Une enquête McKinsey menée entre avril et juillet 2026 montre que 17 % des agriculteurs mondiaux utilisent l’IA générative, avec des écarts régionaux marqués et une faible propension à payer, dans un climat de prudence budgétaire.
Selon le rapport Global Farmer Insights 2026 de McKinsey & Co, fondé sur des enquêtes menées entre avril et juillet 2026, indique que 17 % des agriculteurs dans le monde utilisent l’IA générative. Seuls 4 % paient pour les outils, les autres ayant recours à des versions gratuites.
L’Amérique latine affiche le taux d’adoption le plus élevé, avec 26 %, devant l’Amérique du Nord (23 %), l’Europe (13 %) et l’Asie (7 %). En Amérique du Nord, 10 % des agriculteurs paient pour des outils d’IA, contre 1 % en Europe. L’écart entre usage et paiement traduit une préférence pour des formules gratuites ou des versions d’essai. Les éditeurs de logiciels agricoles doivent démontrer une valeur mesurable avant de convertir les utilisateurs en clients payants, en particulier dans les régions où les marges sont faibles.
Près des trois quarts des personnes interrogées s’attendent à ce que l’IA générative ait au moins un certain impact sur leurs activités dans les trois à cinq prochaines années, et 15 % anticipent un effet marqué. À la différence du matériel d’agriculture de précision ou de la robotique, les logiciels d’IA n’exigent pas d’investissement en capital élevé, un atout quand les producteurs cherchent à préserver leur trésorerie. L’absence d’investissement matériel lourd facilite l’expérimentation. Un agriculteur peut tester un outil logiciel sans modifier son parc de machines, puis abandonner si le retour sur investissement est insuffisant.
Des dépenses agricoles sous contrainte
La progression de l’IA intervient dans une période économique difficile. Depuis le pic de rentabilité de 2021-2022, les prix des matières premières ont reculé tandis que les coûts des engrais, de l’énergie, de la main-d’œuvre et des équipements demeurent élevés ou volatils. Le sentiment de dépense nette mondial a chuté de 24 points de pourcentage par rapport à 2024, avec une baisse de 49 points en Argentine.
Les engrais représentent le premier poste que les agriculteurs réduisent lorsque les marges se resserrent (36 % les citent), et le premier rétabli lorsque les bénéfices se redressent.
Canaux numériques et confiance limitée
Dans un climat de prudence, l’influence des représentants commerciaux traditionnels a reculé de 11 points de pourcentage à l’échelle mondiale depuis 2024. La préférence pour les canaux d’achat numériques progresse à chaque étape du processus d’achat. Toutefois, seuls 6 % des agriculteurs considèrent les chatbots IA comme une source fiable pour la prise de décision, contre 56 % qui s’appuient sur des agronomes.
Une reprise plus sélective à venir
Les conclusions de McKinsey suggèrent que la prochaine reprise des dépenses agricoles sera inégale. Les agriculteurs adoptent une approche plus rigoureuse, exigeant des rendements démontrables avant d’engager des capitaux. Les technologies qui gagnent du terrain sont celles qui résolvent des problèmes identifiables et s’intègrent aux flux de travail existants, une description qui favorise aujourd’hui l’IA générative par rapport aux alternatives plus coûteuses dépendant du matériel.
Comme le soulignent les auteurs du rapport : « Nourrir le monde dépend en fin de compte de millions de décisions locales prises sur des exploitations individuelles, acre par acre et saison après saison ».
Les résultats publiés s’insèrent dans une dynamique de rationalisation des achats agricoles. Les producteurs privilégieront dans le futur des solutions qui réduisent les coûts opérationnels ou améliorent davantage la prise de décision, plutôt que les équipements pour lesquels le délai de rentabilisation reste long.
















