Samedi 14 juin, l’Institut de physique des plasmas de l’Académie chinoise des sciences a annoncé la validation complète de deux aimants supraconducteurs destinés au programme chinois de fusion nucléaire, à Hefei, dans la province d’Anhui. Le plus imposant, un aimant toroïdal de 582 tonnes, surpasse en volume et en capacité de stockage les équipements comparables du projet international ITER. L’ensemble des matériaux a été produit localement, consolidant l’autonomie technologique de Pékin.
Un colosse de 582 tonnes, conçu pour fonctionner soixante années sous des températures extrêmes, des courants élevés et des radiations intenses. L’Institut de physique des plasmas de l’Académie chinoise des sciences a annoncé samedi 14 juin la validation complète de deux aimants supraconducteurs destinés au programme de fusion nucléaire chinois, désigné sous le nom de « soleil artificiel ». Les tests, menés à Hefei dans la province d’Anhui, marquent une progression tangible de Pékin vers la maîtrise autonome de la fusion.
Un aimant aux dimensions inédites
La pièce centrale de l’annonce est un aimant supraconducteur toroïdal (TF) de 582 tonnes métriques, présenté comme le plus imposant jamais assemblé pour un réacteur à fusion. Son volume dépasse de 1,3 fois celui de l’aimant TF employé au sein du Réacteur Thermonucléaire Expérimental International (ITER), et sa capacité de stockage d’énergie atteint le triple de ce que propose l’équipement international. L’appareil chinois a pour fonction de générer le champ magnétique toroïdal qui confine le plasma, chauffé à plusieurs centaines de millions de degrés Celsius. Selon les spécifications techniques communiquées par l’institut, l’aimant est calibré pour une durée de service stable de 60 ans, malgré un environnement associant températures ultra-basses, courants intenses, rayonnements élevés et contraintes mécaniques fortes.
Un second composant, une bobine solénoïde centrale supraconductrice à haute température, a également achevé ses essais en conditions réelles samedi. Les développeurs ont précisé que « ses indicateurs clés atteignent des niveaux de référence à l’échelle internationale ». La bobine transporte de manière stable 60 kiloampères et stocke 6,03 mégajoules d’énergie, deux caractéristiques déterminantes pour soutenir des réactions de fusion en régime permanent, de longue durée et à haute puissance.
Souveraineté technologique et production intégrée
L’intégralité des matériaux utilisés dans les deux aimants, qu’il s’agisse des éléments supraconducteurs, des composants structurels ou des isolants, a été produite sur le sol chinois. La localisation complète des technologies clés de la fusion confère au pays une indépendance technologique dans la recherche et la construction de réacteurs, a indiqué l’institut dans son résumé de projet.
Les deux aimants s’inscrivent dans le cadre du Centre de recherche intégré pour la technologie de la fusion (CRAFT), une installation en cours d’édification à Hefei. L’infrastructure constitue un maillon central de la stratégie chinoise visant à accélérer le développement de réacteurs à fusion opérationnels.
Une feuille de route accélérée
La validation des aimants intervient alors que la Chine imprime un rythme soutenu à son programme de fusion. En janvier 2025, le tokamak EAST a établi un record de durée de combustion de plasma de haute qualité, avec 1 066 secondes. Plus tôt en 2026, des chercheurs chinois ont franchi la limite de densité de Greenwald, démontrant qu’un plasma pouvait demeurer stable à des densités extrêmes, un résultat qui élargit le champ des possibles en physique des plasmas.
Le 15e Plan quinquennal de Pékin intègre l’énergie de fusion parmi huit « technologies de frontière ». Le pays prévoit d’atteindre un premier allumage par fusion d’ici 2027, grâce à son tokamak supraconducteur expérimental à plasma brûlant de nouvelle génération, baptisé BEST.
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