À Antony, une opération de transformation d’un immeuble de bureaux des années 1990 en logements démontre l’efficacité environnementale et économique de la réhabilitation. Portée par Kareg, Wild Trees, Cap Synthèse et Outsign, la reconversion atteint des performances énergétiques supérieures aux seuils réglementaires de 2031, avec une réduction de 60% sur l’indicateur énergie et de 10% sur l’indicateur construction. Le projet illustre comment la transformation du bâti existant constitue une réponse rapide aux défis climatiques et à la crise du logement.
Dans le paysage urbain français, où les immeubles de bureaux vacants se multiplient, une opération menée à Antony offre une démonstration tangible des possibilités offertes par la réhabilitation. Au 2 rue de Bône, un bâtiment tertiaire construit dans les années 1990 s’apprête à connaître une seconde vie résidentielle, portant en germe une réflexion plus large sur l’avenir de nos villes.
Un actif obsolète retrouve une utilité sociale
L’immeuble concerné, initialement détenu par une SCPI de bureaux classique, incarnait le paradoxe de nombreux actifs tertiaires vieillissants. Dans un marché en déclin, il ne parvenait plus à trouver preneur dans des conditions satisfaisantes, tandis que les coûts d’une rénovation complète semblaient prohibitifs pour son propriétaire. La structure présentait pourtant des atouts certains : une profondeur de plateaux de douze mètres, une hauteur sous plafond de 2,85 mètres et une façade porteuse. Ces caractéristiques ont attiré l’attention de Kareg, investisseur spécialisé dans la transformation d’actifs immobiliers, qui a imaginé une reconversion résidentielle adaptée aux contraintes du site et aux attentes environnementales contemporaines.
Une méthodologie rigoureuse pour une transformation réussie
Le succès de l’opération repose avant tout sur une approche collaborative mise en place dès les premières phases du projet. Quatre acteurs complémentaires ont uni leurs compétences :
- Kareg pour le pilotage global et la stratégie d’investissement
- Outsign pour la conception architecturale et l’adaptation du bâti existant
- Cap Synthèse pour l’analyse de faisabilité et le montage opérationnel
- Wild Trees pour l’évaluation des performances énergie-carbone et le conseil en stratégie ESG
La synergie a permis d’élaborer un programme préservant 1 800 mètres carrés de surface de plancher sur un total final de 2 400 mètres carrés, limitant ainsi les interventions lourdes sur la structure. Le bâtiment accueillera à terme trente-deux logements, conçus avec une attention particulière portée à la qualité de vie des futurs occupants : luminosité, hauteur sous plafond, espaces extérieurs et équipements modernes.
Le projet, initié à l’été 2024, a rapidement franchi les étapes clés. L’avant-projet a été finalisé fin 2024, suivi du dépôt du permis de construire au printemps 2025 et de l’acquisition définitive en septembre de la même année. Aujourd’hui, le dossier de consultation des entreprises est validé, marquant l’entrée dans une phase pré-opérationnelle immédiate. Les travaux devraient débuter au premier semestre 2026 pour une livraison prévue au premier trimestre 2028.
Des performances environnementales exceptionnelles
L’étude RE2020 menée sur l’opération révèle des résultats particulièrement significatifs. Le projet atteint des niveaux de performance supérieurs à ceux attendus par la réglementation pour 2031, avec une réduction de 60% sur l’indicateur IC Énergie et de 10% sur l’indicateur IC Construction. Plus remarquable encore, la préservation de la structure existante permet d’accélérer considérablement les gains carbone. En seulement dix-huit mois, l’opération génère une réduction d’empreinte équivalente à celle que la RE2020 produit sur un horizon de cinquante ans.
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« La transformation des bâtiments existants est l’un des leviers les plus efficaces pour réduire rapidement l’empreinte carbone de l’immobilier. Cette étude confirme que conserver une structure existante peut permettre d’atteindre des niveaux de performance environnementale supérieurs à ceux attendus pour des opérations neuves dans les prochaines années », souligne Raphaël Tréguier, fondateur de Kareg.
Rationalité économique et nouveaux modèles de financement
Au-delà des performances environnementales, cette approche démontre sa viabilité économique. En limitant les interventions structurelles lourdes, la transformation devient une alternative crédible à la démolition-reconstruction, particulièrement pertinente dans un contexte de hausse des coûts de construction et de raréfaction du foncier.
« La transformation permet de concilier performance environnementale et rationalité économique. En conservant une grande partie de la structure existante, on réduit à la fois l’empreinte carbone et les coûts de construction, notamment sur les postes de gros œuvre et de VRD qui peuvent représenter jusqu’à 40% du coût total d’un projet », explique Loïs Moulas, fondateur de Wild Trees.
L’opération éclaire également les nouvelles logiques de financement urbain. Entre taxonomie européenne, enjeux RE2020, objectif Zéro Artificialisation Nette et montée des exigences ESG, la transformation apparaît comme un accélérateur de recomposition urbaine aligné avec les attentes des investisseurs institutionnels.
L’opération d’Antony s’inscrit dans la stratégie du fonds GPS, porté par Kareg, qui ambitionne de développer des projets de transformation simples, réplicables et performants. Elle illustre comment la réhabilitation du bâti existant peut répondre simultanément aux défis climatiques, aux besoins en logement et aux impératifs économiques, offrant ainsi une voie pragmatique pour décarboner nos villes tout en leur redonnant vie.



















