La 67e édition du classement TOP500, dévoilée lors de la conférence ISC High Performance 2026 à Hambourg, confirme la mainmise de Nvidia sur le supercalcul mondial avec 81 % des machines les plus puissantes. Un système chinois inconnu, LineShine, s’empare de la première place, tandis que l’Europe annonce 35 supercalculateurs IA en développement.
Plus de 400 systèmes sur 500. La 67e édition du classement TOP500, dévoilée dimanche à l’occasion de la conférence ISC High Performance 2026, à Hambourg, confirme une emprise de Nvidia qui s’étend toujours davantage sur l’écosystème du supercalcul mondial. Les technologies de la firme californienne équipent désormais environ 81 % des machines les plus rapides de la planète, contre 78 % en novembre 2025.
La progression se mesure aussi à l’aune des nouveaux entrants. En effet, plus de 90 % des systèmes inédits au classement s’appuient sur du matériel Nvidia. Parmi eux, 26 superordinateurs exploitent le processeur Grace à architecture Arm, conçu par l’entreprise. Un chiffre en hausse de 44 % par rapport à la précédente édition, qui traduit une volonté de dépasser le simple rôle de fournisseur d’accélérateurs graphiques pour s’affirmer sur l’ensemble de la chaîne, du CPU au GPU.
LineShine, l’inconnu chinois qui bouscule la hiérarchie
Le sommet du classement réserve une surprise de taille. LineShine, système jusqu’alors absent des radars, installé en Chine, fait une entrée fracassante à la première place. Il détrône El Capitan, le mastodonte du Département américain de l’Énergie, jusqu’ici détenteur du titre selon le benchmark High Performance Linpack. L’ascension de LineShine rappelle la férocité d’une compétition où les positions paraissent toujours provisoires.
L’Europe muscle son infrastructure IA
En marge du classement, Nvidia a annoncé qu’un nombre record de 35 supercalculateurs dédiés à l’intelligence artificielle sont en cours de déploiement dans 23 pays européens. L’ensemble fournira environ 800 exaflops de puissance de calcul IA, soit l’expansion annuelle la plus vaste jamais observée sur le Vieux Continent. Plus de 3 millions de chercheurs devraient en bénéficier.
« L’IA est le nouvel instrument de la science, et l’Europe bâtit l’infrastructure pour la mettre entre les mains de millions de chercheurs », a déclaré Jensen Huang, fondateur et PDG de Nvidia, lors de l’événement hambourgeois.
Plusieurs installations emblématiques illustrent ce mouvement. La mise à niveau IA du MareNostrum5, opéré par le Barcelona Supercomputing Center, devrait délivrer environ 20 exaflops de performance d’entraînement. IT4LIA mobilisera plus de 8 000 GPU, tandis que Blue Swan de BavariaAI en Allemagne et le Mimer EuroHPC AI Factory du NAISS en Suède complètent le dispositif. Les plateformes Blackwell et Hopper constituent l’ossature technique de l’ensemble, alors que l’architecture Vera Rubin, de nouvelle génération, commence son déploiement sur plusieurs sites.
Une trajectoire ininterrompue depuis deux ans
La dynamique de Nvidia au sein du TOP500 s’inscrit dans une courbe ascendante constante. À l’ISC 2025, l’entreprise propulsait déjà 77 % du classement avec 381 systèmes utilisant ses accélérateurs ou ses réseaux. Un an auparavant, à l’ISC 2024, 89 % des nouvelles machines accélérées misaient sur ses GPU. L’édition de novembre 2024 recensait 384 systèmes Nvidia, dont 87 % des entrants récents avaient retenu l’architecture Hopper.
L’adoption du CPU Grace résume à elle seule cette progression, le passage de sept systèmes à la mi-2024 à 26 aujourd’hui. La percée s’étend au classement Green500, dédié à l’efficacité énergétique, où les configurations Grace Hopper occupent régulièrement les premières places.
La conférence ISC 2026, qui s’est tenue jusqu’au 26 juin, aura aussi été le théâtre du lancement de la plateforme Vera Rubin. Celle-ci concentre plus de sept exaflops de performances en IA et cinq pétaflops de calcul FP64 natif dans un seul rack, offrant des capacités de supercalcul dignes du TOP500 à une échelle aujourd’hui inédite.
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