Le groupe chinois Geely présente une batterie à électrolyte solide revendiquant 500 Wh/kg et une durée de vie d’un million de kilomètres. Un déploiement pilote est prévu en 2027 pour valider une production à faible volume, sans calendrier commercial arrêté.
Le groupe Geely Holding annonce une densité énergétique de 500 wattheures par kilogramme pour une batterie à électrolyte solide. Ce niveau équivaut environ au double des meilleures batteries lithium-ion NMC à haute teneur en nickel utilisées dans les véhicules électriques de série, qui plafonnent autour de 250 à 300 Wh/kg au niveau de la batterie.
À titre de comparaison, le pack LFP « Golden Brick » de Zeekr affiche environ 128 Wh/kg au niveau du pack.
- Batteries NMC haute teneur en nickel : 250 à 300 Wh/kg
- Pack LFP Zeekr Golden Brick : environ 128 Wh/kg
- Batterie solide Geely revendiquée : 500 Wh/kg
Geely revendique aussi une durée de vie pouvant atteindre un million de kilomètres. Aucune donnée indépendante sur les cycles de vie n’a été publiée à ce stade pour confirmer cette valeur. La densité annoncée peut concerner la batterie seule ou le bloc batterie, un point que les documents publics ne tranchent pas clairement.
Partenariat matériaux et zones d’ombre techniques
Dow intervient comme partenaire en matériaux. Bo Tong, responsable technique chez Dow, indique que l’entreprise a conçu un adhésif spécialisé pour les batteries à état solide, stable de -40 °C à 120 °C, une plage utile pour la fabrication de ce type de batterie. Geely ne précise pas la composition chimique des cellules. Les données publiées ne permettent pas de savoir si les 500 Wh/kg concernent la cellule seule ou le bloc batterie, et le type d’électrolyte, sulfure ou oxyde, reste inconnu.
Le développement est mené au sein de Geely Holding, maison mère de Zeekr, Lotus, Lynk & Co et Smart. Les marques ou modèles retenus pour le programme pilote n’ont pas été communiqués.
Les batterie à électrolyte solide sont présentées comme un moyen d’augmenter la densité et de réduire les risques liés aux électrolytes liquides. Leur production à grande échelle suppose toutefois des procédés sous atmosphère contrôlée, des coûts de matériaux plus élevés et une gestion précise des interfaces entre l’électrolyte et les électrodes.
Une échéance 2027 partagée
Geely n’est pas isolé sur ce calendrier. CATL prévoit une production pilote d’une batterie à semi-conducteurs au sulfure de 500 Wh/kg en 2027. Son PDG Robin Zeng situe la technologie au niveau quatre sur une échelle de maturité à neuf points, ce qui la place encore loin d’une production de masse fiable. BYD vise des véhicules de démonstration à semi-conducteurs en 2027, avec une production en série attendue plus tard dans la décennie.
D’autres fabricants chinois, Farasis Energy, CALB et Gotion High-Tech (soutenu par Volkswagen), annoncent des objectifs d’essai pour 2027. La production commerciale à plus grande échelle est généralement envisagée entre 2029 et 2032. Les constructeurs automobiles historiques tels que Honda et Toyota ont été confrontés à des retards répétés dans la mise à l’échelle de la chimie à semi-conducteurs, en raison de la dégradation des batteries et des coûts de fabrication.Les écarts entre les calendriers annoncés et les capacités industrielles réelles sont fréquents dans cette filière.
Pilote ne veut pas dire commercialisation
Une ligne pilote démontre que les batteries sont en mesure d’être fabriquées de manière reproductible en faible volume. La production en masse, à un coût compatible avec un véhicule abordable, est une autre question. La capacité à produire en faible volume ne garantit pas un prix par kilowattheure concurrentiel.
















