Le démarrage effectif des premiers prélèvements mensuels pour l’année en cours de la « taxe foncière » a débuté en janvier. Alors que les propriétaires commencent à voir leur compte débité, le contexte reste encore marqué par l’incertitude, avec une réforme majeure suspendue et une hausse minimale automatique qui s’applique à tous.
Le mécanisme de paiement en dix mensualités, de janvier à octobre, est une option désormais bien établie. La mensualisation est disponible jusqu’au 30 juin 2026 pour bénéficier de cet étalement des paiements sur l’année en cours. Ainsi, les propriétaires qui ont opté pour la mensualisation après le 15 décembre 2025 verront leur compte prélevé seulement à partir de février.
Pour beaucoup, le premier prélèvement agit comme un déclencheur qui révèle l’impact financier réel de la taxe, dont le montant moyen s’élève à environ 1 100 euros par propriété en 2026.
Une hausse inévitable mais une réforme en suspens
L’année 2026 est caractérisée par une situation paradoxale pour les propriétaires. D’un côté, une augmentation minimale de 0,8% est automatiquement appliquée à tous, découlant de la revalorisation des bases cadastrales calée sur l’inflation de novembre 2025. La hausse, bien que modeste, est garantie et s’ajoute aux éventuelles augmentations de taux votées par les communes.
De l’autre, une ombre planait sur cette année fiscale. En effet, une réforme d’envergure visant à intégrer les « éléments de confort » dans le calcul de la taxe. Elle concernait une actualisation / mise à jour des valeurs locatives cadastrales pour environ 7,4 millions de logements anciens (non révisés depuis des décennies), ce qui aurait intégré implicitement l’évolution des caractéristiques des logements (confort, équipements).
Annoncée initialement, cette modification a été suspendue temporairement par le Premier ministre Sébastien Lecornu fin novembre 2025. La décision, saluée par certains, crée aussi un flou réglementaire. Elle s’appliquait potentiellement à 7,4 millions de logements et aurait généré, selon les estimations, environ 466 millions d’euros de recettes supplémentaires annuelles pour les collectivités.
Le gouvernement a annoncé une consultation avec les élus locaux et les parlementaires d’ici mai-juin 2026 pour redéfinir la méthode de calcul, reportant de fait une réforme globale des valeurs locatives.
Les prochaines étapes à surveiller
Dans l’immédiat, l’attention se porte sur le calendrier des propriétaires. Les prélèvements mensuels se poursuivront jusqu’en octobre.
À plus long terme, le report de la réforme pose la question de l’équilibre financier des collectivités territoriales, qui dépendent fortement de cette ressource. La taxe foncière, impôt annuel payable par tout propriétaire au 1er janvier, reste un pilier du financement local. Son calcul, basé sur la valeur locative cadastrale (avec un abattement de 50% pour les biens bâtis) et les taux votés par les communes, est au cœur de débats récurrents sur sa justesse et son équité.
Au final, la tension demeure permanente entre le besoin de prévisibilité des contribuables et la nécessité pour l’État et les collectivités d’adapter les outils fiscaux. Alors que les paiements s’étalent jusqu’à l’automne, les propriétaires devront aussi guetter les décisions qui émergeront des consultations printanières, déterminantes pour l’avenir de cet impôt controversé.










