La déclaration était attendue : Nicolas Sarkozy a officiellement annoncé le lancement d'un second réacteur EPR, dont le chantier devra être mis en route en 2011 par Areva.
En visite sur le site du Creusot, le Président français a confirmé l'annonce faite par François Fillon en juin dernier : il y aura bien un deuxième réacteur EPR, dont l'implantation sera décidée en 2009, et le chantier lancé en 2011.
Pour le Président, la troisième génération de réacteur, à eau préssurisée, est la solution qui permettra de faire face à un pétrole durablement cher : "L'ère du pétrole bon marché, c'est fini." a-t-il prédit. "Le nucléaire est plus que jamais une industrie d'avenir et une énergie indispensable."
Selon les chiffres avancés par le Président, la production fournie par un EPR équivaudrait à "2 milliards de m3 de gaz par an quand il remplace une centrale à gaz, et 11 millions de tonnes de charbon quand il remplace une centrale au charbon." Ce, pour un prix, qu'il estime 30 à 50% moins cher.
Concernant la vente de la technologie nucléaire aux pays en développement, dont la Libye, le Président a estimé que le nucléaire constituait "une arme de paix, car c'est une arme au service du développement."
Dans un communiqué, EDF s'est dit "prêt à s’engager dans ce projet, dans un contexte d’augmentation de la demande d’électricité, et des contraintes liées au réchauffement climatique."
"Le Groupe EDF dispose en effet de sites potentiels d’implantation et des compétences reconnues de ses équipes. Il bénéficie en outre de l’expérience nécessaire après avoir engagé la construction de l’EPR de Flamanville (Manche)" a souligné le groupe.
Les réactions ne se sont pas fait attendre :
Pour Greenpeace, "cette décision est aberrante et stupide. Il s'agit d'une faute lourde sur le plan énergétique, économique, industriel et environnemental", a accusé Yannick Jadot, responsable de Greenpeace France. Il rappelle que "le chantier finlandais [du premier EPR construit], entamé en 2005, affiche un dépassement budgétaire global de 1,3 à 2,2 milliards d'euros (pour un prix initial de 3,3, milliards) et ne sera terminé qu'avec deux ans de retard au moins."
Le chantier de l'EPR de Flamanville a également connu un mois de suspension du fait d'irrégularités.
Greenpeace reproche à l'Etat de faire le choix du nucléaire plutôt que celui des économies d'énergie, tel que préconisées par le Grenelle de l'Environnement : "l'interdiction des ampoules à incandescence d'ici à 2010 (...) permettrait à la France d'économiser une quantité d'électricité équivalente à ce que devrait produire le réacteur EPR."