Dans une annonce tonitruante, la NASA a révélé que l’impact de sa sonde DART sur la petite lune Dimorphos a eu une conséquence inattendue et plus profonde. En effet, elle a légèrement altéré la trajectoire du système binaire tout entier autour du Soleil. Pour la première fois, l’humanité a modifié la trajectoire d’un corps céleste, franchissant une étape symbolique et scientifique majeure dans la protection de la Terre.
Le 26 septembre 2022, un vaisseau spatial de la taille d’une machine à lauder s’écrasait volontairement à 24 000 km/h sur Dimorphos, une petite lune qui gravite autour de l’astéroïde Didymos. L’objectif de la mission DART (Double Asteroid Redirection Test) était de tester la technique de l’impact cinétique pour dévier un astéroïde potentiellement dangereux. Les premiers résultats, connus quelques semaines plus tard, étaient déjà un succès. L’orbite de Dimorphos autour de Didymos avait été raccourcie de 32 minutes.
Mais les données les plus récentes, publiées par la NASA vendredi dernier, révèlent une conséquence plus fondamentale. L’impact a non seulement modifié la danse interne du système binaire, mais il a aussi imprimé une légère mais mesurable perturbation à l’orbite solaire de l’ensemble Didymos-Dimorphos.
Un effet en cascade, de la lune à l’étoile
Les observations télescopiques mondiales menées depuis l’impact ont permis de détecter cet effet subtil. Selon les calculs de l’agence spatiale américaine, l’énergie transmise par l’impact de DART a réduit la vitesse du système binaire de 11,7 micromètres par seconde. Une valeur infinitésimale à l’échelle humaine, mais suffisante pour contracter son orbite autour du Soleil d’environ 360 mètres et raccourcir sa période de révolution de 0,15 seconde.
« Cette découverte positionne l’humanité comme capable de dévier des astéroïdes dangereux via impact cinétique », souligne un communiqué de la NASA. Elle valide les modèles théoriques les plus complexes, qui prévoyaient qu’un choc sur un des deux corps d’un système binaire pouvait affecter la dynamique de l’ensemble. Didymos, d’un diamètre d’environ 780 mètres, et sa lune Dimorphos, d’environ 160 mètres, forment un duo idéal pour ce test. Ils orbitent autour du Soleil tous les 770 jours et, surtout, ne représentent aucune menace pour notre planète, faisant d’eux une cible de laboratoire parfaite.

Hera, la mission européenne, va apporter la preuve définitive
Si l’effet est mesuré depuis la Terre, la confirmation ultime et l’analyse détaillée des conséquences de l’impact reviendront à la mission Hera de l’Agence spatiale européenne (ESA). Actuellement en route, le vaisseau et ses deux petits CubeSats doivent arriver à proximité de Didymos à la fin de l’année 2026.
Hera a pour mission de réaliser une enquête de terrain approfondie. Elle cartographiera avec une précision inédite la surface de Dimorphos, mesurera sa masse exacte, un paramètre essentiel pour comprendre le transfert d’énergie lors de l’impact et analysera le cratère laissé par DART. Les données permettront ainsi de calibrer avec une extrême précision les modèles d’impact cinétique.
Les données obtenues permettront d’affiner les modèles de défense planétaire contre ces fameux géocroiseurs (astéroïdes de grande taille ) qui sont potentiellement dangereux. La mission européenne est donc la pièce complémentaire et indispensable de ce premier test grandeur nature.
Une nouvelle ère pour la défense planétaire
Les implications de cette double réussite comme la déviation initiale de Dimorphos et la perturbation confirmée de l’orbite solaire sont profondes. Elles démontrent qu’avec une avance suffisante, une mission relativement simple et peu coûteuse comme DART pourrait effectivement pousser un astéroïde dangereux sur une trajectoire d’évitement.
La démonstration technique naissante s’accompagne toutefois de défis tout aussi importants tels que le besoin de cataloguer et de surveiller tous les objets géocroiseurs potentiellement menaçants, et la nécessité d’une coordination internationale pour décider du « si » et du « comment » d’une telle intervention.
Le succès de DART et les résultats attendus d’Hera signifient désormais que l’humanité a développé et testé avec succès un premier outil dans sa boîte à outils de survie à long terme. Le système Didymos, simple cible de test il y a encore quelques années, est devenu le lieu d’une première historique.
Source : NASA / ESA

















