Une politique européenne des biocarburants tendancieuse

Un nouveau rapport de GlobEcon conclut que les calculs effectués dans le cadre de la directive européenne sur les énergies renouvelables portant sur les gaz à effet de serre émis par les biocarburants étrangers sont erronés et défavorisent intentionnellement l’huile de palme

Le rapport, intitulé « European Policies Towards Palm Oil: Sorting Out Some Facts », (Politiques européennes vis-à-vis de l’huile de palme : mise au point concernant certains faits), démontre que les hypothèses retenues par défaut incorporées dans la directive à propos de l’impact écologique des biocarburants étrangers reflètent des considérations politiques et non une réalité scientifique ou économique.

Dans une mise en garde selon laquelle les effets secondaires peuvent revêtir la forme de tensions politiques, de différends commerciaux ou de graves handicaps économiques pour les pays en développement, le Dr Pehnelt explique la situation :

« À mesure que l’utilisation des biocarburants augmente dans toute l’Union européenne, le chœur des activistes environnementaux opposés à cette utilisation se fait de plus en plus fortement entendre. Malheureusement, nombre des assertions selon lesquelles les biocarburants étrangers, en particulier l’huile de palme, constituent une menace pour l’environnement laissent fortement à désirer, et certaines sont même complètement dénuées de fondement. »

« Cette nouvelle étude défend résolument la thèse selon laquelle la directive sur les sources d’énergie renouvelables place dans une situation défavorable les producteurs de biocarburants extérieurs à l’UE tels que l’huile de palme asiatique. L’UE a incorporé des mesures protectionnistes dans cette directive, sur l’ordre des environnementalistes opposés au développement économique et du secteur non compétitif européen des biocarburants. Ces mesures déterminent des valeurs inéquitables pour les économies de gaz à effet de serre générées par les biocarburants étrangers, faisant ainsi obstacle à leur accès aux marchés. »

« De surcroît, le rapport démontre la richesse de la biodiversité existante dans les plantations de palmiers à huile, l’excellent couvert vertical au sol fourni par ces arbres et les avantages en termes de rendement à l’hectare de cette culture économe en énergie et en engrais. »

« De manière peut-être encore plus significative, l’huile de palme joue un rôle important d’élément moteur de la croissance économique dans les pays en développement, en réduisant radicalement la faim et la pauvreté dans les régions cultivant activement ce produit végétal de grande valeur. Il est temps que l’Europe reconnaisse non seulement les avantages énergétiques et environnementaux de l’huile de palme mais également les souffrances dans les pays tropicaux à faible revenu que les critiques de l’huile de palme continuent de perpétuer. »

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michel123

Il est clair que l’huile de palme a un bien meilleur profil que les plantations nécessaire à la production du blé en vue de produire du bioéthanol. Pas d’irrigation , pas de pesticides , pas d’engrais , pas de labourage , utilisation des feuilles de palmes pour des applications secondaires locales. Le problème de l’huile de palme provient du fait qu’elle envahit notre alimentation(on la trouve partout sous la dénomination huile de palme ou cachée sous celle plus insidieuse d’huile végétale ) malgré un profil trés athérogène , elle ne comprend en effet aucun acide gras insaturé , aucun oméga 3 aucun oméga 6 aucun oméga 9 , bref elle devrait logiquement être interdite dans l’alimentation et réservée à la production de biocarburants. Cette huile encrasse nos artères et si vous regardez les étiquettes vous la retrouvez dans les margarines(y compris certaines qui sont soi disant riches en oméga3 ) , dans les chocolats , dans les biscottes , dans les gateaux , dans presque toutes les préparations industrielles … C’est un véritable scandale sanitaire qui est éclipsé par des assertions (exactes d’ailleurs ) d’atteinte à la biodiversité . Mais la biodiversité , les consommateurs ils s’en fichent alors que leur santé ils y font attention et ils seraient certainement plus attentifs à la composition de leurs petits gateaux .

Guydegif(91)

Comme le souligne très bien Michel123, et comme vu récemment dans une émission Télé (Envoyé Spécial? ou Capital? ou autre?), l’huile de palme est DANGEREUSE à plus d’un titre ! 1) Danger1: comme moins chère que l’huile d’olive ou autre huile alimentaire classique, elle est introduite sournoisement dans nos aliments en clair ou déguisée sous ”huile végétale” et nuit fortement à notre organisme, artères et autres…Ceci est apparemment démontré ! Je ne comprends pas que les organismes de veille sanitaire ni mettent pas de veto !!! A voir et corriger ASAP! 2) Danger2: comme mis en lieu et place de la forêt originelle à grande échelle en Asie, on dévaste en partie le ”poumon de la planète”, même si les palmiers font aussi des feuilles donc de la photosynthèse…Et en plus ça pousse en tant que jeunes plants, pas comme des vieux arbres matûres qui végètent…donc un peu à relativiser. 3) Danger3: par contre, comme mis en lieu et place de la forêt originelle, tue la biodiversité animale et végétale, dont certaines variétés de singes et autres animaux habitant ces lieux, et qui plus est, met sous pression, déloge et décime les habitants humains originaux de ces forêts (reportage émouvant vu récemment à la télé – Frédéric Lopez RdV enterre inconnue?) 4) Huile de palme pour biocarburant? Compte tenu du constat ci-dessus c’est un peu comme des biocarb. de 1ère génération, càd ça empiète sur des cultures vivrières , càd prive des gens ou des animaux de ce qui les fait vivre !…donc même si c’est une source de biocarb. à bon rendement, donc facile et tentante, il faudrait la pratiquer avec discernement, avec raison et dans le respect du DD, au sens propre du terme, ce qui n’est pas le cas en ce moment. Des lobbies se font des choux gras ! A revoir et à réguler ! A+ Salutations Guydegif(91)

Francis g

Je suis d’accord avec michel sur l’aspect diététique de l’huile de palme …d’autant qu’on pourrait très bien faoriser l’huile de MORINGA en Afrique (elle est comparable à l’huile d’olive )…sans compter les nombreuses autres applications de cet arbre (feuilles …)Mais nos “décideurs” s’en moquent ! De plus ,dans ce “savant” rapport il n’y a rien sur le JATROPHA ,qui est le seul “BIOCARBURANT”de pemière génération ! Sans compter tout ce qu’n peut faire avec les résidus du pressage … je suis partisant des moteurs électriques mais avec quoi vont-ils produire de l’electricité ? le jatropha est l’une des solutions ! De plus ,je signale qu’il y a encore beaucoup d’endroits en Afrique oû il n’y a pas d’électricité ! et faire tourner un vieux moteur diesel (camion ou groupe éectrogène)au jatropha semble une solution pour longtemps encore ! Revenez sur Terre ,merci

marcob12

Le Dr Penhelt (voir résumé en anglais ici) a manifestement raison sur plusieurs points, mais il semble oublier la vue d’ensemble de ces vastes projets de développement de palmiers à huile (en Asie surtout, malaysie, indonésie et autres). Tout d’abord la pression sur les zones naturelles (incluant les forêts) est forte, dû fait de la pression démographique et de  l’élévation du niveau de vie (encore faible comparé à nos normes). Y implanter de vastes zones de production d’agrocarburants ne peut aucunement diminuer cette pression, sauf dans une hypothèse de “conte de fées” où les profits engrangés sont réinjectés dans une amélioration des rendements agricoles diminuant le besoin en terres. Ensuite le bilan carbone de ces plantations est sujet à de fortes controverses et il semble déjà prévisible que pour certaines une analyse de cycle de vie complète indiquerait que la dette CO2 initiale n’est pas remboursée avant des décennies. Evidemment en oubliant le changement d’affectation des sols on tronque le débat. Ensuite on oublie le retour sur investissement énergétique très faible de ces agrocarburants (surtout s’ils doivent être trimbalés en camion puis bâteau puis camion jusqu’à la station-service européenne. Comparativement, une diminution de la masse de nos véhicules, une électrification volontariste et d’autres options peuvent faire bien mieux que ces pratiques qui ne peuvent qu’être marginales dans la satisfaction de nos besoins en combustibles liquides mais avoir un impact majeur sur d’autres plans (biodiversité, sécurité alimentaire, etc). Il faut poser des limites à la connerie. Là elles semblent franchies. Un “rolling back” semble nécessaire.

Francis g

-OUI l’utilisation de l’huile de palme est une connerie !(guydegifa fort bien résumé cela). mais que faire devant tous ces intérèts financiers ?? -Pourquoi parler toujours uniquement de NOS voitures ? Nous ne smmes pas les seuls à habiter cette planète ! Avez-vous seulement une petite idée de la situation en Afrique (pas dans les zones à touristes ! )? Le problème de l’énergie ,de l’eau potable (et parfois de l’eau tout court !)et de l’alimentation se posent !!! -documentez-vous sur le MORINGA et vous verrez qu’il peut résoudre quelques problèmes aficains …mais il faut des capitaux au départ …et cela ne semble guère intéresser NOS investisseurs …qui pensent à NOS voitures et à leurs profits à court terme . Que peut-on attendre de cette attitude néocoloniale ? -NON ,le JATROPHA n’est pas un agrocarburant !! Documentez vous au lieu de tout mettre dans le “même sac”! C’est un vrai biocarburant : si vous pensez le contraire ,démontrez le !! – VRAI ,le problème de transport pour NOS voitures ! Pourquoi ne pas produire et consommer local ? Pourquoi utliser tant de terres pour un élevage industriel tout à fait inutile ? A +

marcob12

D’abord sur la terminologie : l’essentiel des hydrocarbures sont des “biocarburants” car issus de formes de vie (fossilisées il est vrai). Le terme “agrocarburant” indique simplement qu’on parle de carburant issus de plantes cultivées ou leurs résidus.Où est le mal ? Par ailleurs peu de “biocarburants” produits à grande échelle sont “bio” (au sens de l’agrobiologie). On évite cette double méprise en parlant d’agrocarburants. Ensuite le titre du rapport est explicite : “European Policies Towards Palm Oil: Sorting Out Some Facts “. Il n’est évidemment pas question dans le rapport d’une culture artisanale à petite échelle et encore moins du Jatropha ou d’autres sources. A petite échelle no problem. Au-delà le problème de la ressource en eau se posera car les rendements y sont liés et de nombreux autres surgiront. C’est un autre sujet que celui de l’article.

Ango

« De surcroît, le rapport démontre la richesse de la biodiversité existante dans les plantations de palmiers à huile, l’excellent couvert vertical au sol fourni par ces arbres et les avantages en termes de rendement à l’hectare de cette culture économe en énergie et en engrais. » J’en tombe de ma chaise. N’importe quel lobbyiste peut écrire ce tissu de mensonges. Comment peut-on reprendre de telles inepties ? Quand on a les moyens financiers de ces firmes de la mort, on pourrait faire plus dans la finesse ! ou alors, c’est “plus c’est gros, plus ca passe”

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