Dirigée depuis 2010 par Frédéric Caijo, docteur en chimie organique à l’ENSCR, Omega Cat System produit et vend des catalyseurs pour la métathèse des oléfines, une réaction qui sert à différentes applications industrielles.
Concrètement, la métathèse des oléfines est une réaction chimique bien connue qui consiste à combiner deux molécules pour obtenir un composé plus complexe et doté de nouvelles propriétés. L’avantage de cette réaction, c’est qu’elle permet de travailler plus vite tout en respectant l’environnement. « Grâce à cela, on peut réduire le nombre d’étapes de production, diminuer la consommation d’énergie. On utilise aussi moins de solvants et moins de matière première » a expliqué Frédéric Caijo.
Par exemple, aujourd’hui dans le secteur pharmaceutique, « près de 40% des molécules testées pour leurs activités pharmaceutiques (uniquement au stade de la R&D) sont fabriquées avec au moins une étape de métathèse, mais à ce jour aucune ne l’est de manière industrielle. La première devrait être celle contre l’hépatite C. »
La métathèse des oléfines peut être catalysée avec différents métaux. « Nous nous sommes intéressés au Ruthénium car c’est ce métal qui offre le plus de possibilités dans le domaine de la chimie fine » (qui englobe la pharmacie, la cosmétique, et les matériaux). « Les oléfines ont en effet pour particularité de s’accrocher facilement au métal ce qui rend possible la réaction. »
Ces catalyseurs sont bien connus des chercheurs qui concentrent aujourd’hui leurs efforts de recherche et de développement sur une possible utilisation au niveau industriel.
La société s’intéresse aussi à la valorisation des molécules d’origine naturelle utilisables dans la chimie fine. « En partant de l’huile de colza et en appliquant la métathèse, on peut par exemple obtenir deux molécules : une qui servira à faire un lubrifiant et une autre qui donnera des polyesters ou des polyamides. Autre exemple, à partir d’huile de Jojoba, on pourrait aussi fabriquer grâce à cette technologie en seulement six étapes (contre quatorze en chimie traditionnelle) des phéromones d’insecte qui permettraient de remplacer les insecticides et les pesticides. » Des travaux de recherche ont également démontré que ce type de catalyseur permet la production de molécules antivirales contre l’Hépatite C (molécules actuellement en fin de phase III)
Frédéric Caijo vend actuellement ses catalyseurs aux chercheurs du public comme du privé. La société possède déjà un catalogue d’une trentaine de références. « Les catalyseurs que nous proposons sont disponibles au kilo grâce à un partenariat industriel établi avec la société UMICORE »
A ce jour, quatre brevets sont exploités en licence exclusive et l’entreprise a déjà noué de nombreux contacts en Europe, aux USA, en Chine et en Inde. « En Angleterre, par exemple, un de nos catalyseurs a permis à une équipe de réaliser des moteurs moléculaires. Leurs résultats ont ensuite été publiés dans une grande revue scientifique internationale. En Inde cette fois-ci, notre technologie a permis à une équipe de fabriquer un fongicide en seulement une heure au lieu de dix et sans avoir à utiliser du chauffage. »
La construction en 2012 du PIC, le Pôle d’Ingénierie Chimique à l’ENSCR (halle technologique, plateforme de R&D et équipements innovants sur 1000 m²) devrait permettre à la société Omega Cat System de se développer considérablement et de renforcer sa position sur le plan international.
Newsletter Enerzine
Recevez les meilleurs articles
Énergie, environnement, innovation, science : l’essentiel directement dans votre boîte mail.

















