Vivre en 2050 avec moins d’énergie est possible

La consommation mondiale d’énergie en 2050 pourrait être ramenée à celle des années 1960 tout en assurant un niveau de vie décent à une population trois fois plus nombreuse. Telle est la conclusion d’une nouvelle étude menée par l’équipe basée à l’Université de Leeds de la professeure de l’UNIL Julia Steinberger. Cette recherche, menée conjointement par l’UNIL, l’Université de Leeds au Royaume-Uni et l’Université de Yale aux États-Unis est publiée dans la revue Global Environmental Change.

Cette recherche estime les ressources énergétiques nécessaires à l’assurance d’un niveau de vie décent pour chacun en 2050, autrement dit, qui satisfait tous les besoins humains fondamentaux : logement, mobilité, nourriture et hygiène. Selon cette idée, la population doit également avoir accès à des soins de santé, à une éducation et à des technologies de l’information modernes et de qualité.

Les résultats révèlent que l’ensemble de la population mondiale (10 milliards d’habitants d’ici 2050) pourrait accéder à des niveaux de vie décents pour moins de 40 % de l’énergie mondiale actuelle. Un chiffre quatre fois moins élevé que les estimations de l’Agence internationale de l’énergie, dont les calculs prennent en compte la poursuite des tendances actuelles.

Un tel niveau de consommation énergétique mondiale rejoindrait à peu près les valeurs enregistrées dans les années 1960, lorsque la population ne comptait que trois milliards d’habitants.

Les auteurs soulignent que pour y parvenir, il faudrait modifier radicalement la consommation actuelle, déployer largement les technologies de pointe et éliminer les inégalités de masse à l’échelle mondiale.

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L’étude montre que l’énergie nécessaire pour assurer une vie décente pourrait probablement être entièrement issue de sources propres et réfute l’affirmation selon laquelle la réduction de la consommation mondiale à des niveaux durables exige la fin des conforts modernes et un « retour à l’âge de pierre ».

Comparaison dans 119 pays

L’équipe a calculé les besoins énergétiques finaux minimums, directs et indirects, pour assurer un niveau de vie décent. L’énergie finale est celle qui est livrée à la porte du consommateur, par exemple le chauffage, l’électricité ou l’essence pour une voiture, et non l’énergie incorporée dans les combustibles eux-mêmes – dont une grande partie est perdue dans les centrales électriques, dans le cas des combustibles fossiles.

Le groupe a également construit un modèle énergétique final, qui s’appuie sur une liste de besoins matériels de base qui sous-tendent le bien-être de l’homme. Cette dernière avait été précédemment développée par les Drs Narasimha Rao et Jihoon Min.

Les chercheurs ont ensuite comparé la consommation actuelle d’énergie finale dans 119 pays avec les estimations de l’énergie finale nécessaire pour vivre décemment. Ils ont constaté que la grande majorité des pays vivent dans un surplus important. Au sein des pays qui sont aujourd’hui les plus gros consommateurs par habitant, des réductions d’énergie de près de 95 % sont possibles tout en assurant un niveau de vie décent à tous.

« À notre portée »

La professeure à l’UNIL Julia Steinberger, co-auteure de l’étude et responsable du projet « Living Well Within Limits » à l’Université de Leeds, précise : « Alors que les responsables gouvernementaux accusent les militants écologistes de menacer notre mode de vie, il est utile d’en réexaminer les implications. Offrir une vie décente à chacun tout en protégeant notre climat et nos écosystèmes est clairement à notre portée ».

L’auteur principal de l’étude, le Dr Joel Millward-Hopkins de l’École de la Terre et de l’Environnement de Leeds, ajoute : « Actuellement, seulement 17 % de la consommation mondiale d’énergie finale provient de sources de combustibles non fossiles. Mais c’est près de 50 % de ce que nous estimons nécessaire pour assurer un niveau de vie décent à tous en 2050 ».

Aux arguments de longue date selon lesquels les solutions pour réduire la consommation d’énergie existent déjà, « cette étude ajoute que les sacrifices matériels nécessaires sont bien moindres que ce que de nombreux récits populaires laissent entendre », précise le scientifique.

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[ Communiqué ]
Lien principal : dx.doi.org//10.1016/j.gloenvcha.2020.102168
Autre lien : www.leeds.ac.uk/

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>> réfute l’affirmation selon laquelle la réduction de la consommation mondiale >> à des niveaux durables exige la fin des conforts modernes et un « retour à >> l’âge de pierre ».

Ce genre de phrase est vraiment dommage. Nous avons besoin de coopération pas d’affrontement.

On n’a pas besoin de polémistes. On a besoin de scientifiques qui éclairent notre décision.

La prochaine étape maintenant pour cette équipe est de rencontrer les autres équipes qui travaillent sur le même problème pour arriver à un modèle commun.
Ils prouverons qu’ils font un travail scientifique et qu’ils ont à cœur l’intérêt général.

Rémi

Les écologistes passent leur temps à mentir, mais nous devrions y croire? Seul solution une énergie abondante et propre la fusion.
le solaire évnetuellement, mais en trouvant des solutions beaucoup plus performantes qu’aujourd’hui car cela fera beaucoup de gaspillage.