Agrocarburants: “Bruxelles met la charrue avant les boeufs”

Mercredi dernier, France Nature Environnement (FNE) a jugé "totalement prématurée" la décision de Bruxelles de valider 7 mécanismes volontaires pour certifier des agrocarburants vertueux, indiquant que le problème du changement indirect d’affectation des sols (CASI) n’ayant pas été résolu.

La Directive européenne sur les énergies renouvelables prévoit d’incorporer 10% d’énergies renouvelables – agrocarburants principalement – dans les transports d’ici à 2020.

Pour s’assurer que ces agrocarburants apportent vraiment un bénéfice à l’environnement, des critères de durabilité ont été mis en place : les économies de gaz à effet de serre doivent être d’au moins 35% et ces agrocarburants ne doivent pas se mettre en place sur des surfaces actuellement en forêts ou tourbières. C’est sur cette base que la Commission européenne vient de valider les mécanismes de certification des agrocarburants « durables ».

Mais d’après FNE, ces critères passent sous silence un problème majeur : "le changement d’affectation des sols indirect (CASI)". En effet, si les agrocarburants remplacent des cultures alimentaires, rien n’empêche que ces dernières se déplacent sur des surfaces actuellement en forêt, induisant déforestation et émissions de CO2. Selon une étude de l’Institute for European Environmental Policy (IEEP), la politique européenne des agrocarburants mobiliserait dans le monde une superficie équivalente à deux fois la Belgique, au détriment des forêts et écosystèmes naturels, avec des conséquences désastreuses en matière de changements climatiques et de sécurité alimentaire.

La Commission européenne devait justement se prononcer ce mois de juillet sur la prise en compte de ce CASI. "Elle vient de changer de braquet, en reportant cette décision à septembre et en faisant un pas de plus pour encourager des agrocarburants, dont rien ne prouve qu’ils sont verts" précise l’association de protection de l’environnement.

« Comment peut-on certifier des filières d’agrocarburants durables, alors que les règles du jeu ne sont pas encore stabilisées ? Une fois de plus, on met la charrue avant les bœufs et on fonce tête baissée sans se préoccuper des conséquences alimentaires, environnementales et sanitaires des agrocarburants ! » a commenté Jean-Claude Bévillard, Vice-Président de FNE en charge des questions agricoles.

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2 Commentaires sur "Agrocarburants: “Bruxelles met la charrue avant les boeufs”"

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Samivel51
Invité

Les agro-carburants peuvent tres bien ne pas occuper des terres initialement couvertes de foret ou de tourbiere, mais ils occupent des terres qui initialement nourrissaient les hommes. Des hommes qui, ainsi affectes par le rencherissement des produits alimentaires, iront couper la foret pour y cultiver les aliments autrefois cultives ailleurs. L’approche de Bruxelles est europeo-centriste (ici les forets sont protegees de la deforestation) et hypocrite. Si nous faisons plus d’agro-carburants et donc moins d’aliments, ce sont les forets tropicales qui en patiront. Et Bruxelles fera la lecon aux pays du Sud qui ne parviennent pas a proteger leurs forets!

Pastilleverte
Invité

Pk avec FNE Ils oublient encore les critères de “durabilité”, autres qu’écologiques (sociaux, par exemple), mais bon, qu’est-ce qu’on à f… du travail des enfants, des femmes, et des conditions dans lesquelles ce travail est effectué face à Dame Nature, devant laquelle il faut se prostener pour lui rendre son culte.

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