millions d’euros dans le programme exploratoire associé au secteur de Riom-Clermont-Métropole. Il évoque notamment un doublet géothermique et le développement d’une méthode d’extraction adaptée à la teneur en lithium des saumures.
Les données géologiques, hydrogéologiques et thermiques devront être collectées, analysées et modélisées. Des travaux éventuels, notamment de forage, ne découleraient pas automatiquement du permis, ils relèveraient de procédures administratives distinctes.
Le permis n’est pas une mine
Le permis exclusif de recherches donne à son titulaire l’exclusivité de la recherche des substances visées à l’intérieur d’un périmètre déterminé. Il ne confère pas un droit d’exploitation commerciale.
Aucune concession, aucune usine et aucune production de lithium ne sont donc garanties par l’arrêté. Toute exploitation nécessiterait une concession minière distincte, sauf le cas d’une exploitation par l’État prévu par le Code minier. Une demande de concession doit notamment être accompagnée d’une étude de faisabilité environnementale, économique et sociale.
Le contexte économique du lithium a fortement évolué depuis le sommet de 2022. L’Agence internationale de l’énergie indique que les prix, après avoir été multipliés par huit entre 2021 et 2022, avaient reculé de plus de 80% depuis 2023 ; elle relève aussi un rebond en 2025 et au début de 2026.
La Chine quant à elle conserve une position dominante dans la transformation du lithium, toujours d’après l’AIE, elle produit environ 70% des produits chimiques du lithium dans le monde. Cette concentration constitue un enjeu de dépendance pour les chaînes de valeur situées hors de Chine.
À ce stade, Arverne étudie le potentiel du lithium géothermal dans le périmètre de Limagne. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir l’existence d’un gisement exploitable, ni de conclure à la faisabilité industrielle d’une future production.
Rien ne n’autorise donc d’affirmer que le bassin de Limagne produira un jour du lithium. L’exploration commence ; l’existence d’une ressource exploitable reste à démontrer.
















