Pourquoi rechercher des ressources en gaz de schiste ?

Enerzine se propose de reprendre et de relayer des informations sur le gaz et l’huile de schiste publiées par le ministère de l’Ecologie et du Développement durable, dans l’objectif de mieux faire connaître à nos lecteurs, les enjeux et les problématiques liés à ces hydrocarbures non conventionnelles.

Pourquoi rechercher des ressources en gaz de schiste ?

La France dispose aujourd’hui d’une soixantaine de gisements pétroliers et gaziers en production, principalement dans le bassin aquitain et dans le bassin parisien.

La plupart de ces gisements ont été découverts dans la deuxième moitié du siècle dernier. Leur production représente aujourd’hui 1 à 2% de la consommation nationale, cette part ayant tendance à décroître.

Afin de réduire notre dépendance énergétique et autant que possible notre facture pétrolière et gazière (plus de 9 milliards d’euros d’importations en 2009, uniquement pour le gaz naturel – notre gaz provient principalement de gisements de Norvège, de Russie, des Pays-Bas et d’Algérie et arrive en France par gazoducs ou par méthaniers), les pouvoirs publics ont accordé régulièrement des permis d’exploration d’hydrocarbures, depuis plusieurs dizaines d’années.

En moyenne, depuis 35 ans, 15 permis de recherches d’hydrocarbures ont été attribués chaque année, à terre, donnant lieu à un grand nombre de forages d’exploration (plusieurs milliers).

Nos besoins en hydrocarbures vont durer encore longtemps malgré la politique publique vigoureuse en matière d’économies d’énergie et d’énergies renouvelables (qui produisent essentiellement de l’électricité).

 

SOMMAIRE :

Qu’est-ce que le gaz et l’huile de schiste ?

Combien de permis de recherches ont été accordés en France pour le gaz de schiste ?

Pourquoi rechercher des ressources en gaz de schiste ?

Quels sont les risques pour l’environnement de l’exploitation des gaz de schiste ?
Qu’est ce qu’un permis de recherches ?
Une mission pour mieux comprendre les gaz de schistes
Quelle est l’avancée des travaux d’explorations planifiés par les industriels ?
Quelle procédure est mise en place pour les permis de recherches ?
Quelle est la procédure pour entamer les travaux d’exploration (forages) ?
Les ressources en gaz de schiste seront-t-elles exploitées en France ?
Quelle est la procédure en cas de demande de permis d’exploitation ?

 

            

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fredo

S’agit-il d’un argumentaire de vente, où la fracturation hydraulique chimique horizontale est mise sur le même pied que les forages verticaux déjà réalisés? La ficelle est très, très grosse, car les impacts environementaux sont sans commune mesure. De l’information à la promotion, tout cela après avoir délivré les permis il n’y a qu’un pas. Pas un mot sur l’alternative biogaz à la veille d’une réforme de la PAC qui inquiéte tous les agriculteurs. Sans compter une réelle politique d’économies d’énergies, pour l’instant controlée par des énergéticiens dont le métier est de vendre de l'(énergie… Je serai curieux de savoir si la pétition du WWF a donné quelque chose, et si quelqu’un a attaqué la légalité des permis en question, par exemple en violation de l’article 5 de la Charte de l’Environnement intégrée en 2004 dans la Constitution. Avis bienvenus

Fleurent

Je serai interessé de connaitre les differences d’exploitation et de consequences pour l’environement des gaz de houille qui “seraient” recherché aux alentour des anciennes mines de charbon, et des gaz de schiste dejà tres exploités aux USA

jl06

C’est vrai qu’on parle peu du gaz de houille en France (CBM en anglais pour Coalbed Methane, c’est en fait notre “grisou”), et pas beaucoup plus du pétrole de schiste d’ailleurs. En ce qui concerne le CBM, la physique du gisement est bien distincte de celle des hydrocarbures de roches mères comme le gaz de schiste. Le méthane (qui est pratiquement la fraction unique d’hydrocarbures dans ce cas) est adsorbé sur le charbon et la production nécessite sa désorption, donc une baisse de la pression partielle. Pour cela, on extrait l’eau mobile du gisement dans un premier temps. La perméabilité naturelle du réservoir intervient bien sûr, et en général ce sont les fractures et les fissures existantes qui en déterminent les caractéristiques. D’un point de vue pratique, on peut avoir recours aux puits horizontaux (pour suivre la veine). La fracturation hydraulique n’est pas systématiquement employée, mais j’ai commenté récemment sur un cas où l’opérateur l’avait fait. Voilà pour le principe.

jl06

Si on reprend les éléments de l’article qui justifierait l’exploration (c’est ce que je comprends par “recherche”) des GdS, l’argumentaire est bien fragile: + Parce qu’on a une expérience de l’exploitation des hydrocarbures en France + Parce que l’exploration reste couramment pratiquée + Parce que nous devons réduire notre dépendance énergétique dans un souci économique et politique + Parce que nous aurons besoin des hydrocarbures pendant encore longtemps J’aurais au moins ajouté “parce que le potentiel est élevé” comme l’indique le rapport récent de l’EIA. Mais cela reste bien peu convaincant. Alors reprenons. Mais peut-on seulement répondre à cette question sans en poser d’autres? Par exemple: quel est le programme énergétique français? Comment s’intègre-t-il dans le plan européen? Quels sont les choix que nous serons amenés à faire dans les années (5, 10, 25) à venir? Quelles sont les conséquences possibles d’une réponse apportées aujourd’hui à l’exploitation des Gaz de Schiste? Que signifie à terme notre dépendance énergétique? J’ai beau chercher, je ne trouve pas ce grand plan et ses lignes directrices. Je m’inquiète du fait qu’en s’enlevant des options aujourd’hui, nous ne soyons contraints à en accepter d’autres plus pénibles demain. Surtout, je ne comprends pas que le débat continue de prendre place par morceaux (un sujet à la fois s’il vous plaît) et de non se façon intégrée. Les allemands sont confrontés à la problématique aujourd’hui: non au nucléaire, mais alors oui au charbon, n’est-ce pas, et donc oui à la séquestration du CO2 et là ça va coincer de nouveau… Quant à nous, relancer une filière hydrocarbures, n’est-ce pas retarder le développement des EnR? Rejeter les GdS, n’est-ce pas inviter le nucléaire? Donc, explorer les gaz de schiste, mais pour quoi faire au fait. Une seule réponse bien sûr: pour leur mise en production à terme. L’industrie qui aurait investi dans un programme d’exploration sera soucieuse de mettre en production rapidement. Alors, pourquoi ne pas explorer en limitant les investissements privés, ce qui permettrait de mieux contrôler le processus, la règlementation à mettre en place, et aussi le calendrier? Une fois les données acquises, les entreprises pourront envisager des plans de développement que le gouvernement appellera en temps voulu dans le cadre d’une politique énergétique intégrée… Pour rappel, on peu très bien explorer sans passer au programme d’appréciation, donc sans fracturation hydraulique par exemple, surtout si l’on dissocie les intérêts nationaux des objectifs privés. Ma réponse serait alors: il faut explorer aujourd’hui, dans les limites des pratiques établies et acceptées, pour définir les options futures sur lesquelles nous pourrions éventuellement compter et pour se donner les axes de recherche pour développer des solutions acceptables à mettre en œuvre pour l’exploitation. Y compris la représentation citoyenne!

enerZ

Voici une petite astuce pour récupérer un commentaire que vous avez rédigé précédemment.  Le détail de la procédure se trouve >>>>> ici La rédaction

Heptan

On sait que la technique de fracturation hydraulique est dangereuse. Elle l’est aujourd’hui, elle le sera toujours demain..Pourquoi?? parceque les failles qui se trouvent dans le sol NE S’EFFACENT PAS D’UN COUP DE BAGUETTE MAGIQUE. Les produits chimiques seront toujours chimique, et le gaz/produit de fracturation que nous retrouveront dans les nappes phréatiques ne seront toujours pas digérables… Alors bien sûr, on peut explorer, mais les pétroliers sont câblés de tel façon que pour eux, explorer et exploiter sont liés.  Le combat aujourd’hui, c’est de fermer la porte à l’exploration. Pas besoin de faire les cobayes et de réclamer des études, les USA et le Québec s’en sont chargé: et le résultat est désastreux: Les puits pissent dans tous les sens, les gens voient leur vie ruinée, l’environnement est bien esquinté, et les pétroliers nient tout en bloc. LA POLLUTION?? ELLE ETE LA AVANT !! Plus les mensonges sont gros, plus ils passent. On va dire que vous êtes un peu naïf, vous êtes pardonné.

jl06

Je veux bien essayer d’expliquer, mais il faudrait poser des questions. Ou alors, vous me demandez mon avis sur vos réponses? Malheureusement, vos affirmations, si je les comprends en tant qu’expression de craintes, seraient vite démontées par des opérateurs de GdS. Par exemple: “On sait que la fracturation hydraulique est dangereuse”. Je vous suggère “peut être dangereuse”, ou même “s’est déjà montrée catastrophique”, notamment si on ne respecte pas les règles techniques de la conception et de l’exécution ce ces opérations. Dans l’enveloppe opérationnelle, ces problèmes ne se présentent pas, comme l’on montré plus de 40 ans de pratique à grande échelle déjà. Par définition, il y a des cas où il ne faut pas faire de fracturation. Les raisons pour lesquelles selon vous cette technique n’a pas d’avenir: – Les failles géologiques naturelles. On sait déterminer l’état de contraintes de la subsurface et estimer les contraintes de réactivation des failles qui pourraient poser des problèmes. On applique des coefficients de sécurité importants aux paramètres de fracturation si l’on souhaite éviter une réactivation. – Les produits chimiques. Comme dans toute utilisation industrielle, il faut un inventaire (il existe), des étude de risque (santé, environnement), et des règlementations appropriées. Si un composant est “interdit”, il sera remplacé par un autre accepté. Si on y arrive pas, pas d’opération. Si des produits considérés comme dangereux ne sont pas interdire, il faut revoir la règlementation. – “que nous retrouverons dans les nappes phréatiques”. C’est une affirmation qui revient à dire que si un avion s’est écrasé, tous les suivants subiront le même sort. Sur quoi vous basez-vous? Remarquez, vous n’êtes pas le seul puisque la proposition de loi en discussion comporte les mêmes affirmations. Je vous propose donc de mettre le poids de la démonstration du côté de l’industrie plutôt que de répondre aux questions à leur place. Par exemple: + Comment pouvez-vous garantir le confinement des fluides de fracturation à l’objectif? + Comment pouvez-vous garantir l’intégrité des nappes phréatiques? + Que se passerait-il si malgré tous vos efforts, les nappes se trouvaient contaminées? + Y a-t-il des questions que nous n’avons pas soulevées qui mériteraient notre attention? etc. Ma proposition est qu’un forum formel soit créé à cet effet, permettant un débat complet, équilibré, et laissant aux maitres d’ouvrage la responsabilité de démontrer qu’ils sont en conformité avec la loi. Le regard croisé citoyen + régulateur me semble vraiment important pour éviter les dérives et rester sur nos gardes et faire évoluer la loi. Avant de terminer, j’insiste sur les points suivants pour éviter tout malentendu: + Je suis d’accord avec vous et beaucoup d’autres pour affirmer qu’il y a des risques importants associés à l’exploration et à l’exploitation des GdS (risque = potentiel d’effet inattendu, généralement néfaste, mais pas toujours) + Il existe des exemples nombreux d’opérations autorisées par les lois applicables qui n’auraient, à mon sens, pas dû être conduites (même si toutes n’ont pas eues des résultats néfastes) + Il existe des cas d’opérations qui ont été conduites sans respecter les règlement ou les lois (on ne connait généralement que les cas avérés qui ont reçu une couverture médiatique – il y en a bien sûr plus). + Je ne souhaite pas voir le genre d’opérations qui ont eu lieu en Amérique du Nord par exemple se produire en France, en Europe ou ailleurs. + Je n’ai pas confiance dans la cadre légal et règlementaire actuel pour nous garantir que les effets néfastes seront évités. Dans l’attente, je suis pour un moratoire sur les opérations, et pour les études. Je suis donc d’accord avec vous, je crois, sur les problèmes. Mais pas sur la façon de les régler. Et si comme vous le dites, “le combat aujourd’hui, c’est de fermer la porte à l’exploration”, je vous trouve bien mal armé, même si vos arguments trouveront un écho politique momentané. Mais après tout, peut-être avez-vous raison. S’il n’y a que ça qui marche…

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