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LINKY : une solution pour réduire sa consommation énergétique ?

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Pour rappel, Linky se présente comme un compteur électrique « communiquant », offrant, notamment de générer, selon ERDF, 5 à 15 % d’économies d’énergie : grâce à des indicateurs qu’il peut suivre en temps réel, le particulier devrait ainsi pouvoir gérer sa consommation de façon plus responsable.

Le compteur « révolutionnaire » s’est déjà vu testé en Indre et Loire et à Lyon, à raison de 300 000 logements déjà équipés, de mars 2010 à mars 2011. « Les résultats techniques de l’expérimentation ont été très bons : seuls 0,7 % des compteurs ont fait l’objet de réclamations. » a spécifié Eric Besson, actuel Ministre de l’Energie, selon la source Le Monde. Une technicité prouvée, qui, toutefois, ne nous en dit pas plus sur les dites économies d’énergie.


Une étude de satisfaction qui soulève bien des questions

Afin de jauger les premières impressions des 1500 foyers privilégiés, le Syndicat Intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire a lancé une étude de satisfaction post-tests. Résultats : 20 % des ménages se disent déçus du manque d’information et d’accompagnement durant l’expérimentation et 90 % avouent n’avoir modifié en rien leurs petites habitudes énergétiques.

Un triste constat, qui s’explique tout d’abord par le fait que dans la plupart des cas, le compteur ait été installé à la place de l’ancien, soit à l’extérieur du logement : difficile d’adapter sa consommation quand celle-ci implique une véritable chasse à l’information, payante de surcroît. En effet, EDF a mis en place un abonnement à des services payants facturés 3,50 par mois, permettant d’accéder à des informations plus qualitatives comme la consommation réelle en euros, KWh, CO2, par période de la journée… Des données essentielles, il est vrai, si l’on veut modifier sa consommation électrique durablement, et accessible uniquement par le biais d’Internet. Un point de tension jugé « discriminatoire » par le SIEL (Syndicat Intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire), inquiet pour les ménages non équipés.

Autre crainte : la préservation de la vie privée des citoyens. « Certaines des infrastructures relatives à la télésurveillance et l’acquisition de données (systèmes SCADA) qui utilisent Internet pour réaliser des transmissions d’informations sont insuffisamment sécurisées. », avertit la CNIL. Heure de lever, heure de coucher, absence de l’abonné ou encore types d’appareils utilisés sont des informations dont des tiers pourraient avoir l’accès.

Linky : pas encore installé, déjà boycotté

Déjà pointé du doigt par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir qui voit « l’intérêt des consommateurs court-circuité ! », Linky doit désormais faire face à la ville de Paris. En effet, lors de son dernier conseil municipal courant octobre, les élus du groupe Europe Écologie – Les Verts (EELV) se sont opposés au déploiement du compteur évolué, déplorant le manque de concertation du gouvernement avec les collectivités locales propriétaires de réseaux. Pour les raisons invoquées plus haut, la capitale a voté le rejet du dispositif en attendant que le dossier Linky soit réexaminé en faveur des économies des citoyens et de la garantie de la non utilisation des données concernant leur consommation électrique. Première ville à s’offusquer ainsi contre le nouveau compteur, la capitale pourrait devenir le chef de file des « anti-linky ».

L’écobilan : UFC Que Choisir, la CNIL et maintenant Paris… Cela fait beaucoup d’énergie dépensée pour défendre l’intérêt des consommateurs et s’assurer que Linky respecte sa vocation de solution de réduction énergétique. Le compteur intelligent doit faire ses preuves.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par bchristian


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