Solar Impulse : l’itinéraire du 1er vol solaire autour du monde

Bertrand Piccard et André Borschberg, co-fondateurs et pilotes de Solar Impulse ainsi que leurs Partenaires ont annoncé lundi dernier les détails du tour du monde du Si2, premier avion solaire capable de voler jour et nuit sans carburant.

Le tour du monde commencera fin février – début mars, lorsque Solar Impulse mettra le cap sur Muscat à Oman; Ahmedabad et Varanasi en Inde; Mandalay au Myanmar; Chongqing et Nanjing en Chine; la traversée du Pacifique jusqu’à Hawaii, puis Phoenix aux Etats-Unis, une seconde ville américaine qui dépendra de la météo, et New York.

La dernière partie du trajet comportera la traversée de l’Atlantique pour faire escale soit en Europe du Sud soit en Afrique du Nord avant de revenir au point de départ entre fin juillet et début août 2015.

C’est sous les ailes de l’avion que l’équipe de Solar Impulse a présenté en détails sa stratégie de vol aux côtés de ses Partenaires Principaux, Solvay, Omega, Schindler, ABB, et Officiels, Altran, Bayer, Google, Swiss Re Corporate Solutions, Swisscom et Moët Hennessy à Abou Dhabi. La présentation a eu lieu lors d’une conférence de presse hébergée par Masdar, société d’énergie renouvelable d’Abou Dhabi et hôte officiel de Solar Impulse. Solar Impulse est “An Idea born in Switzerland”.

Solar Impulse : l'itinéraire du 1er vol solaire autour du monde

L’aventure comportera environ 25 jours de vol effectifs répartis sur 5 mois et couvrira quelques 35’000 kilomètres à une vitesse de 50 à 100 km/h.

"En tentant le premier vol solaire autour du monde, sans carburant ni pollution, nous voulons démontrer que les technologies propres et les énergies renouvelables permettent d’accomplir aujourd’hui des choses considérées comme impossibles. Et ce que nous accomplissons en vol, tout le monde peut l’accomplir au sol, dans sa vie de tous les jours, afin d’économiser les ressources naturelles de notre planète." a déclaré Bertrand Piccard, initiateur et président de Solar Impulse.

Le voyage de Solar Impulse 2 représente une tentative unique dans l’histoire des tours du monde : une façon pour Bertrand Piccard, André Borschberg et leurs partenaires, de démontrer comment l’esprit d’innovation ainsi que les technologies propres peuvent changer le monde. Il s’agit ainsi, au travers de cette aventure, de promouvoir des solutions techniques novatrices afin de combattre les changements climatiques et de soutenir les gouvernements dans leur volonté de mettre en place des politiques énergétiques plus ambitieuses.

"Masdar, ainsi que l’Emirat d’Abou Dhabi, sont fiers d’accueillir Solar Impulse et ses pilotes pour le départ, et nous l’espérons, l’arrivée du premier vol autour du monde qu’ils tentent d’accomplir grâce à l’énergie solaire" a déclaré S. E. Dr. Sultan Al Jaber, ministre d’Etat et chef de la direction de Masdar. "Solar Impulse est un projet visant à prouver que l’impossible peut être possible, et que l’innovation ne connait pas de frontière. En tant que leader développant des projets dans les domaines de l’énergie renouvelable partout dans le monde, Masdar est un partenaire naturel pour une entreprise aussi innovante, illustrant la viabilité de l’énergie solaire."

 

Après 12 ans d’études de faisabilité, de conception, de design et de construction, l’équipe de Solar Impulse est prête à se lancer dans sa mission autour du monde. Avec l’aide de 80 partenaires dans les domaines de la technologie, les ingénieurs et techniciens de Solar Impulse ont trouvé des solutions hautement innovantes qui ont permis de concrétiser une vision estimée jusqu’alors impossible. En effet, l’appareil dispose d’une efficience énergétique inégalée à ce jour.

"Solar Impulse n’est pas le premier avion solaire, mais il est le seul capable de traverser les océans et les continents pendant plusieurs jours et nuits d’affilée sans atterrir. Cet appareil représente un véritable laboratoire de technologie volante avec une endurance pratiquement illimitée," a déclaré André Borschberg, co-fondateur et CEO de Solar Impulse. "Mais maintenant il s’agit aussi d’assurer la durabilité du pilote, pour compléter ce voyage ; Solar Impulse 2 doit accomplir ce qu’aucun autre avion dans l’histoire n’a réussi auparavant – voler sans carburant, avec un seul pilote dans un cockpit non pressurisé pendant 5 jours et nuits consécutifs."

Solar Impulse 2, avec ses 80 techniciens et ingénieurs et son équipe de communication sont arrivés dans la ville hôte d’Abou Dhabi le 6 Janvier 2015 où les derniers vols d’essais et d’entrainements auront lieu au début février.

"Commencer et terminer notre mission à Abou Dhabi est judicieux car des initiatives telles que celle de notre partenaire Masdar permettent à la capitale des Emirats arabes unis d’être reconnue comme un centre mondial de l’innovation et des technologies propres" a ajouté Bertrand Piccard. "Abou Dhabi et Masdar sont des exemples pour le monde entier en ce qui concerne le développement de projets sophistiqués et l’utilisation d’énergies propres, diversifiées et durables. En outre, Masdar partage avec Solar Impulse un engagement indéfectible dans l’encouragement des innovations assurant un avenir plus propre pour notre planète".

Lors des escales, l’équipe de Solar Impulse organisera des rencontres, des visites de l’avion, et des Google Hangouts On Air afin de promouvoir le message de sa mission. Elle espère ainsi susciter l’intérêt autour des énergies propres auprès des jeunes et des professionnels de l’industrie ainsi que des représentants des gouvernements.

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Pastilleverte

L aphrase magique a bien été prononcée : “… combattre les changements climatiques” et bien bonne chance, pour quelque chose qui ne veut strictement rien dire et qui, présenté de cette façon est inatteignable. En revanche, que SI soit une vitrine technologique au sens large, pas de doute et c’est très bien comme ça. Comme disait un slogan : “Ce n’est pas la peine d’en rajouter” (cétait pour une lessive, je crois…)

Pastilleverte

j’allais oublier : Phileas Fogg encore en tête…

Stephsea

On nous en met plein la vue, à force de superlatifs et d’objectifs messianiques. On est ébloui par toute cette lumière! Et cela nous laisse aveugle, le monde à contre-jour, puis le brouillard des mots et des idées qui ne veullent plus rien dire, grâce au talent paroxismique des super-vendeurs, des maniaco-communiquants, des divins prédicateurs, des dieux du cirque… On nous a perdu dans le brouillard du sens ou du non-sens de ces exploits humain et technologiques. Pourquoi, comment, pour qui… Un avion solaire va sauver le monde, tout le monde, et même l’univers, avec deux pilotes à bord, dont une star professionnelle suisse de l’exploit médiatique. Manque plus que Ferderer à l’équipage… J’ai envie de revoir les bons vieux films blockbusters ou un petit groupe de héros inattendus sauve le monde. J’ai envie de revoir cette aventure où on nous explique tout, nous montre tout, où on nous immerge dans l’aventure. Là au moins, on a l’impression d’avoir participé, et ça nous laisse fier, et fatigué. Mais là, avec cet avion et cette armée d’attachés de presse qui dit tout et rien en même temps, et cette armée de relais d’opinion bienveillants, ca nous laisse fatigué, très fatigué, mais pas fier, seulement perdu…

Luis

¤ Pour des gens qui prétendent sauver le monde, combier d’argent sera dépensé au total pour cette folle équipée ? Combien de CO2 sera produit par toute cette caravane publicitaire ? Si cet argent avait été consacré à l’équipement de villages suisses en panneaux photovoltaïques et en systèmes de stockage quotidien, ou sur plusieurs jours, de l’électricité solaire, ce serait un véritable progrès de réalisé. L’économie en énergie non carbonée serait d’ailleurs très visible : La Suisse étant à peu près intermédiaire entre les villes de Munich et de Lyon, le gain énergétique par rapport à l’énergie investie dans la construction, la mise en place et le recyclage des panneaux photovoltaïques serait très conséquent. Energie retournée / énergie investie en 2006 : – Munich (Allemagne) : 10,4 – Lyon (France) : 10,7 – Suisse : entre les deux, 10,5 à 10,6 Avec un gain supérieur en 2015 puisque la fabrication est plus économe en énergie et les rendements des cellules sont meilleurs.

hach

On est à fond dans la comm ou on voudrait nous faire croire que la solution à tous les pb est technologique. Ramenons les choses à leur juste niveau. Il s’agit d’une poignée d’individus qui se font plaisir en réalisant des prouesses intéressantes. rien de plus

oeildecain

. Et si c’était tout simplement … le précurseur des premiers modèles à cellule H2 ? C’est vrai que le verre est à moitié vide … Mais il est surtout à moitié plein ! .

Bibou64

non mais je rêve….. Vous l’avez vu voler ? je l’ai vu, c’est extraordinaire. Vous êtes blasés. Pour une fois que l’on fait vraiment de l’exploration. Le monde aéronautique est il un problème en matière d’emission des gaz à effets de serre ? A mon sens, oui, je n’ai pas les chiffres, mais sans doute quelqu’un me dira quel est le % que cela représente. Et ce n’est pas Airbus ou Boeing qui sont à l’origine du programme, mais cela peut les stimuler. Alors, il s’agit bien d’une première tentative mondiale, ne boudons pas notre plaisir. Et il y a de l’argent ? oui, les suisses ont monté un vrai projet, avec pas mal de fonds privés. Une honte ? je ne crois pas. ils se sont sortis les pantoufles. De la communication ? et bien oui, du marketing, même. Ce sont des suisses, si cela avait été franchouillard, vous n’auriez peut être pas tenu les mêmes commentaires. A propos, il y a quoi sur la 2 ce soir ….? non mais, je rêve….. Fred

Stephsea

@chelya, Si l’histoire d’Edison était lisse et et angélique, ça se saurait, d’une part. L’histoire de l’électricité est cahotique, comme toutes les grandes révolutions. D’autre part, je ne crois pas que la naissance de l’énergie électrique se soit appuyée sur une armée de sponsors bigarés, sur un bataillon de communicants affutés, sur une caravane digne d’un cirque – qui elle emet sur son cycle de vie plus de carbonne qu’un village ou qu’un avion de ligne, c’est certain. Et qu’ont ils à nous vendre : un avion tout juste capable d’emporter deux passagers amaigris pour la circonstance, et encore, pas partout et pas par tous le temps, et pas contre le vent. Je crois que les avions, c’est pas nouveau, l’énergie solaire non plus, les moteurs électriques non plus, les composites… ETC. On ne peut nier un effort de R&D rien qu’à voir l’investissement, mais de là à en faire un bond pour l’humanité, NON. Du moins pas visiblement, ou pas encore. Qui pour croire que des avions solaires participeront à l’économie réelle? Ils ne prouvent absolument rien, si ce n’est leur capacité à dépenser l’argent des sponsors, donc à communiquer mondialement. C’est donc une escroquerie au sens car ce projet n’a aucun sens. A l’opposé, les nouveaux avions électriques (sans panneaux solaires!) eux prouvent quelque chose en ce moment, et ils font beaucoup moins de bruit médiatique. Là il se passe quelque chose, mais l’orchestration est beaucoup plus sobre, et tant mieux! La science et le progrès n’ont que faire des vendeurs de vent. Ils sont toxiques, et c’est en cela que ce projet pharaonique est criticable, et seulement en cela. Mais c’est déjà un défaut grave qui impacte indirectement tout ceux qui, plus discrets et moins vaniteux, n’auront que les miettes de budget – et d’attention et de soutien – pour développer leurs projets, quand il reste des miettes. Les inégalités se creusent, là aussi. @Bidou64, personne ne conteste le spectacle produit par cet avion. Prenez votre plaisir. Et moi aussi je le prendrais à voir cet avion en vrai (ce qui n’arrivera jamais, justement). Reconnaissez toutefois que si il ne s’agit que d’un spectacle, aussi beau soit il, la place est très chère et la représentation très courte. Par ailleurs, vous amenez l’argument de nationalité, argument fallacieux et limite crétin (crétin des Alpes bien sûr). 1/ Vous ne connaissez pas la nationalité des critiques. Il n’en est fait aucune mention. 2/ Les suisses sont justement admirés partout, en France en particulier, et la déception est peut être d’autant plus grande de les voir se fourvoyer, bien que leur nationalité encore une fois, soit un élement très périphérique, voire idiot. 3/ EPFL est bien Suisse, ainsi que de nombreuses boites qui innovent tous les jours et donnent des leçons de savoir faire, d’équilibre et de finesse au monde entier. Personne pour le contester et personne non plus pour mettre telle nation sur un pied d’estale ou telle autre au contraire dans une poubelle.

Lafleur

@ stephsea et sa pensée unique avec ses arguments du dimanche matin sous le marché couvert. Moi dans ton post je ne vois que de la jalousie, ou un manque évident de culture, d’une part ça n’est pas ton ton pognon, et la liberté d’innover n’est pas à la portée du premier venu, et ont se demande qui est le plus toxique dans cette histoire. Mais pour info sache que l’équipe de SI doivent bien se marrer en lisant ce qu’écrivent les crétins comme toi qui décidément ne produiront jamais que du vent.

Luis

¤ Pour votre prochain voyage de Paris à Tokyo, vous avez intérêt à prendre le train jusqu’à Moscou, puis le transibérien jusqu’à Vladivostok, le bateau (ferry) jusqu’à Sakaiminato et à nouveau le train jusqu’à Tokyo. Ce sera plus rapide qu’avec cet avion solaire et avec une meilleure garantie des horaires. Mais pour faire Paris-Tokyo en Airbus 380 photovoltaïque il faudra sans doute attendre la prochaine glaciation.

Lafleur

J’ai retouvé dans le fond de ma mémoire une belle phrase typiquement de chez nous au XIX siècle. J’ai refait tous les calculs… notre idée est irréalisable. Il nous reste qu’une chose à faire : La réaliser. Goerges Latécoère.

Pastilleverte

L’aviation commerciale représente moins de 2% du total des émissions de CO2 d’origine humaine, soit, soit environ 0,06% du total des émissions dudit gaz (Nature + Homme). Si on rajoute d’autres GES, mais le calcul est contesté, on n’atteint pas encore les 3% (anthropique) 1T de kérosène, plus la proportion d’air qu’il faut, émet 3,15T de CO2, plus de la vapeur d’eau (également GES et non des moindres, mais qui dans le cas de la combustion kérosène se dilue très vite dans l’atmosphère) + des Nox (qui, eux, sont des polluants…) On estime que la marine marchande+passagers émet entre 4 et5% du CO2 anthropique, autant que les data centers en prenant en compte l’origine de la production d’électricité dans le monde. Pour en revenir à SI, merci Stephsea, c’est très bien vu, ce qui nempêche pas de rester fasciné par un vol de SI, magnifique spectacle au demeurant.

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