IngénieurEIH, Directeur de Recherche Et combien de centrales thermiques au charbon ou au Fuel au Danemark? Car quand il n'y aura pas de vent suffisant (notamment si été chaud ou hiver froid avec des hautes pressions atmosphériques), ce qui est le cas pendant 70 à 80 % du temps, il faudra bien des centrales thermiques…,
Limites des EnR Ce chiffre de 20 % est un chiffre de raison et illustre assez bien la difficulté qu'il y a actuellement à aller plus loin malgré toutes les incantations et le fait qu'il s'agisse d'un pays très volontaire ayant commencé de longue date. Ce n'est pas si simple de faire tourner une économie avec des EnR.
Il ne suffit pas de vouloir pour faire, sinon le Danemark serait 100 % EnR.
Tous les autres pays seront confrontés, à des degrés divers à cette frontière difficilement franchissable sans rupture technologique. Si l'on parvenait à inventer un système de stockage de masse de l'énergie, la frontière serait alors significativement repoussée, sans cela il faudra toujours se résoudre à utiliser massivement des énergies concentrées(pétrole, charbon, gaz, nucléaire...).
Sauf Si? Sauf si différentes solutions énergétiques (Géothermie profonde, éolien, solaire thermique et photovoltaique) sont combinés à grande échelle, permettant de compléter des solutions pour particuliers (véhicules hybrides, cogénération, géothermie, etc.).
Eolien et biogaz sont complémentaires Le Danemark est un pays plat et n'a pas cette change de disposer de grandes ressources hydrauliques comme la France.
Cependant, le Danemark a l'intelligence, comme l'Allemagne, de développer le biogaz et d'utiliser les déjections animales (au lieu de polluer comme en France avec les lisiers). Le biogaz peut être stocké plusieurs semaines sans problème est est utilisé en complément des éoliennes. Pas besoin de charbon pour cela. Les centrales à biogaz sont très souples d'emploi (principe des turbines à gaz) et sont mises en marche lorsque le vent est moins fort, ce qui est parfaitement prévisible 24 ou 48 heures à l'avance.
Affaire d'échelle Evidemment, toutes les solutions sont bonnes à prendre. Mais dès que l'on passe de la production marginale à une production de masse, on est confronté à beaucoup de problèmes liés précisément à l'échelle.
Un seul exemple : si on passait à 100 % d'éolien (avec un système de stockage parfait à inventer), il faudrait 100 000 éoliennes de 2,5 MW (belles bêtes). Pour les ancrer, il faudrait entre 50 et 100 millions de tonnes de béton prêt à l'emploi. Cette quantité représente entre 50 et 100 % de la production française actuelle ! Si on donne la priorité à l'éolien, on arrête de construire des logements pendant une ou plusieurs années !
La géothermie profonde, c'est faisable (Soulz sous forêt) mais des forages à 5000 mètres, ce n'est plus de l'amateurisme et il faut être sûr de récupérer une forte puissance constante dans le temps. En France, ce n'est pas gagné. En Islande, c'est génial, mais il faudrait déplacer notre pays sur le rift océanique (nous n'aurions plus besoin de creuser).
Pour le lisier, je suis perplexe, car la méthanisation déplace la pollution (on passe de l'eutrophisation au CO 2). Doit-on développer à outrance l'élevage de porcs en Bretagne pour assurer notre indépendance énergétique ! Encore une fois, c'est une question d'échelle (le lisier, combien de TWh actuellement ?).
Oui, il faut combiner et ne rien exclure mais je redis, en France 480 TWH/an avec uniquement des EnR, c'est pas pour demain.